Lui, c'est FabriceN'Sakala. Défenseur franco-congolais. Back gauche pour être plus juste. Arrivé à Anderlecht tout en fin de mercato, en provenance de Troyes où il a connu (un peu) la Ligue 1 et (beaucoup la Ligue 2). Prix du transfert : 1,2 million, et un contrat de trois saisons. 23 ans. Un match avec les Bleuets mais peut-être un avenir international avec le Congo : " Je ne ferme pas la porte. " Une très bonne cote en France : Lyon, Marseille et le PSG l'ont déjà approché, avec plus ou moins d'insistance. On a aussi parlé de lui à Fulham, à West Ham, à Torino.
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Lui, c'est FabriceN'Sakala. Défenseur franco-congolais. Back gauche pour être plus juste. Arrivé à Anderlecht tout en fin de mercato, en provenance de Troyes où il a connu (un peu) la Ligue 1 et (beaucoup la Ligue 2). Prix du transfert : 1,2 million, et un contrat de trois saisons. 23 ans. Un match avec les Bleuets mais peut-être un avenir international avec le Congo : " Je ne ferme pas la porte. " Une très bonne cote en France : Lyon, Marseille et le PSG l'ont déjà approché, avec plus ou moins d'insistance. On a aussi parlé de lui à Fulham, à West Ham, à Torino. Elu meilleur tacleur de Ligue 1 la saison passée. Et il parle le Sak : " Ce transfert à Anderlecht, c'est un rêve. Je vais évoluer dans le plus grand club belge, jouer pour des titres au lieu de lutter pour le maintien avec Troyes. " (...) " Quand on m'a parlé d'un intérêt d'une équipe belge, j'ai hésité, il y avait un peu d'appréhension. Mais quand j'ai vu le centre d'entraînement d'Anderlecht, j'ai foncé. C'est futuriste, énorme. " (...) " Je veux aider ce club à faire de grandes choses en championnat et en Ligue des Champions. ". Un discours jeune, beau, ambitieux. Pourtant, on aurait envie de lui dire : " Cause toujours mon gars. " Parce que cette place de défenseur gauche, il est loin d'être le premier à la revendiquer. Depuis une douzaine d'années, les candidats ont défilé. Tous recalés sur le long terme. La faute à OlivierDeschacht ! Un joueur moyen, c'est en tout cas l'imaginaire collectif. Mais des footballeurs moyens qui font un parcours comme le sien, ça ne court pas les rues. Le blondinet en quelques chiffres ? 320 matches en championnat avec les Mauves. 26 clasicos face au Standard. Six titres, une Coupe de Belgique, cinq Supercoupes. Plus de 70 matches européens dont cinq campagnes de Ligue des Champions avec, face à lui, des attaquants de Lyon, du Bayern, de Valence, de l'Inter, de l'AC Milan, de Chelsea, de Liverpool, de Malaga, du Zenit - même des forwards de BATE Borisov et du Partizan Belgrade... Contre tous ceux-là, Deschacht n'a jamais été ridicule. Alors, oui, on a envie de dire : " Bonne chance, N'Sakala. " Parce qu'il va devoir déplacer un meuble très encombrant. Un monument qui a eu la confiance de tous ses entraîneurs depuis une douzaine d'années : AiméAnthuenis, HugoBroos, FrankieVercauteren (voir encadré), ArielJacobs, JohnvandenBrom. Si on écoute FabienCamus, qui était le coéquipier de N'Sakala la saison passée à Troyes, tout est déjà réglé : " Il va s'installer à l'arrière gauche et ses accélérations vont faire mal. Ecrivez-le ! " Ça reste à prouver. Parce que si Deschacht a gagné ses combats face à des gars qui avaient encore tout à démontrer, il s'est aussi imposé contre des joueurs qui n'étaient pas censés faire tapisserie à Anderlecht. Lisez plutôt ! A Anderlecht de 1999 à 2003. Club d'origine : PSV. 6 matches en championnat. Il est loué trois ans de suite par le Sporting où Anthuenis, qui l'a connu à Genk, croit beaucoup en lui. Mais Oyen fréquente bien plus l'infirmerie que les terrains à cause d'une blessure persistante aux abdominaux. Il se recasera à Nottingham Forest, en D2. A Anderlecht de 2000 à 2004. Club d'origine : Club Bruges. 