"En 2010-11, le Standard a vécu une aventure unique ", explique le back gauche des Rouches. " A mon avis, il faudra patienter longtemps avant qu'un club réussisse un tel parcours : qualification difficile pour les PO1, série de 10 matches sans défaite, titre qui nous file entre les doigts à cause de la blessure de Mehdi Carcela, succès en finale de la Coupe. Depuis, tout le monde a accompli un énorme travail de reconstruction. Nous avons progressé à grands pas et notre formation fera très mal dans deux ou trois ans. Après Hanovre, certains ont cru que le Standard était sur le point de mettre genou à terre. Et non, ce ne fut pas le cas. On ne juge pas une équipe sur un match. C'était oublier le chemin parcouru et ignorer nos potentialités. Le monde extérieur a exercé une forte pression, c'est normal, et nous avons su répondre par deux succès consécutifs, contre OHL et à Malines où rien n'est jamais simple. Je savais que nous en étions capables, même après un coup dur. Il était important d'à nouveau le prouver avant de se lancer dans les PO1. "
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"En 2010-11, le Standard a vécu une aventure unique ", explique le back gauche des Rouches. " A mon avis, il faudra patienter longtemps avant qu'un club réussisse un tel parcours : qualification difficile pour les PO1, série de 10 matches sans défaite, titre qui nous file entre les doigts à cause de la blessure de Mehdi Carcela, succès en finale de la Coupe. Depuis, tout le monde a accompli un énorme travail de reconstruction. Nous avons progressé à grands pas et notre formation fera très mal dans deux ou trois ans. Après Hanovre, certains ont cru que le Standard était sur le point de mettre genou à terre. Et non, ce ne fut pas le cas. On ne juge pas une équipe sur un match. C'était oublier le chemin parcouru et ignorer nos potentialités. Le monde extérieur a exercé une forte pression, c'est normal, et nous avons su répondre par deux succès consécutifs, contre OHL et à Malines où rien n'est jamais simple. Je savais que nous en étions capables, même après un coup dur. Il était important d'à nouveau le prouver avant de se lancer dans les PO1. "Sébastien Pocognoli : En ce qui me concerne, c'est simple : le Standard doit viser un billet européen pour la saison prochaine. Cet objectif est à notre portée. En huitièmes de finale de l'Europa League, il n'y avait plus qu'un club belge en lice, le Standard. Je ne dis pas que le niveau européen des autres clubs des PO1 est inférieur mais, c'est un fait, le Standard est arrivé à ce stade, les autres pas. Et, avec le recul, j'estime plus que jamais que Hanovre était à prendre. Nous avons vécu une entame délicate en Allemagne mais c'est à Sclessin que Hanovre aurait dû perdre ses illusions. Cette mésaventure nous rendra peut-être service durant les PO1. Tout à fait, il était important de tourner le bouton, de tout faire pour transformer un résultat négatif en réaction positive pour repartir tout de suite du bon pied. Le Standard a su réagir, faire le gros dos et rassembler ses énergies Le travail qui se cache derrière tout cela a payé. J'estime que c'est un acquis, la garantie d'un mental de qualité et cela comptera dans les PO1. Quand on a eu une longue aventure européenne, c'est forcément un plus. Malgré cela, je considère qu'Anderlecht reste le grand favori même s'il semble éprouver quelques doutes si j'en crois la presse... Je ne sais pas, je lis la presse. Une forme de crainte peut-être après avoir affirmé haut et fort que le titre est plus que jamais leur unique ambition avec, ce qui importe le plus : une qualification directe pour les poules de la Ligue des Champions. La direction a tout de suite placé la barre très haut en achetant du talent en été. Et on va entamer