Pour le Standard, " l'année d'après ", c'est celle qui suit ce titre tellement attendu. Un titre qu'il faudra confirmer. Le jeune capitaine des Rouches, Steven Defour, l'envisage d'un bon £il. La Supercoupe samedi passé, la venue de Liverpool ce soir, le déplacement au FC Dender samedi prochain : la saison 2008-2009 est lancée !
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Pour le Standard, " l'année d'après ", c'est celle qui suit ce titre tellement attendu. Un titre qu'il faudra confirmer. Le jeune capitaine des Rouches, Steven Defour, l'envisage d'un bon £il. La Supercoupe samedi passé, la venue de Liverpool ce soir, le déplacement au FC Dender samedi prochain : la saison 2008-2009 est lancée ! StevenDefour : Il faudra s'habituer à jouer trois matches par semaine. Pour ce faire, le noyau a été étoffé, tant qualitativement que quantitativement. On est plus fort que l'an passé. Les arrivées de Wilfried Dalmat, de Benjamin Nicaise et tout récemment de Léon Benko vont nous conférer des atouts supplémentaires, j'en suis persuadé. On a désormais des solutions en cas de blessures ou de suspensions. Personne ne peut le dire, mais je constate qu'à un moment donné, il avait fallu opérer un choix entre la Coupe de Belgique et le championnat. On n'a pas déposé les armes en Coupe, mais on peut supposer que, si la demi-finale retour à Gand n'avait pas été programmée quatre jours avant le match de championnat contre Anderlecht, la composition de l'équipe aurait été différente. Personne ne crache sur une finale de Coupe de Belgique, mais à choisir, il est clair que la reconquête du titre après 25 ans de disette était plus importante. On a fait le bon choix en sacrifiant plus ou moins la Coupe. Cela dit, j'estime que ce n'est pas à Gand, mais lors du match aller à Sclessin, qu'on a loupé l'accession à la finale. Le marquoir affichait 2-0 après une demi-heure. Au vu des occasions qu'on s'est créées, on aurait dû assurer la qualification avant même le match retour. Au départ d'une saison, on s'engage toujours à lutter sur les trois tableaux. Ce sont les événements qui, au fil de la saison, déterminent si l'on se focalisera plutôt sur tel ou tel objectif. Cette fois, on sera peut-être amené à se concentrer davantage sur la Coupe et à délaisser un peu le championnat, qui sait ? Ce sont des clichés. L'an passé, on affirmait que ce serait difficile d'être champion parce que le Standard échouait systématiquement depuis 24 ans. Cette année, on affirme que ce sera difficile parce qu'il faudra confirmer le titre conquis la saison dernière. Au niveau de la pression, je pense que le cap le plus dur a été franchi il y a quelques mois. Les supporters attendaient cette consécration depuis si longtemps que, lorsqu'on a pris dix points d'avance sur Anderlecht, on a eu peur d'échouer alors qu'on touchait au but. A ce moment-là, on a vraiment ressenti la pression. Cette saison, je n'irai pas jusqu'à dire qu'on jouera plus libéré, mais je ne crains pas la pression. Favori, vous trouvez ? Je constate que, malgré le titre récemment conquis, les gens extérieurs au club restent sceptiques à notre égard. Peu d'entre eux nous croient capables de renouveler ce titre. Bien sûr. Je vous rappelle que, l'an passé, un journal avait demandé aux 18 capitaines de donner leur pronostic. J'avais été le seul à donner le pronostic exact : Standard champion, Brussels et Saint-Trond en D2. Standard champion. Euh... Chacun sait que cinq équipes seront particulièrement concernées. ( ilrit) Comprenez-moi, je ne veux vexer personne. Il y a peut-être, parmi ces équipes, des adversaires qu'on devra rencontrer en tout début de compétition. J'avais lu dans la presse que Preud'homme annoncerait sa décision le matin même. Juste avant sa conférence de presse, il m'a téléphoné. Un peu déçu, bien sûr. Mais je conçois que, dans une carrière d'entraîneur comme de joueur, on est parfois amené à prendre des décisions difficiles. A se montrer égoïste aussi, en regardant d'abord ce qui est le mieux pour soi-même. Il ne m'appartient pas de juger sa décision. S'il a opté pour Gand, il doit avoir de bonnes raisons. Que ce soit la durée du contrat, l'intérêt d'un projet ou autre chose. Je suis évidemment flatté qu'il m'ait informé en priorité, mais je n'en suis pas autrement surpris. On avait noué une relation très forte. Il avait confiance en moi et c'était réciproque. C'est lui qui m'avait promu capitaine, et à ce titre, j'officiais comme lien entre lui et les joueurs. Il était logique, dès lors, qu'il me charge de communiquer sa décision au reste du groupe. Il m'a demandé de féliciter tout le monde pour les deux années passées ensemble et de remercier les joueurs pour leur collaboration. Non, pas du tout. Je joue pour le Standard, pas pour Preud'homme... même si je l'apprécie énormément. Les entraînements, avec Bölöni, se déroulent la plupart du temps avec ballon. Il veut améliorer la qualité technique de l'équipe, insiste pour que l'on joue au sol. Preud'homme travaillait davantage la tactique, déjà en période de préparation, en insistant sur le jeu de position. Bölöni s'est contenté, jusqu'à présent, de tracer les grandes lignes de ses schémas tactiques. Je vois où il veut en venir, mais on n'a pas encore abordé ces points-là en profondeur. Ce qui est sûr, c'est que Bölöni voit plus loin que le niveau du