Quand son père Antonio et sa mère Giuseppa ont mis le cap sur la Belgique, MarcoIngrao n'avait que trois ans Il ne se souvient donc plus de ses premiers pas à Agrigente et de la fameuse fête des amandiers en fleurs. Comme de nombreux Italiens, son papa a trouvé de l'embauche dans le bâtiment et, s'il n'avait pas eu le football, il y a de fortes chances que Marco aurait suivi cette voie. Il n'aime pas trop en parler, comme s'il y avait de quoi être gêné d'être maçon.
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Quand son père Antonio et sa mère Giuseppa ont mis le cap sur la Belgique, MarcoIngrao n'avait que trois ans Il ne se souvient donc plus de ses premiers pas à Agrigente et de la fameuse fête des amandiers en fleurs. Comme de nombreux Italiens, son papa a trouvé de l'embauche dans le bâtiment et, s'il n'avait pas eu le football, il y a de fortes chances que Marco aurait suivi cette voie. Il n'aime pas trop en parler, comme s'il y avait de quoi être gêné d'être maçon. "Non, c'est pas ça. Je ne pourrais jamais être honteux de ça mais cela fait sourire quand on dit qu'on allait à l'école pour apprendre ce métier", s'excuse-t-il.Marco Ingrao (20 ans) a fait ses classes au FC Liège. Les problèmes juridico-sportifs et la fusion du club avec Tilleur n'ont eu aucune influence sur sa carrière. Il a suivi la filière : Préminimes, Minimes, Cadets et Scolaires. C'est en 1999 que les scouts de Genk lui ont demandé de rejoindre le club limbourgeois: "Je suis passé des Scolaires nationaux de Liège aux Beloften de Genk", coupe-t-il directement comme pour montrer qu'il a vite trouvé ses marques dans son nouveau cadre de vie. Les jeunes Liégeois ayant suivi cette trajectoire sont nombreux. Il n'a évidemment pas envie de refaire immédiatement le trajet en sens inverse. C'est peut-être pour cette raison qu'il préfère insister sur le fait qu'il s'est vite senti à l'aise avec les Beloften de Genk plutôt que de dire les Espoirs. "Je ne parle pas néerlandais et, comme tous les joueurs dans mon cas, je suis les cours dispensés le lundi et le mardi entre les deux entraînements. Cela ne marche pas trop mal. Je suis manifestement plus motivé que quand j'allais à l'école. Peut-être aussi qu'inconsciemment je me rends compte qu'il est important d'apprendre une langue supplémentaire. Car entre les joueurs, il n'y a pas de problèmes de compréhension. A part Skoko et Tomasic, tout le monde connaît suffisamment de français technique pour me faire comprendre ce que je dois faire. C'est certainement le cas de tous les néerlandophones". Déplacé à l'arrière gaucheSur le terrain, Marco Ingrao a vite trouvé ses marques. Milieu gauche au sens très prononcé pour l'offensive, il se fait remarquer par Johan Boskamp qui l'invite à se joindre au noyau A et le lance en D1 le 11 mai 2000 dans un match contre Malines que Genk remportera 3-1. Cette première n'intimide pas le garçon, qui n'hésite pas à dire qu'il s'était vite rendu compte que le chemin pour être titulaire était encore long. La saison dernière, Sef Vergoossen a débarqué au Fenixstadion. Dans un premier temps, Marco s'est posé des questions. Surtout le jour où, après avoir assisté à plusieurs matches des Réserves, le Hollandais est venu vers lui. "Vergoossen parle énormément avec les joueurs. Il passe un temps fou au stade et il veut tout savoir. Si vous avez un problème, il faut lui en parler avant et surtout ne pas arriver en retard en disant que la voiture était en panne. Il veut toujours assister au match des Réserves. C'est ainsi qu'après une série de rencontres où j'avais collectionné les cartes jaunes, il m'a dit que j'avais intérêt à me calmer car si je continuais comme cela je ne pourrais pas espérer grand-chose. J''ai compris ce qu'il voulait dire. Je me fais toujours respecter sur le terrain mais je ne prends plus des cartons stupidement".Marco Ingrao reconnaît que le Hollandais joue un grand rôle dans son évolution. Tactiquement, c'est lui qui l'a déplacé à l'arrière gauche. "Au début de la préparation, il m'a expliqué que ce serait une bonne chose pour moi de jouer à