A Chelsea, l'entourage immédiat du patron milliardaire Roman Abramovitch se bat pour obtenir ses faveurs. Il y a là l'administrateur délégué Peter Kenyon, le manager José Mourinho, le super agentPini Zahavi et le directeur sportif Frank Arnesen. Bien qu'ils soient tous épanouis dans leur branche, ils sont également très conscients du fait qu'Abramovitch peut les propulser au niveau supérieur. Tout homme talentueux et ambitieux sait que son succès personnel est, en partie, dicté par les moyens mis à sa disposition. Et comme ceux d'Abramovitch semblent sans limite, chacun a tout intérêt à gagner et à conserver l'affection du Russe.
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A Chelsea, l'entourage immédiat du patron milliardaire Roman Abramovitch se bat pour obtenir ses faveurs. Il y a là l'administrateur délégué Peter Kenyon, le manager José Mourinho, le super agentPini Zahavi et le directeur sportif Frank Arnesen. Bien qu'ils soient tous épanouis dans leur branche, ils sont également très conscients du fait qu'Abramovitch peut les propulser au niveau supérieur. Tout homme talentueux et ambitieux sait que son succès personnel est, en partie, dicté par les moyens mis à sa disposition. Et comme ceux d'Abramovitch semblent sans limite, chacun a tout intérêt à gagner et à conserver l'affection du Russe. Pour bien comprendre la situation, il faut essayer de savoir ce qu'Abramovitch cherchait lorsqu'il a repris le club. Si son seul objectif était de remporter des trophées, il a largement réussi. S'il voulait prouver qu'un homme peut arriver de l'extérieur avec beaucoup d'argent et s'entourer des plus grands experts en football, il a également atteint son but. Mais s'il cherchait quelque chose d'autre ? Ou si, après quatre ans, d'autres priorités avaient surgi : s'amuser, avoir de grands noms dans son équipe ou être apprécié par d'autres personnes que les fans de Chelsea. Ce sont des questions légitimes et, vu sous cet angle, on peut dire que Mourinho ne répond pas à l'attente. Le Portugais a fait de Chelsea un club à part mais qui n'a rien à voir avec le dream team de Johan Cruijff à Barcelone, le Milan d' Arrigo Sacchi ou les Galactiques de Vicente Del Bosque. Hormis Michael Ballack et Andriy Shevchenko -dont on dit généralement que leur arrivée était la volonté du club et non celle du manager- Mourinho a opté pour des valeurs montantes plutôt que pour des superstars. Quant à la popularité... Certains prétendent que les équipes qui gagnent tout sont souvent impopulaires et c'est en partie vrai. Mais l'histoire est aussi remplie de grands clubs admirés par leurs adversaires et les médias. Le franc parler et les attitudes de Mourinho, en revanche, sont stigmatisés par la presse et cela retombe inévitablement sur le club et sur son propriétaire. On peut évidemment réfuter cet argument et voir cela de la perspective de Mourinho. Jusqu'ici, aucun jeune coach n'a connu la même réussite que lui -12 trophées en moins de 6 ans. Il n'a plus rien à prouver à personne mais il peut avoir envie de relever un nouveau défi. Notamment si, comme on l'a dit, il sent que l'ambiance au niveau de la direction est en train de changer et que les priorités d'Abramovitch sont différentes. Vient ensuite la question du contrôle. Mourinho a toujours affirmé clairement qu'à Stamford Bridge, son influence se limitait strictement au noyau de l'équipe Première. Il n'est pas le super boss qui a une vue sur tous les aspects du club comme Sir Alex Ferguson à Manchester Utd ou Arsène Wenger à Arsenal. Arnesen s'occupe des jeunes (et la ligne de démarcation entre lui et Mourinho est très marquée). Zahavi négocie pratiquement tous les transferts de Chelsea et Kenyon s'est révélé l'été dernier comme l'oreille d'Abramovitch, celui qui détermine l'achat de grands joueurs. Cela ne risque-t-il pas d'inciter Mourinho à aller voir ailleurs ? Au club, il y a un bout de temps qu'on sait que ce risque existe. Lorsque Kenyon est arrivé, on lui a donné pour mission de faire de Chelsea un club capable de remporter des trophées chaque année, quel que soit le manager. Arnesen, qui présente des états de service exceptionnels en matière de recherche et de formation des jeunes, a été engagé pour faciliter cette recherche de l'autonomie en faisant de Chelsea un ensemble homogène de talent tel qu'on le voit à Barcelone, à Arsenal ou au PSV Eindhoven. Grâce à cela, Chelsea doit être capable de gagner sans Mourinho et c'est ce qui explique que ce dernier n'est pas aussi puissant que Ferguson ou Wenger. Chelsea a un plan B dont le Portugais ne fait pas partie. Et puis, il y a Zahavi. Bien qu'il ne soit pas directement employé par Chelsea, il est l'un des hommes qu'Abramovitch connaissait avant de s'impliquer et en qui il avait confiance. Son boulot consiste à trouver des arrangements et il est jugé sur sa façon d'amener les meilleurs joueurs au prix le plus juste. Evidemment, avant de dire que les choses sont terminées pour Mourinho, il faut savoir ce qu'Abramovitch recherche encore en cette fin de saison. En tout cas, s'il ne remporte pas la Ligue des Champions avec style (ce qui est encore possible), le Russe n'aura pas atteint ses objectifs. Et alors, cela risque de grenouiller en interne. Vont-ils se flinguer mutuellement lorsque Abramovitch cherchera des réponses à des questions évidentes ? Du style : -Qui a dit que c'était une bonne idée de n'entamer la saison qu'avec trois défenseurs centraux ?, Qui a laissé partir William Gallas ?, Pourquoi plus de jeunes n'ont-ils pas percé ? Chelsea a-t-il dépensé trop d'argent pour Ballack et Shevchenko ? Chelsea est-il pénalisé sur le terrain et commercialement par sa mauvaise image ?Il est difficile de prévoir ce qui va se passer. Mais il ne serait pas étonnant que Mourinho en ait marre et relève un nouveau challenge ailleurs. par gabriele marcotti (esm) - photo: reuters