59 matches en championnat. Son transfert provoque la colère des dirigeants brugeois. Ils sont fâchés de devoir le laisser partir gratuitement, vu qu'il est en fin de contrat, et ils n'acceptent pas que le joueur se soit mis d'accord avec les Mauves dès janvier pour les rejoindre en juin. Ils parlent de falsification, mettent en doute son honnêteté. Ilic assiste à l'installation de Deschacht dans l'équipe et se retrouve régulièrement en défense centrale. Il passera ensuite à Vitesse Arnhem. A Anderlecht de 2001 à 2004. Club d'origine : Genk. 66 matches en championnat. Lui aussi a travaillé avec Anthuenis à Genk. Anderlecht débourse 1,75 million pour l'acquérir. Il est alternativement back gauche et médian gauche, victime comme Ilic de l'éclosion de Deschacht. Il sera vendu à Lokeren pour 450.000 euros. A Anderlecht de 2002 à 2006. Club d'origine : Mouscron. 94 matches en championnat. C'est le premier back gauche potentiel transféré après les débuts pros de Deschacht. Zewlakow arrive dans la valise d'Hugo Broos, qui l'a fait exploser à Mouscron. Il est déjà international polonais et coûte 1,2 million à Anderlecht. Comme Ilic et Hendrikx, il est contraint de se rabattre sur un autre poste : il fait la majorité de ses matches au back droit. Il filera gratuitement à l'Olympiacos. A Anderlecht de 2004 à 2006. Club d'origine : Strasbourg. 7 matches en championnat. Très vite, on comprend qu'il ne sera pas une vraie menace pour Deschacht. Il s'en ira à Aarau après une saison et demie. A Anderlecht de 2006 à 2010. Club d'origine : Southampton. 101 matches en championnat. On le transfère parce qu'on cherche pour Deschacht un concurrent plus sérieux qu'Ehret. Dans un premier temps, Deschacht reste titulaire à l'arrière gauche. Ensuite, VanDamme s'y impose et Deschacht passe en défense centrale. Enfin, Van Damme est jugé utile dans l'entrejeu, ce qui permet à Deschacht de récupérer son poste d'origine. Van Damme s'en ira à Wolverhampton pour 3,25 millions, dix fois le prix qu'il avait coûté quatre ans plus tôt. A Anderlecht de 2006 à 2007. Club d'origine : Guarani. 0 match. Ce Brésilien inconnu ne trouve jamais ses repères à Bruxelles. Après un an, il s'en va à Funchal qui le vendra à Wolfsbourg en 2012 pour 2,5 millions. Felipe a fait entre-temps un joli bout de chemin en Bundesliga, avec Wolfsbourg et aussi Stuttgart. A Anderlecht en 2007. Club d'origine : Sao Caetano. 0 match. Cet autre Brésilien profite du flow sud-américain qui a la cote chez les Mauves à cette époque. Pas sûr que Deschacht se souvienne de sa concurrence. Triguinho retournera dans son club d'origine après six mois de galère. A Anderlecht de 2010 à 2011. Club d'origine : Plzen. 30 matches en championnat. Lecjaks est transféré pour combler le départ de Van Damme. Deschacht est titulaire en début de saison puis se blesse gravement, Lecjaks le remplace et joue tout jusqu'en mai, quand Deschacht revient et reprend son poste. Le bilan du Tchèque est décevant et Anderlecht ne lève pas l'option. Il partira à Berne. A Anderlecht en 2011. Club d'origine : Sao Paulo. 0 match. Le troisième Brésilien censé compliquer la vie de Deschacht. Diogo a été vice-champion du monde U20. Il est aligné une seule fois, lors du match catastrophique en Coupe de Belgique contre Rupel Boom. Six mois après son arrivée, Anderlecht résiliera son contrat et il retournera à Sao Paulo. A Anderlecht de 2011 à 2013. Club d'origine : Bâle. 44 matches en championnat. Deschacht digère mal le transfert de cet international suédois et tweete : " Encore un nouveau back gauche ! " A certaines périodes, Safari a la préférence sur lui, mais au bout du compte, Deschacht montre qu'il reste la solution la plus fiable. Safari retournera à Bâle. A Anderlecht de 2011 à 2013. Formé à Anderlecht. 6 matches. Le cadet des Lukaku garde pendant deux saisons l'espoir de concurrencer Deschacht mais s'impatiente de plus en plus. Il ne supporte plus le banc. Anderlecht le prête à Ostende cet été. Le Français a eu une première occasion de jouer le week-end passé contre Malines, profitant de la suspension de Deschacht. Lors de ses premières interviews, il a souligné l'importance de son concurrent dans le fonctionnement de l'équipe. N'Sakala se donne jusqu'au mois de décembre pour trouver ses repères et s'installer définitivement. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBEAnderlecht a transféré trois Brésiliens pour concurrencer Deschacht : aucun n'a joué un seul match de championnat.