93.120 euros : c'est le magot que Teddy Sheringham vient d'empocher à un tournoi de poker portugais. Dans les autres pays, la discipline explose. Elle est soutenue par de grands noms : Juan Veron, Gianluigi Buffon, Raymond Domenech,... En Belgique ? Silence total ! Jonathan Koszulap, président de l'ASBL Poker Belgique, explique les raisons et décrypte les rapports entre foot et poker.
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93.120 euros : c'est le magot que Teddy Sheringham vient d'empocher à un tournoi de poker portugais. Dans les autres pays, la discipline explose. Elle est soutenue par de grands noms : Juan Veron, Gianluigi Buffon, Raymond Domenech,... En Belgique ? Silence total ! Jonathan Koszulap, président de l'ASBL Poker Belgique, explique les raisons et décrypte les rapports entre foot et poker. Pourquoi, alors que les footballeurs y jouent, parle-t-on si peu du poker chez nous ? Jonathan Koszulap : Beaucoup de footballeurs ne sont pas connus par la presse spécialisée. Et ce n'est pas avec des éléments d'Eupen ou du Lierse qu'on va mettre en avant le poker. Le jeu officiel se passe aussi dans la discrétion. Personne ne sait vraiment qui le pratique. J'ai déjà croisé Frank Defays au casino de Namur. Mais c'est un lieu fermé, réservé aux initiés et où la presse n'a pas accès. Les entreprises de poker misent sur tous les sportifs mais le lien avec le foot semble plus développé. Pourquoi ? Les footballeurs jouent beaucoup lors des mises au vert. A Mons, les joueurs étaient obligés de rester toute la journée au club quand Sergio Brio les entraînait. Ils tuaient le temps en jouant aux cartes. Ce n'est pas anodin. Pour un footballeur, le poker est une manière de s'affirmer par rapport à ses coéquipiers, de prendre de l'importance au sein du groupe. C'est comme la concurrence pour un même poste. Par après, c'est assez simple : si le monde du poker tient tant que ça à pénétrer le monde du foot, c'est parce que les footballeurs connus ont un accès privilégié et facile avec la presse. A l'étranger, on remarque que les grands footballeurs, d'hier ou d'aujourd'hui, remportent souvent les mises. Un bon footballeur devient-il un bon joueur de poker ? Ils ont deux avantages : ils ont beaucoup d'argent et sont très médiatisés. Ils sont facilement sponsorisés et rejoignent très vite les " grosses " tables. Là, ils côtoient les professionnels et progressent très vite. Ce qui n'est pas le cas de Monsieur Tout-le-Monde. Existe-t-il un profil spécifique en fonction des postes ? Un attaquant va-t-il être plus offensif ? Il existe deux manières de jouer : la défensive, en se basant sur des mains fortes pour être sûr de gagner, et l'offensive, où le joueur prend plus de risques. Ce qui assure justement le charme du poker, c'est qu'un footballeur adopte une stratégie parfois bien différente de ce qu'il montre sur le terrain. D'une table à l'autre, il est confronté à des joueurs de niveau différent. Il est amené à s'adapter et à se surpasser. Et il aime toujours être en phase avec sa mentalité de vainqueur.