L'Erdre coule dans son regard : c'est là, au bord de cette belle rivière, à Nantes, que cet homme décidé a appris à jouer au football. Chez lui, le sport, on connaît. Son arrière-grand-père, Jean Billy, fut sacré champion de France de cyclisme professionnel en 1914. Son frère joue au basket en D2, à Ajaccio. Ses deux s£urs se distinguèrent en aviron et en athlétisme.
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L'Erdre coule dans son regard : c'est là, au bord de cette belle rivière, à Nantes, que cet homme décidé a appris à jouer au football. Chez lui, le sport, on connaît. Son arrière-grand-père, Jean Billy, fut sacré champion de France de cyclisme professionnel en 1914. Son frère joue au basket en D2, à Ajaccio. Ses deux s£urs se distinguèrent en aviron et en athlétisme. " Mes parents m'ont toujours encouragé dans mon désir de vivre à fond ma passion pour le football ", dit-il. A sept ans, il prend naturellement le chemin du FC Nantes. C'est à un kilomètre de chez lui et Philippe Billy (22 ans/1,82 m-81 kg) se fait remarquer parmi les autres Canaris. Ceux-ci le cèdent malgré tout à Carquefou, un club de CFA. A 15 ans, le jeune homme y rebondit magnifiquement, passe ensuite une saison au SCO Angers, avant de revenir à Carquefou et d'y débuter en équipe première à 17 ans. " On y a misé sur ma polyvalence ", avance-t-il. " Je me suis retrouvé arrière droit, latéral droit ou même de l'autre côté du terrain... J'ai alors tapé dans l'£il de Laval qui militait en L2. Ce fut un des tournants de ma carrière. Avec la Réserve de ce club, j'ai d'abord évolué en CFA 2 où on apprend à se battre, à s'imposer, à se faire respecter sur un terrain. Sur cette lancée, j'ai été repéré par les observateurs de la fédération française. Et, à Clairefontaine, je me suis retrouvé avec les jeunes internationaux -17 ans, -18 ans, -20 ans et, finalement, les Espoirs ". A plus d'une reprise, les promesses voyagent dans le même avion que les Bleus. On imagine leur émoi aux côtés de ces stars. A-t-il repris, comme toute la France, le refrain d'une des chanson de Pascal Obispo : " Allez Zinédine " ? " Nous étions tous sous le charme de sa gentillesse naturelle. ", affirme-t-il. " Quand c'était possible, nous nous entretenions avec lui et les autres vedettes. ThierryHenry était superbe aussi. A Clairefontaine, j'ai notamment travaillé sous la direction de Guy Stephan et de Raymond Domenech. Stephan était un coach très calme, lucide, précis et motivant dans l'art de faire passer ses messages aux jeunes. Il m'a beaucoup apporté. J'ai aussi été impressionné par le style de Domenech ". Depuis cette saison, ce casque gris a pris la succession de Jacques Santini à la tête des Bleus. Et cela ne se passe pas bien. La France a été tenue en échec par Israël et s'est imposée difficilement aux Iles Féroé. Les anciens ruent dans les brancards et ne comprennent pas la façon de travailler de leur nouveau coach. Crash en vue ? " Je ne suis évidemment pas dans le secret des dieux ", rappelle-t-il. " Je crois cependant que Raymond Domenech va réussir. Il demande aux joueurs de réfléchir sur les événements d'un match. J'ai lu que les Bleus doivent faire leur autocritique devant le groupe après une rencontre. Certains n'aiment pas. Le but de Domenech est de cerner leurs progrès et les zones de travail pour l'avenir. Il est souvent intéressant de revenir sur sa performance, de prendre le temps d'y penser alors que les échéances se succèdent à une allure folle, surtout au niveau des Bleus. Chez les Espoirs, Domenech nous invitait à prendre place devant le tableau noir. Il fallait répondre à ses questions : -Que fais-tu dans un tel cas de figure ? - Où te places-tu si ton opposant immédiat coulissedans l'axe ? Cela fusait et il fallait trouver la parade. Il voulait toujours inciter les joueurs à utiliser leurs méninges ". Que ce soit à Laval ou en équipe de France Espoirs, Philippe Billy progresse et attire le regard de Lecce lors d'un match contre la Suède. L'Italie l'attend, il n'hésite pas. Il signe à Lecce. En 2001-2002, en SerieA, il joue 7 matches. En 2002-2003, en Serie B, 4 matches. En 2003-2004, en Serie A, 3 matches. Son équipier montois, Ange Kouyou, était là aussi et cela l'aida. Le Calcio, c'est la jungle. Chacun pour soi. Personne ne se fait de cadeau dans un environnement placé sous le signe de la performance permanente. " Ce n'est pas facile, Alberto Cavasin, le coach, n'appréciait pas les jeunes outre mesure. Je me suis retrouvé le plus souvent avec les Primaveri, les espoirs du club. Nous avons eu la chance de gagner la Coupe d'Italie dans cette catégorie d'âge. Cavasin céda sa place à Delio Rossi en cours de saison. Grâce à lui, j'ai débuté en SerieA en jouant une demi-heure contre l'AS Rome puis j'ai été titularisé face à Bergame ". Lecce ne s'en sort finalement pas, chute en Série B. A l'occasion du mercato d'hiver de la saison 2002-2003, Philippe Billy est prêté pour six mois à Bastia (4 matches). Ce bol d'air lui fait un bien fou. " J'ai beaucoup apprécié la chaleur des Corses ", se souvient-il. " L'ambiance du vestiaire était plus amicale qu'à Lecce. Mes équipiers s'intéressaient à moi, à mon parcours, à la place préférée sur le terrain. C'était réconfortant. J'ai découvert le monde de la L1. Le coach, Gérard Gili, avait envie de me garder. Lecce était gourmand et exigea deux millions d'euros pour un transfert définitif. Les Corses ne pouvaient pas déposer autant d'argent sur la table pour un jeune joueur. Je suis rentré à Lecce qui était remonté en SerieA. La saison passée, j'ai passé un temps fou sur le banc. A la longue, c'est dur. Mons s'intéressa une première fois à moi en décembre 2003. Lecce repoussa l'idée d'un prêt. J'y ai encore un contrat de deux ans. En été, les deux clubs ont trouvé un terrain d'entente. Pour moi, c'était important. J'avais envie de jouer, de me montrer, de me relancer à deux pas de la France. Caen a recruté deux joueurs belges, Auxerre a fait une partie de son marché ici : il est donc intéressant de se mettre en évidence en Belgique. Je m'y sens bien avec ma copine Gaëlle que j'épouserai en juin prochain à Laval, sa ville natale ". La vie lui sourit. Billy, le kid de Mons, se moque des jeux de mots tressés autour de son nom de famille. A Mons, on lui a dit que c'était une marque de pommes allumettes. " Si je ne réussis pas dans le football, je sais ce qui me reste à faire ", conclut-il. Le médian droit de Mons ne manque pas d'humour : sur le terrain, il a la frite. Pierre BilicBilly, le kid de Mons, SE MOQUE DES JEUX DE MOTS sur son nom