le sprint final. Malgré cette inquiétude, personne ne possède un effectif aussi complet en Belgique. Une équipe qui peut compter sur Suarez, Mbokani, Jovanovic et Gillet est susceptible de forcer la différence à chaque instant. Anderlecht est au-dessus du lot. Ses attaquants passent souvent d'un côté du terrain à l'autre. Ces nombreux changements de position ne constituent pas réellement un problème pour une défense qui communique bien. Par contre, ils sont capables de surprendre tout le monde sur un éclair de classe individuelle. Si ces joueurs-là sont motivés et ont envie de mettre la gomme, on ne fait pas mieux en D1. Mais je retiens quand même un détail qui a son importance : à Sclessin, lors de la phase classique du championnat, nous leur avons posé des problèmes. Moi, j'y puise aussi de la confiance pour les PO1. Si Anderlecht a tout pour survoler les débats, il ne sera pas seul. Le titre ne devrait pas lui échapper mais les autres existent aussi... Je comprends. L'écart a été divisé par deux. La forme du moment joue un grand rôle dans les PO1. Nous l'avons prouvé la saison passée. Des joueurs comme Refaelov et Vazquez ont trouvé leurs marques. Cela fait du bien à Bruges qui sait profiter de la moindre erreur de ses adversaires, s'accrocher et préserver un résultat. Je ne pense cependant pas que le Club soit capable d'inquiéter Anderlecht. Personnellement, je préférais me mesurer au Club Bruges d'Adrie Koster : ça, c'était du football. Avec Daum, cette équipe a appliqué une espèce de 5-3-2 chez nous. Je comprends la déception du coach allemand quand il a appris le départ de Dirar pour Monaco. Nabil appartient à la précieuse catégorie de joueurs qui sont capables de trouver une ouverture alors que tout est bouclé à double tour. Oui, beaucoup d'équipes se valent. Gand a un système tactique bien rôdé. Chacun connaît son rôle à la perfection dans le système mis au point par Trond Sollied. Cette présence dans les PO1 est une confirmation pour Gand. Cette équipe m'avait déjà fait forte impression la saison passée avant de s'écrouler dans les PO1. Gand a certainement retenu les leçons et cet effectif soudé, avec un bon mix entre des jeunes et des gars qui font le métier depuis longtemps, peut réussir un bon parcours. Mais si je dois désigner un challenger inattendu, ce ne sera pas Gand... Tout à fait. Si une équipe est susceptible d'imiter la chevauchée du Standard en 2010-11, c'est Genk. Les Limbourgeois se sont qualifiés dans la difficulté, au bout du bout de la dernière journée de la phase classique du championnat. Mais cette équipe déborde de talents, surtout dans son secteur offensif et elle est capable d'élever brutalement son niveau de jeu. Il y a de la qualité et je ne songe pas seulement à Kevin De Bruyne. Les autres sont là aussi et leur réaction tardive a peut-être constitué un déclic. Et il y a ce stade aussi où il n'est jamais facile de gagner. Quand je pense à tout ce que nous y avons vécu en fin 2010-2011. J'ai beaucoup de regrets. Thibaut Courtois a été génial mais c'est la terrible blessure de Carcela qui a fait basculer le cours de l'histoire. Ce soir-là, je n'ai pas l'impression que nous avons disputé un match. Il y en a eu plusieurs en 90 minutes : avant l'accident, après l'évacuation de Mehdi, le 0-1, le début de la deuxième mi-temps, le 1-1, les exploits de Courtois, etc. Les données se succédaient comme si chaque séquence constituait un nouveau match, c'était très étrange. Un an plus tard, je me dis encore qu'avec Mehdi, on aurait gagné le titre. C'était un truc unique, on ne verra plus un tel scénario. Le Standard a été meilleur que Genk lors des PO1 2010-2011. Non, je trouve que c'est sympathique et mérité. Son entraîneur Hein Vanhaezebrouck a su souder le puzzle que sa