L'homme fort des néo-promus du FC Brussels, Johan Vermeersch, constitue un cas absolument unique. Il est le seul à avoir été tour à tour joueur (1973-84 au RWDM, Courtrai et La Gantoise), entraîneur (1983-85 RWDM et Racing Jet Bruxelles) ainsi que président (1995-96 RWDM et, depuis le 15 septembre 2002 au FC Molenbeek Brussels Strombeek, dit FC Brussels).
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L'homme fort des néo-promus du FC Brussels, Johan Vermeersch, constitue un cas absolument unique. Il est le seul à avoir été tour à tour joueur (1973-84 au RWDM, Courtrai et La Gantoise), entraîneur (1983-85 RWDM et Racing Jet Bruxelles) ainsi que président (1995-96 RWDM et, depuis le 15 septembre 2002 au FC Molenbeek Brussels Strombeek, dit FC Brussels). C'est vers ce personnage hors du commun que nous nous sommes tournés afin qu'il nous fasse part de ses prévisions concernant le championnat à venir. Johan Vermeersch : Je m'attends à ce qu'elle soit nettement plus palpitante que la compétition écoulée et ce, à tous ses échelons. Au sommet, après avoir assisté ces deux dernières années à un cavalier seul, du Club Bruges d'abord, en 2002-03, et d'Anderlecht ensuite, je prévois cette fois un long coude à coude dont le verdict ne devrait tomber qu'à la fin du deuxième tour. Dans un même ordre d'idées, la lutte pour les places européennes me semble plus indécise aussi. Aux côtés de Genk et du Standard, qui terminèrent dans la foulée des deux ténors au mois de mai passé, il faudra sans doute composer ce coup-ci avec un autre larron : La Gantoise, ambitieuse dans son recrutement. Derrière ces cinq-là, des équipes comme Lokeren, Westerlo, le GBA et le Lierse devraient, en théorie, compléter la première moitié du tableau. Dans la deuxième colonne, je citerai les neuf restants mais bien malin qui pourrait dire dans quel ordre : Mouscron, St-Trond, La Louvière, Charleroi, Mons, le FC Brussels, Beveren, le Cercle Bruges et Ostende. D'après moi, ce groupe-là se retrouvera dans une fourchette de huit ou dix points maximum en fin de parcours. Du sommet à la lutte pour le maintien, la bataille devrait donc faire rage du début du championnat jusqu'à son épilogue. Parmi les autres grands, ou prétendus tels, je ne vois franchement pas qui pourrait inquiéter ces deux formations qui, à peu de choses près, vont reconduire les effectifs qui leur avaient permis de terminer aux premières loges. Grâce à l'arrivée de Mbo Mpenza, le Sporting me semble encore plus fort et ses rivaux flandriens vont en principe tirer la quintessence de l'impressionnant effort accompli durant le mercato d'hiver lorsqu'ils avaient successivement mis le grappin sur Jonathan Blondel, Victor et Bosko Balaban. Ce dernier, blessé, n'avait guère été utile à ses couleurs ces derniers mois mais chacun aura pu se rendre compte, face à l'AJ Auxerre notamment, qu'il ne manque pas de qualités. Reste à voir, toutefois, si ce joueur parviendra à compenser la perte d'Andrés Mendoza. Le Péruvien était peut-être ingouvernable mais il pouvait plier un match à lui seul. Or, ces éléments-là ne sont pas légion dans le football belge. Chez les Bleu et Noir, je ne vois pas personne dans le même registre. Sauf peut-être Nastja Ceh et Alin Stoica, susceptibles de faire pencher la balance. Sous cet angle-là, le Sporting est cependant mieux fourni avec Aruna Dindane, Mbo Mpenza, Nenad Jestrovic, Walter Baseggio, Pär Zetterberg et j'en passe. Oui. A mes yeux, le Racing est tout simplement mieux armé que les Rouches pour briguer un ticket en Coupe de l'UEFA. Honnêtement, les Liégeois ont raté le coche en 2003-04. Compte tenu de la qualité de leur noyau, ils auraient dû terminer dans la foulée d'Anderlecht, et disputer à la place du Club le deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions. Au lieu de se donner les moyens de cette ambition, ils se sont déforcés en perdant un garçon de la trempe d'Emile Mpenza. Certains diront qu'avec les acquisitions de Vedran Runje et d'Eric Deflandre, ils ont tapé dans le mille. C'est sans doute vrai. Mais ces deux renforts défensifs ne suffiront pas à compenser la perte offensive du cadet des frérots. Si le Standard avait été réellement désireux de progresser encore dans la hiérarchie, il aurait procédé aux retouches nécessaires en défense tout en conservant l'essentiel de ses forces dans d'autres secteurs. Il ne l'a pas fait et s'en mordra probablement les doigts au décompte final. A moins, bien sûr, qu'il ne profite de la deuxième période des transferts, en janvier, pour rectifier le tir. Sans quoi, Genk ne sera peut-être pas gêné. Pour des tas de raisons que je ne m'explique pas, le Racing n'a pas répondu à l'attente ces derniers mois. D'un bout à l'autre de cette saison 2003-04, il a été à la recherche du bon équilibre. C'était une phalange sans queue ni tête. Je pense que mon homologue Jos Vaessen a eu le nez creux en choisissant de confier le groupe à René Vandereycken. Je connais bien le Limbourgeois pour l'avoir eu comme entraîneur au RWDM, au beau milieu des années 90. C'est un organisateur né. On a d'ailleurs déjà eu un petit aperçu de son savoir-faire en la matière suite à la qualification de Genk, en Coupe Intertoto, au détriment du Borussia Dortmund. Les Allemands avaient