cette place. J'y gagnerais en polyvalence, je pourrais y acquérir plus de qualités défensives et j'améliorerais mon jeu de position. Comme j'ai toujours évolué au demi, j'ai tiqué un peu même si j'ai toujours assuré ma part de travail défensif. J'ai suivi son conseil mais, c'est clair que j'aurais accepté de jouer à n'importe quelle place. En tout cas, il a été correct: quand Roumani s'est blessé au GBA, il m'a directement fait monter au jeu". Le week-end suivant, le 14 septembre contre Lommel, Marco est titulaire. Il ne se débrouille pas trop mal tout comme en Ligue des Champions contre Athènes trois jours plus tard et à Charleroi pour le compte de la sixième journée de championnat. Malgré tout, il devra laisser sa place à Madrid, le 25 septembre."Là aussi, j'ai pu apprécier la correction de notre entraîneur. Nous étions à l'entraînement quand il m'a expliqué devant tout le monde que Roumani jouerait parce qu'il avait plus de qualités défensives. C'est encore une preuve qu'il accorde une grande importance au dialogue. D'ailleurs, dès qu'il y a un petit problème dans le noyau, il saute instantanément au milieu de la mêlée pour le régler. Il fait tout pour conserver la bonne entente. C'est ainsi que nous sommes déjà allés au karting au lieu de nous entraîner et nous avons passé la soirée ensemble au restaurant. Chez nous, c'est normal même si ailleurs ce n'est pas le cas. Il accorde beaucoup d'importance à la communication y compris avec les supporters et c'est pour cette raison qu'ils nous oblige à nous rendre dans des homes pour handicapés, des écoles de jeunes ou des maisons de repos, des endroits où les gens sont heureux de nous voir, pour y signer des autographes. Pour le moment, avec la cadence des matches, il est impossible que tout le noyau se déplace alors différents groupes composés de quelques joueurs remplissent à tour de rôle ces missions un peu différentes".Déçu par la RomaMarco Ingrao s'est aussi retrouvé sur le banc contre La Louvière. Pas facile à vivre? "C'est somme toute logique même si j'ai envie de jouer. Pour que je conserve le rythme, l'entraîneur m'envoie de temps à autre jouer en Réserve. Le niveau est moins élevé mais cela me fait du bien, d'autant que le système tactique est le même: le 4-4-2. Et puis, il ne faut pas limiter mon rôle à une concurrence avec Roumani. En fait, je suis également en concurrence avec Daerden. Ce n'est quand même pas rien et, s'il le faut, je suis prêt à le remplacer. C'est probablement pour cela que l'entraîneur tenait à ce que je sois polyvalent.". Contre l'AS Roma, Marco est monté au jeu alors que Cassano avait déjà inscrit le but victorieux des visiteurs. "Monter au jeu n'est pas toujours facile mais, cette fois-là, je me suis senti à l'aise. Avant le match, cela me faisait quelque chose parce que je suis le championnat d'Italie de très près et que, cette fois-ci, tous ces joueurs, je ne les voyais pas qu'à la télévision. Ils étaient devant moi. Une fois, le coup d'envoi donné, je n'étais plus impressionné, peut-être parce que je suis supporter de la Juventus. Mais aussi parce que nous avons été supérieurs à eux et que l'on n'a jamais eu la sensation que nous évoluions à dix contre onze". Rejoindre le Calcio est un rêve que de nombreux footballeurs caressent. En attendant, Marco Ingrao a préféré rester trois ans de plus à Genk: "Si j'ai prolongé mon contrat jusqu'en 2005, c'est parce que je me sens bien dans ce club. Les structures y sont excellentes et il est difficile de trouver mieux en Belgique. Avant que je ne paraphe mon nouveau contrat, deux clubs s'étaient montrés très intéressés: Perugia et Roda. Avec le premier club, les négociations étaient bien engagées mais c'est tout. En revanche, les dirigeants hollandais ont mis un contrat sur la table qu'il ne me restait qu'à signer. Entre-temps, la direction de Genk et l'entraîneur m'ont fait comprendre qu'ils avaient des ambitions pour moi et j'ai donc décidé de rester dans le Limbourg. Il était peut-être un peu tôt pour partir". Nicolas Ribaudo"Contre la Roma, j'ai joué contre ceux que je suis à la télé"