direction lui a offert en été. Cette équipe s'appuie sur un jeu positif. L'ambiance est excellente : c'est souvent le grand secret des clubs moins huppés qui suscitent la surprise. Pour Courtrai, c'est du bonus, la preuve, comme en Coupe, qu'on peut aller loin en bossant dans l'enthousiasme. Evidemment mais ce Standard a un atout important : le calme. Et ce n'est pas le fruit du hasard. A la reprise des entraînements en été, je me suis posé des questions. Le coach n'avait pas encore été désigné et il y avait 12 joueurs dont trois avaient les idées ailleurs. Là, je me suis demandé ce qui nous attendait. Puis José Riga s'est installé avec son staff et leur projet a vite été compris et partagé par le vestiaire. Tout le monde est concerné et c'est ce qui permet de trouver des solutions. Ce n'est pas un secret : Cyriac est important avec, entre autres, sa détente de basketteur. C'est quand il est revenu de blessure en début de saison que le Standard a pu appliquer le système qui lui convient le mieux, le 4-4-2 avec le duo Cyriac-Mémé Tchité en pointe. Leur complémentarité est tellement évidente. Mémé a besoin de sérénité pour bien fonctionner. C'est une forte personnalité. Je suis heureux qu'il soit resté en janvier. Je le lui avais demandé : -Mémé, si tu joues bien durant les six prochains mois, tu trouveras facilement un grand club. Quand il y a un problème, le groupe a des ressources. Sans Cyriac, ce ne sera pas simple mais il y a Batshuayi. Michy est jeune et doit saisir sa chance. A son âge, c'est le bonheur de jouer qui doit l'emporter sur tout. Il faut arrêter de déjà le transférer dans de grands clubs européens. C'est inutile et on ne lui rend pas service. Tout à fait. Il est impressionnant mais encore irrégulier. Son début de saison n'a pas été facile. Michy a été remplacé à la mi-temps de notre premier match de championnat, à Mons. Dans les semaines qui ont suivi, j'ai vu qu'il se tapait des tours de terrain en plus, s'appliquait à l'entraînement. Cela en dit beaucoup sur sa motivation. J'ai vu passer pas mal de jeunes talents, ici ou à l'AZ, et je peux vous le certifier : Michy est un futur grand attaquant. Il n'a que 18 ans mais quand il a le ballon dans les pieds, difficile de le lui prendre. C'est une bonne alternative pour Cyriac qui n'a pas été le seul blessé ou absent de la saison. Je ne comprends pas tous ces débats à propos de la meilleure place de Jelle. Elle se trouve sur l'aile et moins dans l'axe où il peut cependant rendre des services. A gauche, Van Damme déborde, laisse libre cours à un formidable tempérament qui plaît tant au public. Jelle revient et, dans son cas aussi, Riga a trouvé les réponses dans l'effectif. A d'autres moments, cette ligne médiane a dû se passer aussi de Bia et Seijas qui apportaient des idées. Vainqueur est une trouvaille. Il a eu un petit creux car lui aussi doit apprendre à gérer et digérer une grosse quantité de matches. C'est nouveau pour lui et pour d'autres. Tout à fait : qui peut en douter ? Cela dit, tout s'est mis en place autour de William. Il y a Van Damme mais je pense aussi à la force de travail de Yoni Buyens ou à la disponibilité de Belhocine. Dommage les pépins de Nacho Gonzalez car son registre technique est magnifique. Gakpé a vite trouvé ses marques chez nous. Il enrichit le jeu et peut apporter plus d'une solution. A Malines, par exemple, Riga a mis plusieurs joueurs au repos en vue des PO1 et a procédé à des essais intéressants, notamment pour résoudre le problème de l'absence de Cyriac. Le Standard a été positionné en 4-4-2 et même plus précisément en 4-4-1-1 avec Gakpé en soutien de l'attaquant de pointe : très intéressant. Pourquoi pas ? La stratégie de base, c'est le 4-4-2. Mais Riga a parfois surpris l'adversaire en sortant un 4-3-3 