beau ne pas être au complet, vu les absences de Jan Koller et Tomas Rosicky, le Racing n'en a pas moins accompli une superbe performance. Former un collectif en l'espace de trois semaines à peine, c'est très fort. Vandereycken a évolué au contact du championnat néerlandais. D'accord, il reste partisan d'une approche réaliste. Mais son inclination est manifestement plus offensive qu'avant, comme il l'a démontré durant les années passées à Twente. Un signe qui en dit long : il est toujours à la recherche d'un régisseur... comme Wamberto. Cette quête d'un authentique numéro 10 est un phénomène nouveau chez lui. A l'époque où il militait à Molenbeek, il ne voulait pas entendre parler d'un footballeur de cette trempe-là, prônant plutôt deux récupérateurs dans l'axe. Je suis sûr que dès qu'il aura trouvé le chaînon manquant, il parviendra à exploiter pleinement le potentiel des excellents attaquants que sont Paul Kpaka et Kevin Vandenbergh. En terminant de justesse à la neuvième place, les Buffalos n'avaient nullement fait honneur à leur statut de composante du G5 en 2003-04. Ivan De Witte a eu la main heureuse en optant en faveur de Georges Leekens. Georges a toujours fait fondre très rapidement les capacités individuelles dans la collectivité. Et, ce qui ne gâte rien, la campagne de recrutement des Buffalos n'est pas négligeable : Stephen Laybutt derrière, Maâmar Mamouni dans l'entrejeu et le duo formé de Nordin Jbari et Ali Lukunku aux avant-postes. Il faudra composer avec cette équipe-là. Pour moi, les Waeslandiens se rachèteront après une saison en demi-teinte l'année dernière, même s'ils n'entrent plus en ligne de compte pour une place européenne. Les Campinois de Jan Ceulemans devraient toujours faire partie du ventre mou du classement. Pour ce faire, ils peuvent compter sur l'un des forwards les plus sous-estimés du championnat : Tosin Dosunmu. Je ne comprends pas qu'il n'ait pas suscité la convoitise des meilleurs, tout comme son compatriote Peter Odemwingie de La Louvière, d'ailleurs. Quant au Germinal Beerschot et au Lierse, ce sont deux clubs de tradition qui n'usurpent pas leur place parmi les neuf premiers du classement. Même si leur philosophie a changé. Autrefois, le Germinal faisait la part belle aux routiniers. Cette fois, c'est la vague brésilienne qui est à l'honneur chez eux. Le Lierse, lui, s'est toujours appuyé sur des produits du cru. De ce côté-là, la veine s'est épuisée quelque peu aussi. D'après moi, tous ces clubs se tiendront de très près. La différence dépendra d'abord de la concrétisation. Le passé a prouvé que lorsqu'une formation pouvait tabler sur un, voire deux attaquants performants, elle avait quand même un avantage appréciable sur les autres. Qu'est-ce qui a sauvé le Cercle Bruges la saison passée sinon la présence d'un buteur comme Jbari qui a pris 11 des 28 buts des siens à son compte. C'est une performance peu banale. Son départ risque de peser lourd même si les Vert et Noir ont accompli un effort en transférant Darko Pivaljevic et Paulus Roiha. En deuxième lieu, je citerai le doigté de l'entraîneur. Parfois une modification ou une permutation judicieuses permettent d'infléchir une rencontre. Sous cet angle, je pense disposer d'un coach qui répond à ce profil avec Emilio Ferrera. Tant à Beveren qu'au RWDM ou au Lierse, certains changements opérés par lui en cours de match s'étaient révélés extrêmement pertinents. J'ose espérer qu'il en ira de même cette saison. Enfin, un dernier élément qui peut influer sur la bonne tenue d'une phalange, c'est la rapidité de former un ensemble cohérent. Plusieurs équipes ont changé radicalement de physionomie comme Mouscron, qui se voit privé du concours de quatre valeurs sûres : Stephen Laybutt, Luigi Pieroni, Mbo Mpenza et Steve Dugardein. C'est drastique. L'année dernière, plusieurs éléments avaient déjà un vécu parmi l'élite. Nous y avons ajouté quelques renforts qualitatifs avec l'espoir de vivre une saison à l'abri de la zone rouge. Si nous réussissons, nous essayerons d'être un peu plus ambitieux la saison prochaine afin de faire partie des clubs sans problème. L'idée, c'est de pouvoir durer grâce à l'apport de ceux qui, pour le moment, jouent sous notre bannière chez les jeunes aux quatre coins de la capitale. Nous avons un réservoir de près de 4.000 éléments. Il serait malheureux que personne ne fasse la jonction avec l'équipe fanion dans ces conditions. L'avenir, de toute façon, c'est là qu'il se situe. Je respecte Beveren mais sa vision ne cadre nullement avec la mienne. Si certains Ivoiriens peuvent conférer une plus-value à un ensemble, c'est bien. Mais de là à ne jurer que par leur seul apport, non. La direction des Jaune et Bleu doit quand même se poser des questions alors que ses meilleurs éléments sont partis : Gnéri Yaya Touré, Arsène Né, Gilles Yapi Yapo, Igor Lolo. A ce train-là, le Freethiel se retrouvera bientôt exsangue. Quant à la relève belge, n'en parlons pas. Car quel parent serait donc soucieux d'inscrire son fils dans ce club, où l'on ne jure que par la main d'£uvre étrangère ? Pour moi, Beveren, c'est du suicide pur et simple... Bruno Govers" Vandereycken en quête d'un numéro 10, C'EST LE SIGNE d'une évolution " " Beveren, c'est du SUICIDE PUR ET SIMPLE "