COACH Adam Nawalka (POL)

Vous avez participé au Mondial argentin de 1978 avec la Pologne, à 19 ans. Quel effet cela fait-il de participer à nouveau à une Coupe du Monde ?
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Vous avez participé au Mondial argentin de 1978 avec la Pologne, à 19 ans. Quel effet cela fait-il de participer à nouveau à une Coupe du Monde ? ADAM NAWALKA : Je suis très heureux d'être qualifié et de pouvoir entraîner cette équipe. Le soutien que nous a apporté l'armée rouge et blanche dans les tribunes a été unique. C'est pour vivre des moments comme ça que je suis devenu entraîneur. Je suis absolument certain que le Mondial va nous valoir de nouveaux bons moments car nous devons viser haut et essayer de concrétiser nos rêves. Autre fait important : ces derniers mois, l'équipe a encore progressé. Comment avez-vous entamé la préparation ? NAWALKA : Nous savions comment nous y prendre physiquement et mentalement. Il y a deux ans, avant l'EURO, nous avons été dans le rouge et ça a fonctionné. Nous avons terminé à la deuxième place de notre poule, éliminé la Suisse aux tirs au but puis fait match nul contre le Portugal, le futur lauréat, qui a été un rien meilleur que nous aux penalties (5-3). Nous étions bons en défense, nous avons opéré une transition rapide et nous étions top sur le plan physique. Nous avons donc décidé de refaire la même préparation. Vous allez tenter de surprendre les autres équipes tactiquement ? NAWALKA : Nous avons testé quelques variantes. Nous nous appuyons sur une défense à quatre, qui est encore perfectible, mais nous avons aussi expérimenté un trio défensif. Je veux introduire plus de variété dans notre jeu, pour pouvoir tenir compte de l'adversaire ou du résultat en cours de match. Mais même dans les matches amicaux, nous avons voulu obtenir un résultat car en Russie, c'est de ça qu'il est question. Depuis l'EURO français, certains joueurs ont accompli d'énormes progrès, comme par exemple Piotr Zielinski à Naples. D'autres peuvent également progresser, même ceux qui évoluent toujours en Pologne. Pour effectuer ma sélection, j'ai tenu compte des tests physiques réalisés en mars et en avril. Que pensez-vous de votre poule ? NAWALKA : Je suis satisfait du tirage. Nous étions prêts à affronter les grandes nations mais le tirage en a décidé autrement. Nous ne croisons le fer avec aucun des principaux favoris mais il n'empêche : nous voulons être au sommet de nos possibilités -mentales, physiques et tactiques- dès le début. Nous éprouvons beaucoup de respect pour le Japon, la Colombie et le Sénégal tout en ayant une grande confiance en nos qualités. Les matches se décident sur le terrain, pas dans les discussions. Nos adversaires font partie des meilleurs équipes de leur continent et se sont aisément qualifiés, comme nous. (La Pologne a terminé en tête de son groupe avec cinq points d'avance sur le Danemark, ndlr). Je suis confiant : nous allons disputer une bonne Coupe du Monde.ex-international polonais (34 sélections, 6 buts) " La Pologne sort d'un gros EURO, mais n'a plus joué de Coupe du Monde depuis douze ans. Je suis moins optimiste qu'en 2016, parce qu'on a moins de certitudes concernant les cadres de l'équipe, même s'ils arrivent à maturité. Krychowiak a dû se relancer à West Bromwich, Grosicki à Hull City, Blaszczykowski est en difficulté à Wolfsburg, Milik a été longtemps blessé et derrière, Pazdan, qui avait été très bon en France, n'a pas fait sa meilleure saison au Legia Varsovie. Après, l'atout numéro un, c'est toujours Lewandowski et il a à coeur de réaliser un gros tournoi, parce qu'il a été déçu de son EURO. Il peut mener le pays très loin. Et puis, malgré tout, l'équipe conserve la même ossature, ce qui est un avantage, avec Lukasz Piszczek et Kamil Glik également, deux valeurs sûres en défense. Dans les buts, Wojciech Szczesny devrait être le titulaire. Par contre, on manque de remplaçants sur les flancs. Il y a aussi un gros problème de régularité. On l'a vu sur les derniers matches amicaux, les Polonais sont capables de faire une première mi-temps catastrophique et de se réveiller ensuite. Je pense quand même que les leaders vont porter les autres et ça devrait le faire pour le premier tour, bien que le groupe H reste très ouvert. "" Il peut faire des choses que les joueurs normaux ne sont pas capables de réaliser. " Les mots viennent de Francesco Guidolin, son mentor lors de leur période commune à l'Udinese (2011-2014). À l'époque, Piotr joue les numéros 10 soyeux, habile des deux pieds, au point que les observateurs ne savent pas lequel choisir. Débarqué à seulement 17 bougies dans la Botte, le gamin toque à la porte des aigles blancs deux ans plus tard, un tantinet précoce. Mais il n'est pas du genre pressé. Alors qu'il vient de visiter les installations de Liverpool, en janvier 2016, il préfère rester à Empoli. Là, Maurizio Sarri le sublime et le place au centre de son milieu à trois, comme relayeur. Normal, quand le technicien transalpin prend les rênes de Naples, en 2015, il fait appel en lui, un an plus tard. Au San Paolo, chez des Partenopei quasi-champion, il attend de devenir indiscutable. En Russie, fort de ses quatre assists lors des qualifs, Piotr se rêve comme le pourvoyeur officiel de Lewandowski. C'est son moment.Tout le monde a ses petites habitudes. La Pologne, elle, aime bien frapper entre la 15e et la 30e minute, sans pour autant recevoir. Sur la route de la Russie, l'équipe d' Adam Nawalka a scoré cinq fois et n'a pas encaissé sur ce laps de temps. Solide.Sur la route de la Russie, les Bialo-czerwoni ont inscrit 12 banderilles sur coups de pied arrêtés en 10 matches, soit le meilleur total de l'ensemble des qualifications, tous continents confondus.Soit le nombre de roses plantées par Robert Lewandowski, en dix matches de qualifications. Lewy, dans une forme olympique avec sa sélection, s'offre au passage le totem de meilleur buteur de la zone EURO et envoie un signal fort aux défenses du Mondial.Sinon, le petit Robert est studieux. En octobre, il valide son mémoire de licence en management du sport, devant un jury aux couleurs de l'équipe nationale. Surprise, il obtient la note maximale pour un travail modestement intitulé RL 9. Chemin de la gloire. Lewy-Strauss, anthropologue.