Pour Ariel Jacobs (51 ans), l'histoire est décidément un éternel recommencement. A l'occasion de ses débuts comme coach parmi l'élite, au RWDM, en 1998, le Diegemois avait aligné un piètre 1 sur 12 avant de sortir les Coalisés du gouffre. A La Louvière, sa seconde destination, il était parvenu à infléchir la tendance d'une même manière, alors que les Vert et Blanc étaient nantis d'un piètre 1 sur 21 à son arrivée. Au Racing Genk, où il officie pour la première fois comme directeur technique cette saison, les événements ont épousé une trajectoire pour le moins semblable : après une mise en train laborieuse, loin des sièges européens, les Limbourgeois ont effectivement repris singulièrement du poil de la bête, en réalisant le carton plein depuis l'entame du second tour. Et ce, dans une large mesure, grâce à la perspicacité de leur DT qui a fait converger vers le stade du Phénix trois nouveaux éléments qui apportent manifestement un plus à l'ensemble. Du coup, le Racing, troisième classé, peut à nouveau s'éveiller aux ambitions européennes.
...

Pour Ariel Jacobs (51 ans), l'histoire est décidément un éternel recommencement. A l'occasion de ses débuts comme coach parmi l'élite, au RWDM, en 1998, le Diegemois avait aligné un piètre 1 sur 12 avant de sortir les Coalisés du gouffre. A La Louvière, sa seconde destination, il était parvenu à infléchir la tendance d'une même manière, alors que les Vert et Blanc étaient nantis d'un piètre 1 sur 21 à son arrivée. Au Racing Genk, où il officie pour la première fois comme directeur technique cette saison, les événements ont épousé une trajectoire pour le moins semblable : après une mise en train laborieuse, loin des sièges européens, les Limbourgeois ont effectivement repris singulièrement du poil de la bête, en réalisant le carton plein depuis l'entame du second tour. Et ce, dans une large mesure, grâce à la perspicacité de leur DT qui a fait converger vers le stade du Phénix trois nouveaux éléments qui apportent manifestement un plus à l'ensemble. Du coup, le Racing, troisième classé, peut à nouveau s'éveiller aux ambitions européennes. Elle n'a pas été un long fleuve tranquille (il sourit). Au départ, je n'imaginais pas un changement drastique, malgré tout, entre le travail administratif que j'avais également effectué chez les Loups, indépendamment de ma tâche prioritaire sur le terrain, et la fonction qui allait m'attendre ici. Au Tivoli, j'avais toutefois deux interlocuteurs û le président Filippo Gaone et le manager Roland Louf û tandis que dans la structure de Genk, il y a nettement plus de composantes. Pour ne citer qu'un exemple concret, je dirai qu'au cours de ces huit premiers mois, j'ai déjà eu davantage d'échanges de vue avec l'homme fort du club, Jos Vaessen, qu'avec son homologue chez les Vert et Blanc, tout au long de mes trois années de travail là-bas. Et ce qui vaut pour lui est bien sûr valable aussi pour les autres personnes qui constituent l'organigramme du Racing. En ma qualité de directeur technique, c'est vrai que je me suis déjà retrouvé à plus d'une reprise entre le marteau et l'enclume, au point de devoir jouer parfois au pompier de service. Jos Vaessen est évidemment le boss et il a le droit de ventiler son opinion, même si son style heurte de temps à autre la sensibilité. J'abonde dans le même sens que lui, en tout cas, quand il dit que l'équipe n'a pas toujours produit au premier tour le football escompté. Dans la foulée, cependant, je tiens à m'ériger aussi en défenseur de René Vandereycken qui a en bonne partie raison quand il soutient qu'à cette époque, il ne disposait pas encore des éléments susceptibles de rehausser la qualité du jeu. Surtout à domicile, où le public attend toujours des émotions