On parle souvent de polyvalence en foot, mais qu'implique vraiment cette notion ? Soit le polyvalent est celui qui, bien qu'ayant un poste préféré où il se montre le plus performant, tire néanmoins son épingle du jeu quel que soit le poste où on l'aligne : dans ce cas, pas mal de footballeurs sont grosso modo polyvalents à leur niveau. Soit la définition est plus pointue, le gars fait tout tellement bien quand on le déménage qu'on serait bien en peine de désigner le poste où il est le plus performant : et là, un seul nom me saute aux yeux pour l'instant dans le foot du top, c'est celui de Michaël Essien !
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On parle souvent de polyvalence en foot, mais qu'implique vraiment cette notion ? Soit le polyvalent est celui qui, bien qu'ayant un poste préféré où il se montre le plus performant, tire néanmoins son épingle du jeu quel que soit le poste où on l'aligne : dans ce cas, pas mal de footballeurs sont grosso modo polyvalents à leur niveau. Soit la définition est plus pointue, le gars fait tout tellement bien quand on le déménage qu'on serait bien en peine de désigner le poste où il est le plus performant : et là, un seul nom me saute aux yeux pour l'instant dans le foot du top, c'est celui de Michaël Essien ! Derrière ou plus haut, axial ou latéral, Essien sait tout faire et c'est rarissime. Arracheur d'élite, c'est le meilleur back droit de Chelsea même s'il n'y joue guère. Rapide, il est bien supérieur à Karim Bouhlarouz quand il s'agit (comme face à Porto dernièrement) de remplacer John Terry. Malin comme un singe, il peut ratisser comme Claude Makélélé. Tout cela en ferait un joueur défensif s'il ne savait pas, tout autant, pistonner sur un flanc, s'infiltrer, centrer, dribbler, et même rôder en zone de vérité adverse pour y planter quelques buts... au point que cette saison, les choix offensifs de José Mourinho l'ont amené à jouer davantage qu'un Arjen Robben ou qu'un Joe Cole. Et dans sa surprenante équipe ghanéenne du dernier Mondial, Essien ne fut rien moins qu'un extraordinaire meneur de jeu,... j'aimerais même voir ce qu'il donnerait en pointe aux côtés de Didier Drogba ! Coup de c£ur absolu de Bibi : parce qu'une équipe composée de dix Essien dans le champ exploserait une équipe de dix Fabio Cannavaro autant qu'elle désintégrerait une équipe de dix Zinédine Zidane... Sans doute est-on moins polyvalent aujourd'hui qu'hier : la logique des noyaux plantureux, où tous les postes sont au minimum doublés, entraîne forcément une plus grande spécialisation. Et ne m'objectez pas qu'au top-niveau, tout pro d'aujourd'hui doit savoir tout faire... c'est un lieu commun avec une langue de bois ! Si c'était vrai, on n'identifierait plus personne attaquant ou défenseur, on ne distinguerait plus les gauchers des droitiers, et Ludovic Giuly marquerait de la tête autant de buts que Jan Koller... Cela me rappelle le grand Leeds des années 70, du temps où les noyaux n'étaient pas étoffés et où Leeds avait en quelque sorte un 12 de base ! Le back droit titulaire s'appelait Paul Madeley... sauf qu'il n'y jouait au maximum que la moitié du temps ! Car dès qu'un titulaire était indisponible ou mis au repos, d'arrière central à ailier gauche et à ma grande admiration, Madeley déménageait, prenant son poste et son numéro : apparaissait alors au back droit et au n°2, systématiquement, le dénommé Paul Reaney ! Une formule que je n'ai jamais vu appliquée ailleurs aussi systématiquement et qui fit pour moi de Paul Madeley, à tout jamais, un génie méconnu : la preuve, qui d'entre vous, les jeunes, a entendu parler de lui ? Restons dans les vieilleries pour signaler que la chaîne ESPN Classic repasse en ce moment de longs résumés (environ 25 minutes) de finales passées de coupes européennes. Si vous avez mon âge et pas de bouquet numérique, faites comme moi, trouvez un pote pour vous enregistrer ça, ça vaut le coup : ça ne fait pas trop pleurer sur le temps qui passe, ça fait surtout retomber en enfance et ça vous chantonne que les beaux buts sont beaux pour l'éternité... J'ai ainsi revu Milan-Ajax de 1969 (4-1) où il n'y en eut que pour les Milanais : le futur grand Johan Cruijff y passe à côté de son sujet, faut dire qu'il ne porte alors " que " le n°10... Cela a ressorti des tréfonds de ma mémoire les bas baissés des feux follets Kurt Hamrin et Pierino Prati, mais même mes tréfonds n'avaient nulle souvenance qu' Angelo Sormani était si élégant à voir. Par contre, pas besoin de mes tréfonds pour contempler à nouveau la fluidité facile d'un étincelant Gianni Rivera... A propos : si de tels résumés de 25' en rappellent déjà long, ils ne disent toutefois pas ce que fut vraiment un match entier voici 40 ans ou plus, avec ses temps morts, son rythme, son arbitrage, ses espaces, ses types de fautes... Si donc vous savez où voir ou se procurer des (quasi) intégrales de matches d'avant le déluge (que je fixe footeusement alentour de 1970), faites-moi signe, ça m'intéresse !"par bernard jeunejean