Les arbitres s'organisent et se défendent et c'est très bien. Quelques semaines après l'exclusion et la suspension (trois matches) d' Eric Deflandre à Espagne-Belgique pour son célèbre Chokotoff, voilà le défenseur de Genk, Gert Claessens, suspendu pour un match... pour avoir insulté un arbitre dans une interview. C'est une grande première en Belgique !
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Les arbitres s'organisent et se défendent et c'est très bien. Quelques semaines après l'exclusion et la suspension (trois matches) d' Eric Deflandre à Espagne-Belgique pour son célèbre Chokotoff, voilà le défenseur de Genk, Gert Claessens, suspendu pour un match... pour avoir insulté un arbitre dans une interview. C'est une grande première en Belgique ! Après Anderlecht-Genk, Claessens s'était un peu laissé aller à l'égard de l'arbitre Paul Allaerts, le traitant de poisson pourri et le qualifiant de bête et stupide. Le parquet de l'Union Belge avait même évoqué les six matches de suspension requis pour des paroles analogues en Angleterre, mais il n'a pas été suivi. Cette histoire fera date : un footballeur de l'élite n'avait jamais été suspendu en Belgique pour inconvenances en dehors du match répercutées par la presse. On a déjà vu des joueurs mal se comporter vis-à-vis des arbitres depuis le dug-out mais ici il s'agit d'autre chose. Le match Anderlecht-Genk était bel et bien terminé quand Claessens s'est laissé aller. Une situation somme toute comparable à celle de la saison dernière quand Emile Mpenza avait mis dans une interview télévisée la probité de l'arbitrage belge en cause directement après un Gantoise-Standard. Voilà les joueurs prévenus : plus question de se laisser aller à des considérations offensantes en dehors des matches. Si, maintenant, les arbitres se faisaient encore mieux respecter pendant les matches, ce ne serait pas plus mal. Et ici, on ne parle pas uniquement du fait de se faire insulter mais de la manière dont les joueurs viennent se plaindre après toute décision arbitrale, hachant de la sorte le jeu de manière intempestive. Or, si les joueurs se conduisent de façon antisportive, il faut les punir plus vite. L'esprit du jeu n'est pas respecté en l'occurrence et les spectateurs non plus... Evidemment, on peut comprendre que la marmite bout lorsqu'on perd, mais il est indispensable de garder son self control. Un exemple positif : Albert Cartier, vendredi soir après la défaite à domicile contre la Gantoise. Cartier n'encaissa pas la défaite (0-1) et pénétra comme un TGV dans la salle de presse en écrasant d'une poignée de main de bûcheron quelques phalanges de journalistes imprudemment placés sur son chemin (heureusement tous gauchers !). Lors de la conférence, en bon ex-défenseur, il ferma la porte. Langue de bois et langue acerbe. Ne voulant pas épiloguer sur les carences de ses joueurs en cette soirée glaciale, il s'adressa aux journalistes en insistant sur le fait que " vous êtes suffisamment intelligents pour voir ce qui s'est passé ". Limite courtoisie, mais acceptable... Il malmena également ses joueurs û mais sans donner de noms û en regrettant " un non-match dû à ceux qui apprennent sans comprendre et qui comprennent sans retenir ". Et quand un flatteur Georges Leekens pensa le réconforter en élevant artificiellement le niveau du match dans son analyse en soulignant " la force de La Louvière : une très, très bonne équipe ", Cartier lui balança un " La Gantoise est prête à aller inquiéter le Club Bruges chez lui et à viser la prochaine Ligue des Champions ". Le tout avec un sourire qui ressemblait à une grimace. Le coach des Loups aurait pu déraper vu les circonstances, mais il ne l'a pas fait. Pas question de jouer au Dr Cartier et au MisterHyde mais on gage qu'il a recadré son équipe... Dimanche dernier, Anderlecht a encore enregistré un blessé grave : Daniel Zitka, bras cassé à l'entraînement. Il vient s'ajouter à la longue liste des blessés à long terme ( Nenad Jestrovic, Hannu Tihinen, Glen De Boeck, Martin Kolar, Fabrice Ehret,.. ) qui a objectivement empoisonné la saison européenne et belge des Mauves. Mais cela n'excuse rien. Tous les clubs ont ce lot de problèmes. Pour Anderlecht, la vraie malchance aurait été d'avoir à rejouer le match gagné de justesse et dans des conditions limites contre La Louvière. par John BaeteDans le foot, on est toujours un meilleur pro QUAND ON GARDE SON SELF-CONTROL