Cardiologue à la Nouvelle Clinique de la Basilique à Bruxelles, le docteur Efisio Contu lève un coin du voile sur le mal qui a frappé l'entraîneur fédéral. " Robert Waseige a tout simplement été sujet à une affection somme toute courante : la cardiopathie ischémique, encore appelée insuffisance coronaire. Cette maladie se caractérise par le développement de plaques au niveau des artères qui irriguent le coeur. A partir d'un certain âge, des dépôts athéromateux peuvent effectivement se former, à ce niveau, et leur accumulation finit bien évidemment par entraver le flux sang...

Cardiologue à la Nouvelle Clinique de la Basilique à Bruxelles, le docteur Efisio Contu lève un coin du voile sur le mal qui a frappé l'entraîneur fédéral. " Robert Waseige a tout simplement été sujet à une affection somme toute courante : la cardiopathie ischémique, encore appelée insuffisance coronaire. Cette maladie se caractérise par le développement de plaques au niveau des artères qui irriguent le coeur. A partir d'un certain âge, des dépôts athéromateux peuvent effectivement se former, à ce niveau, et leur accumulation finit bien évidemment par entraver le flux sanguin. L'insuffisance coronaire est tantôt aiguë, tantôt chronique. Dans le premier cas, elle peut être synonyme de mort subite -la personne est alors terrassée par un arrêt cardiaque- ou d'infarctus du myocarde non mortel. On parlera, en revanche, d'insuffisance coronaire chronique chez celui qui souffre d' angine de poitrine -elle se traduit par une douleur d'intensité variable mais toujours de courte durée- ou encore d' ischémie silencieuse -le patient ne ressent rien mais un électrocardiogramme n'en dépiste pas moins des anomalies en matière de débit coronaire. Et c'est ce qui s'est probablement passé dans le chef de Robert Waseige. Quand pareille obstruction ou sténose se présente, il convient bien évidemment de rétablir le flux sanguin. En fonction de la nature de l'affection, divers types de revascularisation sont possibles. Dans certains cas d'infarctus aigus, le caillot peut être dissous par administration de médicaments. En jargon, cette procédure porte le nom de thrombolyse ou fibrinolyse. Une autre méthode de revascularisation est l' angioplastie ou dilatation coronaire : un guide est envoyé par cathéter depuis l'artère fémorale vers le coeur. Au niveau de l'occlusion, on gonfle alors un ballonnet qui a pour effet d'écraser la plaque et de dégager à nouveau la voie. Afin d'éviter toute récidive, une prothèse endocoronaire, dénommée stent, est fréquemment insérée au niveau de la sténose. Cette technique de désocclusion, qu'on a voulu tenter, précisément dans le cas de Robert Waseige, n'a pas produit l'effet escompté. Dans ce cas, un ou plusieurs pontages s'imposent. Le principe du pontage est relativement simple : à l'aide d'un segment veineux prélevé sur le patient -le plus souvent au niveau de la jambe ou de l'artère mammaire interne- on crée une dérivation qui va permettre au sang de contourner l'occlusion. Ce procédé-là est le pontage. Plus les obstructions sont nombreuses, plus il sera bien sûr nécessaire de multiplier les dérivations ou pontages. Pour Robert Waseige, quatre se sont révélées nécessaires. C'est pourquoi il a donc subi un quadruple pontage coronarien. Ce type d'intervention nécessite à la fois l'ouverture du thorax et un arrêt temporaire des fonctions cardiaques lors du ou des pontages. Celles-ci sont alors assurées par une pompe extra-corporelle. Sitôt l'opération terminée, le muscle cardiaque est relancé par un choc électrique. Pour le patient, il s'ensuit une période de repos d'un mois, temps nécessaire à la recicatrisation suffisante des tissus. En principe, Robert Waseige devrait donc être à nouveau pleinement opérationnel pour les matches de qualification pour la Coupe du Monde que les Diables Rouges livreront au mois de juin".