Samedi, SilvioProto aurait pu être l'homme du match. Si AlmaniMoreira n'avait pas offert la victoire au Standard à la 82e minute, le jeune gardien des Loups aurait sauvé un point pour son équipe par quelques interventions décisives, en première mi-temps surtout. A tel point qu'il avait énervé les plus excités des supporters liégeois, massés juste derrière lui et qui l'avaient méchamment chambré. "Ce n'est pas grave", philosophe-t-il. "Il faut pouvoir passer au-dessus de cela. Le plus ennuyeux, c'est pour mes parents, qui ont dû entendre tous les noms d'oiseaux dont on m'a affublé".
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Samedi, SilvioProto aurait pu être l'homme du match. Si AlmaniMoreira n'avait pas offert la victoire au Standard à la 82e minute, le jeune gardien des Loups aurait sauvé un point pour son équipe par quelques interventions décisives, en première mi-temps surtout. A tel point qu'il avait énervé les plus excités des supporters liégeois, massés juste derrière lui et qui l'avaient méchamment chambré. "Ce n'est pas grave", philosophe-t-il. "Il faut pouvoir passer au-dessus de cela. Le plus ennuyeux, c'est pour mes parents, qui ont dû entendre tous les noms d'oiseaux dont on m'a affublé". Sa participation à la rencontre était demeurée incertaine jusqu'aux derniers instants. Liée, en réalité, au choix d' ArielJacobs, car la blessure qui l'avait obligé à faire l'impasse sur le match contre Malines, le lundi précédent, ne lui causait plus aucun souci. "La veille, à l'entraînement, j'avais contrôlé le ballon de la poitrine lors d'une passe en retrait et je l'avais dégagé du pied", se souvient-il. "En frappant, j'avais ressenti une gêne au genou gauche et, en concertation avec le médecin, j'avais préféré ne pas prendre le risque de m'aligner. Mais il n'y avait rien de grave".Après deux jours de repos, Silvio Proto était sur pied. Mais JanVan Steenberghe avait sorti le grand jeu contre Malines. Ariel Jacobs était donc placé face à un choix cornélien: titulariser Jan Van Steenberghe, qui avait brillé lors de son unique apparition, ou Silvio Proto, qui n'avait jamais démérité depuis le début de la saison? "J'avais suivi le match contre Malines depuis le petit banc, aux côtés de mes coéquipiers", poursuit ce dernier. "Jan avait livré une très bonne prestation. Il avait eu des ballons pour se mettre en évidence et les avait sortis. Si l'entraîneur avait opté pour lui pour le déplacement au Standard, je me serais incliné. Entre Jan et moi, il n'y a jamais eu de problèmes. Notre rivalité est saine et nous nous encourageons mutuellement". Une bonne leçonDurant la période de préparation, Jan Van Steenberghe et TomMeyers s'étaient relayés dans les buts de la Louvière. OlaTidman faisait toujours partie du noyau, mais Ariel Jacobs ne comptait plus trop sur lui. L'entraîneur des Loups avait toujours affirmé que le gardien numéro 1 serait, en principe, celui qui... devait encore arriver. Ce fut Silvio Proto. Après les péripéties de l'été, et le départ loupé pour l'Italie, celui-ci a été tout heureux qu'on lui ait rouvert la porte du Tivoli. "Avec le recul, j'admets que j'aurais commis une erreur en partant", concède Silvio Proto. "Il y avait eu un malentendu sur une assurance et sur d'autres détails, mais mon père et moi, nous avons sans doute réagi trop impulsivement. Je n'aime plus trop parler de cet épisode. Chacun a reconnu ses torts et cette mésaventure doit me servir de leçon. A l'avenir, je devrai y réfléchir à deux fois au lieu de prendre une décision sur un coup de tête. J'ai souvent regretté mon geste, depuis lors. J'ai eu peur, un moment, de me retrouver sans club. Et je dois rendre grâce à La Louvière d'avoir accepté de m'accueillir à nouveau. Qui a fait le premier pas? En fait, nous nous sommes mutuellement rapprochés. Le club recherchait un gardien et je recherchais un