Regardez-le à l'entraînement... Robin van Persie est dos au but mais en pivotant, il délivre une superbe passe derrière le dos de Joris Mathijsen. Merci, se dit Ibrahim Afellay, qui convertit la passe en but. Cette action réalisée le 23 mai à Seefeld, en Autriche lors du stage des Oranje, reflète la classe mondiale de van Persie, l'attaquant d'Arsenal, sur la touche pendant cinq mois suite à une blessure à la cheville.
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Regardez-le à l'entraînement... Robin van Persie est dos au but mais en pivotant, il délivre une superbe passe derrière le dos de Joris Mathijsen. Merci, se dit Ibrahim Afellay, qui convertit la passe en but. Cette action réalisée le 23 mai à Seefeld, en Autriche lors du stage des Oranje, reflète la classe mondiale de van Persie, l'attaquant d'Arsenal, sur la touche pendant cinq mois suite à une blessure à la cheville. Van Persie était dans une forme divine en début de saison, jusqu'à ce que, par une pluvieuse soirée de novembre, à Pescara, le défenseur transalpin Giorgio Chiellini tacle l'avant et touche sa cheville droite. Le diagnostic a été impitoyable : cinq mois d'inactivité. " Ce fut un coup terrible ", commente van Persie. " J'ai souvent souffert de longues blessures mais cette saison, je nourrissais de grands projets. Je jouais fantastiquement. J'avais l'impression d'avoir franchi un nouveau palier. Ensuite, je me suis demandé comment j'aurais pu éviter l'accident mais de telles situations se produisent cent fois par entraînement. J'ai eu de la malchance. " Il a suivi une longue et fastidieuse revalidation avec courage. " Je me suis bien amusé à la maison. J'ai pu consacrer davantage de temps à mon fils, Shaqueel, et à ma fille DinaLayla, née en octobre dernier. Je lui ai donné le biberon, je l'ai vue grandir. C'était chouette. Mais bon, je suis footballeur et après un certain temps, j'ai vraiment ressenti le besoin de rejouer. Savoir que j'en avais encore pour deux mois a été dur. " Son attente a pris fin en avril. Van Persie a disputé cinq matches avec Arsenal, durant lesquels il a inscrit deux buts. Il a rapidement retrouvé son niveau. Il a lui-même été surpris par son aisance dans un match aussi chargé que contre les Spurs. " Au fond, ce n'est pas anormal. Je comparerais le footballeur à un chanteur qui n'a plus exercé durant un an. Accordez-lui cinq minutes et le voilà reparti. Quand on ne fait qu'un avec le ballon, on revient rapidement. Or, je suis en fusion avec le ballon. Sur 100 touches, j'en réussis 90. " C'est un professionnel empreint d'assurance qui s'exprime. Il connaît ses qualités. Il est avide de succès, aussi, d'autant qu'il n'a guère pu étaler son art cette année. Il avoue ainsi avoir trépigné devant la télévision durant la finale de la Ligue des Champions. " Je m'énervais car je voulais la disputer. Arsenal remporte trop peu de trophées. Quand on a l'opportunité de disputer quatre finales en une saison, il faut au moins en atteindre une, voire deux. Je regrette cet échec, même si je n'ai rien à me reprocher, puisque j'étais blessé. "A l'avenir, van Persie veut limiter au maximum le risque de blessures. " Je veux éprouver du plaisir. Pour cela, je dois bien connaître mon corps. Un physiothérapeute d'Arsenal m'a bien expliqué l'art du stretching. Je m'y suis toujours adonné intensivement, puisque c'est bon d'après la littérature... mais j'ai effectué des recherches qui m'ont révélé que ce n'était pas l'idéal pour moi. A l'entraînement, quand je cours et que je sprinte, j'étire constamment mes muscles. Je ne dois donc pas leur infliger une nouvelle séance ensuite. J'ai remarqué que depuis que j'ai adapté cet aspect, je récupère plus rapidement. Je sais maintenant qu'après un match ou un entraînement, je ne serai pas cassé toute la journée. Je me sens libéré. Mentalement, je suis frais. Je suis en pleine forme alors que d'autres, qui ont disputé 50 ou 60 matches sont peut-être vidés au terme d'une longue saison. Moi, j'ai envie de jouer. "Il a également soif de succès, après une nouvelle saison sans récompense. " Lors des deux tournois auxquels j'ai participé, le Mondial 2006 et l'EURO 2008, j'ai remarqué que chaque match était empreint de l'ambiance d'une finale de Ligue des Champions. Je rêve de jouer des tas de rencontres de ce genre. Un match d'ouverture devant 95.000 personnes alors que des millions de compatriotes nous regardent sur le petit écran... Pendant quelques semaines, nous allons déterminer le rythme de vie des gens, leur humeur. Au Mondial 2006, j'étais