Les fédérations nationales, la FIFA et l'UEFA continuent d'organiser des rencontres disproportionnées, que ce soit pour les coupes nationales ou les matches qualificatifs pour les coupes du monde ou les coupes continentales pour équipes nationales.
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Les fédérations nationales, la FIFA et l'UEFA continuent d'organiser des rencontres disproportionnées, que ce soit pour les coupes nationales ou les matches qualificatifs pour les coupes du monde ou les coupes continentales pour équipes nationales. Par contre, l'UEFA a supprimé au niveau des coupes d'Europe des clubs ces confrontations entre petits et grands. C'est profondément dommage que des clubs de pays footballistiquement défavorisés ne puissent plus rencontrer la Juventus, Manchester ou le Real. Et ce pour trois raisons: Primo, la fierté de tout un club (joueurs, entraîneurs, dirigeants) de rencontrer des grandes stars internationales. Secundo, offrir aux supporters de ce club voir même du pays tout entier la possibilité de voir évoluer en live ces grands joueurs. Tertio, la capacité à voir ce club boucler son budget quasiment pour une saison complète sur un seul match.Un fossé financierMalheureusement, l'UEFA a choisi de doter de primes conséquentes les clubs participants aux coupes d'Europe depuis l'instauration du nouveau système de la Ligue des Champions. Le fossé financier entre les grands d'Europe et les petits se creuse de manière irréversible au détriment des petites nations du football. Ayant eu la chance de rencontrer, il y a presque vingt ans, la Juventus avec neuf champions du monde plus Platini et Boniek, je regrette pour les footballeurs de la génération actuelle évoluant dans des clubs moyens de D1 belge qu'il leur soit impossible d'encore rencontrer des footballeurs de ce niveau (à l'exception d'un match amical ou peut-être les stars ne seront pas alignées). D'un point de vue tactique, ces matches face à des équipes beaucoup moins fortes, ne sont pas dénuées d'intérêt car trouver les solutions contre une équipe certes plus limitée mais se retranchant devant son but et dont la motivation est décuplée par la possibilité de réaliser l'exploit de sa vie, n'est pas toujours chose aisée.Obligations tactiquesIl faut penser aux choses suivantes : -Faire preuve de patience dans ces circonstances n'est pas toujours évident si le score n'évolue pas très vite en faveur du favori. -Se désorganiser en jouant toutes voiles dehors est le piège à éviter car prendre un but en contre équivaudrait à se compliquer la tâche et a décupler les forces de l'adversaire. -Procéder par les flancs sera la meilleur chose à faire pour tenter d'écarteler cette défense renforcée. -L'équipe dominatrice aura d'autant plus de facilités à faire sauter le verrou si elle possède en ses rangs des joueurs capables de faire la différence individuellement et aussi une grosse présence dans les seize mètres adverses avec des joueurs aptes à finir une action notamment dans le jeu aérien. -L'état d'esprit sera également un atout déterminant pour réussir le résultat que tout le monde attend car prendre l'adversaire de haut n'aura que des conséquences néfastes sur le résultat.Riches trop vite?L'abondance des matches fait que les noyaux des grands clubs sont de plus en plus quantitatifs. Certains joueurs ne jouent jamais et empochent des sommes démesurées pour des joueurs ne prestant pas. Cela est tout à fait impossible dans une discipline individuelle. L'argent ne doit pas ôter l'envie de se battre et d'obtenir des résultats. Il existe aujourd'hui des joueurs de 22 ans ayant joué quinze matches de D1 qui sont à l'abri financièrement jusqu'à la fin de leurs jours. Est-ce normal? Chacun vit à son époque, mais laissons aux joueurs le temps de faire leurs preuves et de se battre pour obtenir un certain statut financier plutôt que de leur offrir des contrats mirobolants dès l'aube de leur carrière. J'ai une pensée pour les joueurs amateurs de l'élite des petits pays qui travaillent la journée puis s'adonnent à leur passion, pour de modiques sommes, le soir. En leur ôtant la possibilité de rencontrer certaines grandes équipes en coupe d'Europe, on leur enlève la cerise sur le gâteau... qui n'a rien à voir avec l'argent.Etienne Delangre