club. Je suis content que tout soit rentré dans l'ordre. Je suis encore sous contrat jusqu'en 2006. J'ai simplement repris mon contrat de la saison dernière: celui que j'avais eu l'intention de rompre. Je dois aussi remercier les équipiers et les supporters de m'avoir pardonné. Ils n'ont pas manifesté la moindre rancune à mon égard". A son retour, Silvio Proto a retrouvé une équipe qui avait subi pas mal de chambardements. "Quelques joueurs sont partis, c'est sûr, mais en réalité, il n'y a pas grand-chose de changé au niveau de la mentalité par rapport à la saison dernière. Nous formons toujours un bon groupe. Meilleur, même, que l'an passé. Autrefois, il y avait encore quelques individualités. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, tout le monde travaille pour le collectif. Et, si quelqu'un commet une erreur, personne ne lui en veut. Les autres se coupent en quatre pour essayer de la réparer".Malgré un style de jeu parfois critiqué, les résultats du début de saison sont encourageants. "Notre premier objectif était le maintien. Actuellement, cela se passe mieux que prévu. En continuant de la sorte, nous pourrons vivre un championnat tranquille. Et, qui sait, viser la première moitié du classement?D'aucuns avaient nourri des craintes au vu des nombreux départs. Elles s'avèrent non fondées. La politique de transfert de La Louvière est une réussite. MichaelKlukowski est une véritable révélation. RachidBelabed s'est également affirmé. GeorgesArts livre des prestations exemplaires. Et je ne parle que du secteur défensif, qui me concerne au premier chef ". Cette saison, Silvio Proto n'a pas dû beaucoup s'affairer. Le signe d'une bonne défense. "Parfois, je me dis que FabianCarini se trouve un peu dans la même situation. Il a peu de ballons à négocier. Et a donc rarement l'occasion de se mettre en évidence. Il doit faire son boulot, tout simplement. C'est pareil pour moi. Pour un gardien, c'est parfois plus difficile d'avoir deux ou trois ballons sur un match, plutôt que d'en avoir dix. Il convient de rester attentif. Notre défense est bien en place cette saison. Nous évoluons tantôt à cinq, tantôt à quatre derrière. Cela modifie un peu mon rôle. Lorsque l'entraîneur opte pour une défense à quatre, je dois jouer un peu plus haut, afin d'intercepter les ballons envoyés dans le dos de nos défenseurs. Mais cela ne me dérange pas. Personnellement, je trouve qu'il est moins risqué d'évoluer avec une défense à cinq, même si, d'un autre côté, avec une défense à quatre, on gagne un homme dans l'entrejeu". Corriger les erreursSilvio Proto est relativement satisfait de ses prestations en ce début de saison. "Mais je suis conscient qu'elles n'étaient pas toutes parfaites. Au Lierse, par exemple, j'ai commis une erreur en relâchant un ballon sur un corner. En d'autres circonstances, j'ai manqué de chance. Notamment à Genk, où j'ai glissé au moment de m'opposer à la frappe de WesleySonck, qui était prenable. C'est dommage, car c'était le seul but du match. Dans l'ensemble, je ne peux pas trop me plaindre. Je n'ai guère dû réaliser des prouesses, et à ce sujet, je tiens à souligner les mérites des défenseurs. Si La Louvière possède l'une des meilleures défenses du championnat, c'est aussi parce les arrières ont bien fait leur boulot. Ils ont laissé peu d'occasions à l'adversaire. En ce qui me concerne, mon objectif est de ne pas commettre d'erreur. C'est le plus important pour un gardien. Cela ne signifie pas qu'on n'encaissera pas de but, car sur certaines phases, le gardien est impuissant. Un autre objectif consiste à tendre vers plus de régularité. Lorsque j'observe FrédéricHerpoel, par exemple, je constate qu'il atteint un niveau constant tout au long de la saison. Lorsque, malgré tout, on commet une erreur, l'important est de se reconcentrer directement sur l'action suivante. Il faut surtout