Michel Preud'homme est un entraîneur qui devrait travailler dans la sérénité. Mais aussi dans la continuité. Depuis sa prise de pouvoir, le Standard ne s'est plus incliné en déplacement. Toutes compétitions confondues. Formidable indice. Il atteste d'une organisation défensive intéressante. Les chiffres de cette année confirment l'impression. Cinq barrettes s'inscrivent dans la colonne des buts encaissés. Par contre, avec...

Michel Preud'homme est un entraîneur qui devrait travailler dans la sérénité. Mais aussi dans la continuité. Depuis sa prise de pouvoir, le Standard ne s'est plus incliné en déplacement. Toutes compétitions confondues. Formidable indice. Il atteste d'une organisation défensive intéressante. Les chiffres de cette année confirment l'impression. Cinq barrettes s'inscrivent dans la colonne des buts encaissés. Par contre, avec huit réalisations victorieuses, les liégeois ont marqué autant ou moins que 13 pensionnaires de l'élite. Ce qui situe leur production dans une zone généralement occupée par les menacés! Il est tentant de penser que la reconversion défensive-offensive devient le talon d'Achille de l'équipe. Par le passé, divers entraîneurs se sont attelés à d'abord établir une base infranchissable. Ce fut le cas de Kalocsay et de Pavic. Aucun hasard n'a d'ailleurs sa place dans les statistiques démontrant que c'est en se réfugiant derrière un rideau imperméable que le Standard a chaque fois remporté le titre. A ce jour, les moyennes les plus basses de buts encaissés se présentent comme suit: 1957-58: 0,70 but par match. Champion. 1960-61: 0,83 but par match. Champion. 1962-63: 0,70 but par match. Champion. 1968-69: 0,60 but par match. Champion. Record absolu en 69 avec alternativement Nicolay et Piot entre les perches. Le secret de la formule réside dans la longévité du secteur. Beurlet, Jeck, Dewalque, Thissen ont évolué de concert durant une décennie. Sans parler de leur indispensable complément de l'entrejeu: Pilot. Comparativement, en l'espace de deux saisons, les Rouches ont aligné Afolabi, Okpara, Dragutinovic, Enakarhire, Blay, Van Meir, Wuillot, Brocken, Vlcek, Vinicius, Selymes, Ciobotariu, Yobo et Van Buyten: 14 arrières se sont succédé. Pure folie! On a beau dire que le foot du 21e siècle ne présente plus le moindre point commun avec celui du siècle précédent, une vérité demeure: les grands clubs prennent sérieusement soin de leur charpente. Voir Manchester, le Bayern, la Juve. Ou Anderlecht! Sans quoi, il faut avoir recours au coup de poker tous les ans. Dans certains cas, il s'agit même d'un poker menteur.