supplémentaires. Nous sommes quand même beaucoup plus compétitifs aujourd'hui qu'au cours du volet initial de la compétition. A cette époque, nous disposions d'un noyau qui penchait par trop vers la droite, puisque le nombre de gauchers se limitait à trois : Koen Daerden, Indridi Sigurdsson et Gert Claessens. Depuis lors, Tom Soetaers et Tomislav Mikulic se sont ajoutés sur ce flanc, sans compter que nous avons adjoint au groupe un véritable attaquant de pointe en la personne de Nenad Stojanovic. A ce trio, il convient d'ajouter également Orlando Engelaar, qui a pris le train en marche à l'automne, ainsi que Mirsad Beslija et Thomas Chatelle, qui n'étaient pas opérationnels à cette époque. Tous ont quasi rang de titulaires aujourd'hui. C'est dire si le changement a été drastique. Oui, bien sûr. Chemin faisant, nous avons établi le profil du type de footballeurs qui faisaient défaut dans nos rangs et je me suis mis en quête de les trouver étant donné que cet aspect fait partie de mon rôle au club. Nous avions certains noms en tête mais, pour des raisons financières, tous n'étaient pas abordables. A commencer par Sambegou Bangoura. Nous pensions, de prime abord, pouvoir engager le puncheur guinéen du Standard sur base d'un simple échange avec Paul Kpaka. Mais les Rouches désiraient en plus un dédommagement financier qui n'était pas piqué des vers. Dans de telles circonstances, nous avons dû décrocher et nous rabattre sur des solutions de rechange plus abordables. Et c'est ce qui s'est passé avec les deux éléments que nous sommes allés chercher, l'un en Croatie et l'autre en Serbie. Mais aucun n'a été vu live à l'£uvre par l'entraîneur, exact. C'est à moi seul qu'incombe leur recrutement. S'il en est ainsi, ce sera une leçon à méditer. Mais il n'est pas interdit de penser qu'un buteur de cette trempe se trouve déjà dans nos rangs. Personnellement, j'avais perçu les échos les plus flatteurs concernant Nenad Stojanovic et je pense qu'il peut combler cette lacune chez nous. Dans les discussions que j'ai eues avec lui, j'ai été frappé par le nombre de fois qu'il a utilisé le mot " goal ". Chez les jeunes, manifestement, il faisait partie de la race des réalisateurs et il a conservé cette habitude au plus haut niveau, même s'il était bloqué à l'Etoile Rouge Belgrade, où il n'avait disputé que deux rencontres depuis le début de la saison. S'il n'en avait été ainsi, tout porte à croire qu'il aurait été hors de portée pour nous. A présent, c'était tout à fait différent. J'espère avoir vu en lui le chaînon manquant. A défaut, ce joueur peut accroître notre flexibilité aux avant-postes en permettant à d'autres, comme Orlando Engelaar par exemple, d'occuper une place différente sur l'échiquier. Cette richesse-là a une valeur sensiblement égale, à mes yeux, que la possession d'un buteur. Car le jour où celui-là est mis sous l'éteignoir, quel répondant doit-on attendre de l'équipe dont il est le fer de lance ? A choisir, il vaut souvent mieux que les forces soient éparpillées. Ceci dit, un buteur est toujours bon à prendre (il rit). Au moment où j'ai débarqué ici, le Hennuyer avait manifestement déjà ses idées ailleurs. Son séjour au Racing n'avait guère répondu à ses attentes et malgré le changement d'entraîneur, avec René Vandereycken à la place de Sef Vergoossen, il n'a pas voulu rester. C'était son bon droit et nous n'avons pas voulu le retenir. Au même titre que Sambegou Bangoura s'est métamorphosé suite à la venue à Sclessin d'habiles centreurs comme Philippe Léonard, Sergio Conceiçao ou Milan Rapaic, je me dis que Ced aurait pu prendre une autre dimension chez nous aussi. Mais les supputations restent des supputations. Il ne le dit pas lui-même mais je pense que le nom