éviter de se prendre la tête et de douter. Si on a loupé un ballon, on aura toujours le temps d'y repenser le lendemain, à l'entraînement. C'est là qu'il faut travailler ses points faiblesen compagnie de l'entraîneur des gardiens". A La Louvière, Silvio Proto collabore avec Jean- FrançoisLecomte. "On travaille un peu tous les aspects. Je peux encore progresser dans tous les domaines. Je regarde souvent mes prestations à la télévision et je fais alors mon autocritique. Mon point fort, à mon avis, c'est le travail sur la ligne. J'observe aussi les autres gardiens. Jeudi passé, par exemple, j'ai beaucoup apprécié les deux sorties de DanielZitka face à l'attaquant de couleur de Midtjylland. D'aucuns lui reprochent le but encaissé sur un coup franc très lointain, mais la trajectoire du ballon fuit au tout dernier moment. Avec les nouveaux ballons flottants, de plus en plus légers, cela devient sans cesse plus difficile pour un gardien". Garçon, dégage!Silvio Proto n'a pas encore 20 ans. "Je les aurai le jour du dernier match de championnat, contre Mons. J'espère que l'on pourra fêter quelque chose, à cette occasion. J'ai conscience d'avoir une chance inouïe d'évoluer déjà en D1 à mon âge. Nous ne sommes que deux dans le cas, actuellement: BramVerbist, du GBA , et moi. J'ai été titularisé pour la première fois par DanielLeclercq contre La Gantoise, la saison dernière, en raison d'une blessure d'Ola Tidman. Depuis, je suis resté entre les perches. Certains me rappellent parfois que MichelPreud'homme avait débuté dans les mêmes conditions, à mon âge. Mais je n'aime pas trop ces comparaisons. Je n'ai pas encore les qualités qui étaient les siennes à l'époque. J'espère les acquérir à force de travail. Une vingtaine d'années me séparent de FilipDeWilde et de DanyVerlinden. Malgré leur âge, ils sont encore les meilleurs à leur poste. J'ai même l'impression qu'ils progressent encore. Je suis donc encore loin d'avoir atteint mon sommet. A l'étranger, j'apprécie Barthez, Toldo, Buffon et Dida. Ou encore IkerCasillas. Il a eu la chance, à mon âge, de jouer en Ligue des Champions avec le Real Madrid et de participer à la Coupe du Monde. C'est phénoménal. Je ne les considère pas comme des idoles, mais plutôt comme des modèles. La place de gardien est sans doute la plus ingrate dans une équipe de football. Si on commet une erreur, il n'y a personne derrière pour la réparer. Il faut aimer ce rôle. Personnellement, je ne pense pas que j'aurais pu faire carrière comme joueur de champ. J'ai pourtant débuté comme attaquant à Couillet. Mais l'équipe encaissait énormément de buts et plus personne ne voulait prendre place dans la cage. Je me suis sacrifié. Cela m'a plu. Lorsque j'ai capté le ballon pour la première fois, je n'ai plus voulu le lâcher. Je me souviens encore des exhortations de l'arbitre: - Garçon, dégage! Mais j'avais le ballon et j'y tenais... J'avais trouvé ma vocation. De Couillet, je suis passé à l'Olympic de Charleroi, puis à La Louvière. Je n'avais pourtant jamais osé rêver de la D1. C'est venu comme cela. On ne peut pas établir de plan de carrière". L'appétit vient en mangeant, et après avoir goûté aux sélections nationales en -18 ans, l'un des prochains objectifs de Silvio Proto est de poser sa candidature en équipe nationale Espoirs. "Je n'ai plus l'âge d'évoluer avec les -18 ans. Je dois donc viser la catégorie supérieure. Actuellement, en Espoirs, je suis devancé par CliffMardulier et JonathanBourdon. Je suis dans la position du troisième gardien. J'avais été retenu dans la présélection pour le match amical en Pologne, mais je n'avais pas fait le voyage. J'espère que mon tour viendra. Evidemment, il y a Bram Verbist également. Etre international, c'est une reconnaissance, mais pour l'instant, je me concentre sur La Louvière". Daniel Devos"A l'avenir, je n'agirai plus sur un coup de tête"