Stoica en a marre d'Anderlecht qui ne lui fait pas confiance, Anderlecht en a marre de Stoica qui tergiverse, et j'en ai marre de leur double cirque. Stoica veut des garanties de "temps de jeu", formule en vogue héritée du basket: Alin éberlué trouve ahurissant de n'être pas incontournable comme l'était Zetterberg!
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Stoica en a marre d'Anderlecht qui ne lui fait pas confiance, Anderlecht en a marre de Stoica qui tergiverse, et j'en ai marre de leur double cirque. Stoica veut des garanties de "temps de jeu", formule en vogue héritée du basket: Alin éberlué trouve ahurissant de n'être pas incontournable comme l'était Zetterberg! Or, Anthuenis connaît forcément les différences objectives entre Stoica et Zetterberg: pourquoi ne pas les exprimer publiquement, une fois pour toutes et clairement? Qu' Anthuenis détaille donc, avec cette précision technique qui découle de sa réelle compétence, les manques footballistiques du footballeur Stoica: pourquoi Alin peut-il, selon lui, s'avérer un maillon faible? Dans quels cas de figure l'est-il, relativement aux types d'opposition? Quels impairs commet-il, que ne commettait pas Pär? Ça pourrait se lire comme un roman: qu'attend donc Aimé pour disséquer, pédagogiquement et dans les détails, pour toute la Belgique footeuse? A mon avis, il a déjà tenté d'expliquer ça à Stoica lui-même, mais Stoica ne comprend pas bien quand on lui explique: ce qui fait déjà du gamin roumain, par ce fait même, un mec fort différent de Zetterberg!! Mais pourquoi Anthuenis ne se justifie-t-il pas sur ses convictions footballistiques face à la presse? Pourquoi cherche-t-il si peu à convaincre? Pourquoi ne tente-t-il pas d'en finir avec une polémique qui le met, lui aussi et plus qu'Alin, continuellement en cause? Aimé est-il plus maso que la moyenne des entraîneurs?Tentative de réponse: Aimé n'est pas maso, mais nage entre deux eaux parce qu'il y a un os! Exposer posément les points faibles objectifs de Stoica, ce serait dévaluer Stoica, alors que la gestion d'entreprise passe avant tout! Car quoiqu'Alin ne soit pas (encore) viré dans le noyau B du cru, le but du jeu reste d'abord de se faire du blé en revendant le Roumain avec plus-value: et faire de la pub pour un produit, ce n'est pas révéler les tares dudit produit! La quadrature du cercle, c'est qu'Anderlecht ne fait pas toujours jouer Stoica parce que Stoica n'est pas si proche que ça du top-niveau européen, mais qu'Anderlecht doit en même temps laisser entendre que Stoica possède ce top-niveau: afin qu'un club européen du top, par l'odeur alléché, rêve d'une nouvelle étoile et allonge le pognon! D'où la langue de bois, la culture d'équivoque, le noyage de poisson: on peut certes cancaner sur le caractère difficile, le génie incompris ou le dillettantisme, mais surtout ne pas parler de danseuse inopérante ou de joueur de salon intrinsèque! Subséquemment, que vogue la polémique: elle est partie intégrante de la stratégie économique.La logique de Stoica, elle, se borne à être candidement sportive. Alin paraît buté, il est peut-être bêbête, mais droit dans ses bobottes: il croit dur comme fer "posséder le niveau", et s'estime donc en droit de revendiquer le temps de jeu et le flouze qui y correspondent! Sinon, il part quand son contrat se termine, c'est clair et pur comme de l'eau de roche! Si la logique du club mauve n'était elle aussi que sportive, le Sporting se contenterait d'ici juin d'aligner Stoica quand il l'estime utile puis terminus, point à l'Alin: il le laisserait libre (financièrement!) d'aller prouver ailleurs, s'il en est capable, qu'il peut gagner plus de pognon à plus haut niveau en jouant davantage! Et mon petit doigt (ce qui n'engage que lui) me dit personnellement que l'Alin se planterait. Ciselée par les médias, qui en vivent, la polémique "stoicienne" est vieille comme le foot. D'une part l'esthétique et les gestes qui charment, d'autre part le rendement en vue de la victoire. Entre les deux, la relation n'est pas toujours évidente, les entraîneurs sont payés pour en souffrir et le savoir: mais des millions d'amoureux fous du foot veulent continuer de croire mordicus que cette relation EST évidente! Sensible à la beauté, ils en font la condition première du triomphe, ils en sont les chantres, et la colère peut les envahir lorqu'on les contredit. Voilà donc que l'amour du beau, le sens de l'esthétisme sans concession, en arrivent ainsi à être (parmi d'autres!), racines de violence: l'eusses-tu cru, supporter, que tu t'excitais parce que t'étais amateur d'art?!Bernard Jeunejean