qu'il porte est un lourd fardeau. D'autant plus qu'il joue à la même place que son père autrefois. Erwin avait toutes les qualités de l'attaquant moderne : sens du but, habileté des deux pieds, jeu de tête, opportunisme et j'en passe. Kevin est plutôt bien fourni en la matière lui aussi mais les proportions ne sont pas tout à fait les mêmes. Durant l'automne dernier, à l'occasion d'un forum avec les supporters, je me souviens qu'un de nos fans avait demandé à l'entraîneur pourquoi il n'alignait pas plus souvent un Kevin Vandenbergh, un Paul Kpaka, à l'instar de ce qui s'était produit avec Cédric Roussel l'année passée. Je crois que René Vandereycken a fourni une réponse on ne peut plus juste en disant que si un seul et même joueur réunissait l'opportunisme de Kevin, la vitesse de Paul et le jeu de tête de Cédric, il n'y aurait plus de problème. Celui-là serait assuré d'une place de titulaire. On prétend généralement que les extrêmes s'attirent. C'est pourquoi le message passe peut-être entre nous. Même si, dans la manière de réagir, je n'épouserais pas toujours le même profil que lui, je lui donne tout de même raison, quant au fond, sur bon nombre de points. On peut effectivement s'interroger sur les motivations du coach national qui a jeté son dévolu sur notre joueur, en toute dernière instance, afin de compenser les absences de Wesley Sonck et Daniel Van Buyten, alors qu'il ne joue à aucune de ces positions. Mais là n'est pas l'essentiel : Tom est toujours en phase de rattrapage, chez nous, entendu qu'il n'a plus fait partie des priorités à l'Ajax ces derniers mois. René Vandereycken lui avait concocté un programme sur mesure afin qu'il retrouve progressivement ses meilleures sensations et voilà que du jour au lendemain, tout est perturbé. Pour bien faire, il aurait fallu s'enquérir de l'état général du joueur avant de le sélectionner. Or, cela ne s'est pas produit. C'est typique de René : il défend toujours son club et ses joueurs avec bec et ongles. Il n'en a jamais été autrement ailleurs. On peut comprendre que certaines observations l'aient froissé, alors que lui-même met toujours un point d'honneur à ne jamais fournir de commentaires sur les autres. Il ne s'en est jamais caché à l'époque et a prôné la patience. Compte tenu des bons résultats depuis le début du deuxième tour, on ne peut lui donner tort. Tout n'a pas toujours été parfait, indépendamment du 15 sur 15 pris avant notre déplacement au Standard. Mais ces petites imperfections ont immanquablement été passées sous silence, car la victoire était au bout du chemin. Et, qu'on le veuille ou non, les gens préféreront toujours un succès, nonobstant la manière, plutôt que le contraire. Je ne les recommandais pas non plus à mes joueurs (il sourit). Pour moi, oui. Je me souviens qu'après avoir décortiqué plusieurs matches à La Louvière, j'avais été frappé par le nombre de ballons que nous avions perdus sur ces phases de jeu. Les trois quarts du temps, nous étions dépossédés du cuir endéans les deux secondes. A tel point qu'un jour, j'avais dit aux joueurs : dans telle situation, cédez carrément le ballon à l'adversaire, vous aurez d'autant plus de chances de le récupérer. Et cela s'est bel et bien vérifié sur le terrain. Dès lors, ce qui peut paraître une petite fantaisie chez certains n'est sans doute pas aussi anodin que ça. A cet égard, René est un grand professionnel. Car par rapport à moi, qui laissait le moins possible au hasard, lui ne laisse carrément rien au hasard. Je mentirais en prétendant le contraire. Il y a des moments où j'ai envie de me retrouver sur la pelouse. Mais j'ai fait un choix et je l'assume pleinement. Bruno Govers" ROUSSEL AURAIT PU PRENDRE UNE AUTRE DIMENSION au Racing cette saison "