championnat de Belgique. Il a une certaine vision du football, que les joueurs apprécient beaucoup. Il faut replacer certaines sautes d'humeur dans leur contexte. En préparation, tout le monde est fatigué. Il est normal qu'on râle de temps en temps. L'an passé, le ciel n'avait pas été d'un bleu azur tout au long de la préparation non plus. Cela se passe bien pour l'instant, c'est tout ce que je peux dire. On en est encore au tout début de notre collaboration. Mais je tiens à rappeler que, si l'on parle aujourd'hui d'une relation très forte entre Preud'homme et moi, Michel ne m'a pas toujours déroulé le tapis rouge. Je me souviens que, lorsque Johan Boskamp a été viré, sa première décision avait été de me... reléguer sur le banc. A raison, car je n'étais pas au mieux de ma forme. Je jouais souvent sur le flanc droit, un poste que je n'apprécie pas outre mesure. J'ai traversé une période difficile. Puis, je me suis résolu à évacuer toute la pression qui pesait sur mes épaules, liée à toutes les péripéties qui ont émaillé mon transfert, à toute l'attente que le Standard avait fondée en moi. Je me suis dit : - Steven, à partir de maintenant, tu t'entraînes et tu ne penses à rien d'autre, on verra bien ce qu'il adviendra ! J'ai décollé. Depuis lors, je n'ai cessé de progresser. J'espère que Bölöni me fera encore davantage progresser. Je n'ai jamais douté de la confiance du Standard à mon égard. J'en veux pour preuve le nouveau contrat qui m'a été proposé. Le club n'était pas obligé de le faire, puisque j'étais toujours lié jusqu'à 2011, mais on m'a malgré tout proposé une prolongation, à des conditions financières revues à la hausse. Je considère cela comme une récompense, à la fois pour mes prestations, mais aussi pour mon investissement à l'égard du club. Je n'en sais rien. Il faut poser la question à Luciano D'Onofrio. Si j'estime que je peux effectuer un pas en avant, je n'hésiterai pas. Mais je dois être sûr, pour cela, d'avoir réalisé assez de progrès pour pouvoir tenir ma place dans un bon club étranger. Luciano m'a dit qu'il valait mieux que je reste encore un an... Il connaît très bien le football, et en particulier le football européen. Il est capable de dire si un joueur a les capacités nécessaires ou pas. On verra à ce moment-là. J'aurais dû dire : - IlvautmieuxquejeresteencoreAUMOINSunan ! Ce sera peut-être deux ou trois ans. J'aurais déjà pu partir à l'étranger cette année, si je l'avais voulu. Je suis resté. Je l'ignore. J'estimais, effectivement, que c'était exagéré. Aujourd'hui, il faut tenir compte de l'évolution du marché des transferts, de la loi de l'offre et de la demande. J'ai progressé, aussi. Lorsque j'ai débuté en D1 avec Genk, je courais partout, comme un chien fou. En débarquant à Sclessin, j'ai dû m'adapter au style de jeu du Standard. Cela a pris un peu de temps, mais j'y suis parvenu, puisque l'on m'a confié le brassard de capitaine. C'était une responsabilité supplémentaire, dont j'ai su - et quoi que je le dise moi-même - me montrer digne. Je suis devenu l'un des leaders du Standard. L'étape supplémentaire, ce sera de marquer davantage et de délivrer plus d'assists. Je peux comprendre ces critiques. Les statistiques sont là, elles ne mentent pas. Mais il faut savoir pourquoi je marquais aussi peu et délivrais aussi peu d'assists. Les journalistes ne connaissent pas toujours les consignes données par le coach. La saison dernière, mon rôle était de faire tourner l'équipe en jouant plus bas que la position à laquelle j'étais habituée. Lorsque Marouane Fellaini montait, ce qu'il faisait souvent, je devais le couvrir. En jouant loin du but, c'est difficile de marquer. Je pense avoir délivré de bonnes passes, mais que mes partenaires n'ont pas directement converties en but. Je ne m'en formalise pas. Si l'entraîneur s'estime satisfait de mes prestations, cela me suffit. Bölöni va, je pense, me demander de jouer plus haut. On est donc en droit d'attendre davantage de buts et d'assists de ma part. La saison dernière, déjà, on avait souvent essayé de bien jouer au football. On a seulement procédé par de longs ballons lorsqu'on ne trouvait pas la solution autrement. C'était une flèche supplémentaire à notre arc, je ne comprends pas du tout pourquoi on nous fait constamment ce reproche. Etre capable d'évoluer dans différents styles de jeu, c'est une force, non ? Il n'y a pas que moi. Milan Jovanovic, pour ne citer que lui, est aussi un joueur technique qui apprécie le jeu au sol. Axel Witsel, Marcos, Dante : ce sont aussi des joueurs techniques, non ? Mais cela n'empêche pas d'encore jouer avec le c£ur et d'aller au duel avec enthousiasme. Non. C'était déjà un peu la même histoire l'an passé. Finalement, il est resté. Puis, est survenu son problème aux abdominaux. Et l'incertitude liée à l'opération : devra-t-il passer sur le billard ou pas ? Aujourd'hui, je ne peux dire qu'une chose : s'il reste, ce sera tout profit pour le Standard. S'il part, il faudra lui trouver un remplaçant. Ce ne sera pas facile, mais je fais confiance aux dirigeants pour cela. Non, pourquoi ? La saison dernière, Milan n'a pas joué tous les matches. Et lorsqu'il jouait, il n'était pas toujours à 100 %. Cela n'a pas empêché le Standard d'être champion. Tout le monde est important, mais personne n'est indispensable. par daniel devos - photos: reporters/ hamers