très nerveux avant notre premier match contre la Serbie. Délivrer l'assist m'a libéré. Maintenant, je suis accro à cette pression. Elle ne peut jamais être assez forte. "Robin van Persie est heureux : " Etre avant dans cette équipe hollandaise est génial. Arjen Robben et Wesley Sneijder sont très bons mais Rafael van der Vaart et Ibi Afellay aussi. Et les bons footballeurs se trouvent spontanément. J'adore travailler avec ce quatuor avancé. J'ai le sentiment de pouvoir recevoir chaque ballon. Quand on éprouve ce genre de sensation, c'est qu'on évolue à un très haut niveau. Il est peut-être aussi élevé qu'à Arsenal, à cette différence que les Pays-Bas soignent encore plus la transition en perte de balle. Nous avons aussi acquis de l'expérience depuis le dernier EURO. Chacun occupe un poste important au sein de son club, ce qui profite à l'équipe nationale. " Comme à Arsenal, van Persie occupe l'avant-centre. Pourtant, n'est-il pas plutôt un numéro dix ? Non, affirme-t-il. " Arsène Wenger m'a utilisé au numéro dix pendant quatre ans mais il m'a dit avoir toujours vu un attaquant en moi. J'estime aussi mieux m'exprimer depuis ce poste avancé. Dans les combinaisons, les deux positions sont fort semblables mais je me retrouve quand même plus près du but. " Le Rotterdamois de 26 ans n'est pourtant pas un avant typique mais cela ne constitue pas un problème selon lui. " Je ne suis pas obligé de marquer. A Arsenal, Wenger répète que je dois permettre à l'équipe de mieux jouer. Si je m'exécute et que nous gagnons dix matches, il me laisse dans l'équipe, même si je n'ai pas marqué. Je pense que le sélectionneur est sur la même longueur d'ondes que Wenger car il possède assez d'autres joueurs qui peuvent inscrire des buts. "Le sélectionneur Bert van Marwijk partage cet avis. Il a récemment assisté à un congrès de l'ancien sélectionneur du Brésil, Carlos Alberto Perreira. Pour lui, le football est en train de se muer en mouvement total. " Sans avant spécifique ou avec un autre type d'attaquant ", a expliqué van Marwijk durant le stage hollandais de Seefeld. " J'étais ailier gauche et quand je passais mon adversaire, je servais Ruud Geels. Il voulait jouer de la tête. On ne voit presque plus ce genre de mouvement car les ailiers actuels convergent fréquemment vers l'axe et arment leur tir de leur bonne jambe. Ils laissent plus d'espaces aux arrières latéraux et aux autres footballeurs qui jouent en profondeur. Donc, c'est un football de mouvement total. " Dans ce contexte, van Persie est l'avant idéal, d'autant qu'il est appuyé par des joueurs avec lesquels il peut combiner. Dirk Kuijt, qui travaille toujours d'arrache-pied et participe à la défense, est une valeur sûre pour le sélectionneur, qui a décidé d'aligner van der Vaart et Sneijder. Depuis qu'ils ont effectué leurs débuts à l'Ajax, la grande question est : sont-ils complémentaires. Van der Vaart estime que la discussion a assez duré. " Wesley et moi pouvons jouer ensemble sans problème ", a répété le joueur du Real. " Nous poursuivons tous un objectif, être champions du monde. Nous possédons les meilleurs joueurs et nous avons des chances réelles ", conclut le médian au sujet du quatuor magique. Des quatre, van der Vaart est sans doute le moins sûr de sa place. Il a été moins déterminant dans son club que ses trois collègues. Van Marwijk ne peut bouder un van Persie frais et empreint d'assurance, pas plus qu'il ne peut dédaigner Robben, qui n'a jamais vécu une saison aussi brillante et qui est capable de jouer à droite, comme au Bayern, et à gauche, mais sa blessure la privé d'une titularisation face au Danemark. Il ne peut davantage laisser Sneijder, l'homme du récent vainqueur de la Ligue des Champions, sur le banc. S'il le fait, le sélectionneur passera des moments difficiles en Afrique du Sud. Le capitaine Giovanni van Bronckhorst, se moque de l'identité des joueurs qui joueront devant : " Nous avons démontré que nous sommes capables de former un bloc stable derrière eux, une équipe qui joue à leur service. Si ces six joueurs pensent avant tout en termes défensifs, les quatre éléments plus avancés peuvent donner libre cours à leur créativité. En 14 années sous le maillot orange, mes meilleurs matches ont été ceux contre la France et l'Italie, à l'EURO 2008. Or, le noyau est resté le même et tous les joueurs n'ont cessé de progresser. Ils doivent faire la différence. Ils en sont capables, comme ils l'ont prouvé cette saison. " Van Marwijk et Wenger sont sur la même longueur d'ondes en ce qui me concerne.