comme contre Louvain. Un effectif qui a plus d'une arme dans son arsenal tactique est plus difficile à cerner par l'adversaire. C'est pas mal quand on songe aux nombreux départs et arrivées notés au Standard. Oui. Si Nacho n'avait pas eu toute cette poisse, personne ne parlerait plus de Berrier. J'espère que Nacho sera d'attaque pour les PO1 : ce serait très bien pour nous. Bon, on les a remplacés, c'est comme cela le foot. Je regrette surtout le départ de Leye. Je m'entendais bien avec Mbaye. C'est une très belle personnalité. Leye n'a jamais rien fait de mal et a travaillé dur jusqu'au bout de sa présence chez nous. Il a tourné la page sans faire d'éclats. Non, ce n'est pas du tout la même chose. L'équipe mûrit mais il y a encore du chemin à parcourir. L'équipe de la saison ne s'était pas mise en place du jour au lendemain. Elle a aussi traversé des trous d'air avant d'être capable de forger la différence quand elle le voulait, ou presque, ce qui lui permettait parfois de s'épargner. Nous pouvons être fiers du parcours accompli jusqu'à présent. Quand on analyse tout ce qui s'est déjà passé, malgré un programme très chargé, c'est magnifique. A mon avis, c'est un début et il faudra encore un ou deux ans avant que cette équipe n'arrive à son apogée. Et cela passera forcément par des renforts en été. Tout cela prend du temps. Quand on regarde dans le rétro, le premier mois de la saison semble appartenir à une autre époque. Je me dis que tout va vite, si vite... On peut dire cela : le Standard actuel se concentre plus sur la possession du ballon quand c'est possible. Je me souviens d'une séance d'entraînement en début de saison : une catastrophe, pas moyen de garder le ballon. Je peux vous dire que le niveau est bien plus élevé qu'il y a quelques mois. Nous travaillons plus sur de petits espaces alors qu'avant, on se concentrait d'avantage sur le jeu long et profond. Je préfère le style actuel que je connais bien. On joue comme cela aux Pays-Bas. Quand on donne la priorité au jeu court, on touche plus le ballon, il faut réfléchir, agir vite et un footballeur y trouve plus son compte. Le coach a sa vision de la politique des jeunes, du club, du style de jeu. Il force le respect d'une manière très naturelle. Riga trouve les mots justes et est direct. Son discours est cohérent et il donne une chance à ceux qui le méritent. Le dialogue est riche. J'apprécie. Mais lui aussi a besoin de temps. On ne peut pas juger la qualité de son travail après quelques mois. Il a en tout cas déjà mis du solide en place. C'est faux. J'ai eu des offres de clubs dont j'ignore si ça aurait été un bon choix ou pas. Je voulais savoir ce qui allait se passer au Standard. Et quand je partirai, ce sera au bon moment, quand j'aurai le sentiment d'avoir tout donné à mon club. En 2010-2011, j'ai réalisé de bons PO1 mais je n'ai pas encore concrétisé mes ambitions depuis mon retour des Pays-Bas. Je sens bien que le public m'apprécie. Je peux encore progresser de 20 %. Cela demande encore plus de travail et ce n'est pas facile avec un agenda aussi chargé. Non. Il est très discret comme Luciano D'Onofrio l'était aussi, d'ailleurs. Roland Duchâtelet est venu deux fois dans notre vestiaire. La première, c'était pour se présenter. Et puis, plus tard, pour nous encourager. Je le croise parfois dans les corridors après un match. Il demande toujours des nouvelles. C'est un président très humain. Il sait que les attentes sont bien plus élevées au Standard qu'à Saint-Trond. Il faudra investir cet été, transférer des joueurs et cela se fera... PAR PIERRE BILIC ET MATTHIAS STOCKMANS" Avec Suarez, Mbokani, Jova et Gillet, tu peux faire la différence à chaque instant. " " Même si Riga a parfois surpris en sortant un 4-3-3, la base, c'est le 4-4-2. "