Avant la trêve hivernale, sur Canal+, Georges Leekens a fait part de son admiration pour Ivica Dragutinovic. " C'est un des meilleurs défenseurs du moment en Belgique ", a affirmé l'entraîneur de Mouscron. " En dehors du terrain, Ivica est un homme charmant, calme et bien éduqué. Sur la pelouse, il se mue en bloc de granit, en vainqueur qui entraîne le reste de l'équipe dans son sillage, à un niveau supérieur. J'aime ce type de joueurs ".

Ces derniers mois, l'international serbe est le moteur d'un Standard très performant avec Almani Moreira Da Silva et Emile Mpenza. Dragutinovic, qui avait déclaré la guerre au vedettariat qui a miné l'ambiance à Sclessin pendant des années (" Il faut se débarrasser de ces serpents ", avait-il dit) semble constituer le représentant idéal de l'équipe vis-à-vis de la presse et des supporters fanatiques des Rouches.

Il est l'homme de confiance du triumvirat Luciano D'Onofrio- Pierre François- Michel Preud'homme et détermine la température du vestiaire. L'année dernière, il avait cependant fallu plus de deux mois pour qu'il prolonge son contrat jusqu'en 2006 :" C'est une stratégie. Je veux obtenir le maximum de ma carrière et je veux un club qui nourrisse les mêmes ambitions que moi. Le Standard est un grand club belge, que son statut oblige à terminer dans le top trois chaque saison. C'est pour ça que je n'ai pas demandé seulement des garanties sportives mais aussi personnelles ".

Gardien de ce vent nouveau, il veut brider tout optimisme exagéré, toute euphorie. Il préfère employer un langage réaliste, même s'il rêve de Ligue des Champions, pour la saison prochaine...

" Nous avons abordé la trêve hivernale avec un sentiment positif. On reparle du Standard en termes élogieux. Avec Beveren, nous avons produit le football le plus attractif de la D1. Ça fait plaisir, surtout après toutes ces années de tourments. Nous jouons et nous pensons à nouveau en équipe. Nous nous sommes créé beaucoup d'occasions de but et nous avons la meilleure défense du premier tour, ce qui veut dire que nous reformons un véritable bloc. Chacun s'entraîne avec plaisir ".

Vrais renforts

Le puzzle se complète bien parce que la direction a rapidement pallié les manques : " Roberto Bisconti est idéal pour récupérer le ballon dans l'entrejeu. Grâce à son abattage, Moreira et Emile peuvent penser en termes offensifs, exploiter leur créativité et leur rapidité. Nous ne manquons pas de qualités individuelles mais il faut unir ces forces et travailler pour les autres. Progressivement, tous les joueurs commencent à comprendre qu'ils évoluent dans un grand club. Ça veut dire que chaque position est doublée et qu'il ne faut pas râler quand on atterrit sur le banc. Avez-vous déjà entendu Alexandros Kaklamanos, Sambegou Bangoura, Aliyu Datti ou Jurgen Cavens se plaindre ? Non. Ça prouve qu'ils ont une mentalité professionnelle. Au lieu d'exprimer leur mécontentement dans les journaux, ils serrent les dents à l'entraînement et tentent d'y convaincre l'entraîneur qu'il a tort. Je trouve que c'est une évolution positive.

La saison passée, nous n'avions que douze joueurs de qualité en forme. Grâce aux efforts financiers de la direction, nous avons maintenant un noyau de 18 bons joueurs. Le Club a utilisé ce nombre de footballeurs pour être champion la saison passée. Danny Boffin va bientôt casser la baraque, je vous le prédis. Il a 38 ans mais il reste très ambitieux. En outre, Danny pense en termes collectifs. Grâce à sa vitesse et à son bagage technique, il est susceptible d'élever notre niveau.

Nous peinons encore contre les formations plus modestes. Elles ont le droit de mettre le verrou, d'ériger une muraille et de ne pas vouloir jouer. C'est à mes yeux la preuve qu'on recommence à respecter le Standard. Nous sommes donc obligés de prendre l'initiative, ce qui nous a posé problème, longtemps, d'où ces points perdus contre La Louvière, le Cercle Bruges, Heusden-Zolder, et notre élimination de la Coupe par le Cercle.

Nous battrons ces équipes au second tour. Pourquoi ? Parce que nous pouvons nous appuyer sur des automatismes et que les joueurs se trouvent mieux. Prenez garde : le Standard va surprendre la Belgique mais aussi l'Europe, dans les mois à venir. Je n'en dirai pas davantage car l'entraîneur nous a interdit de parler de la Ligue des Champions en public. C'est une décision intelligente car sinon, nous risquerions de nous épandre en déclarations malvenues, qui se retourneraient contre nous. Nous allons simplement essayer de conserver la plus large avance possible sur Genk et le Club. ".

Et le jeu ?

" Nous devons améliorer la relance depuis la défense, bien écarter le jeu et bouger beaucoup pour exploiter les espaces qui se libèrent sur les flancs. Il revient à MickeyMumlek, Boffin ou JonathanWalasiak de servir nos attaquants depuis les ailes. Nous courons encore trop avec le ballon ou nous abusons des longues passes û ne serait-ce que pour limiter les risques û pour servir les avants. Nous travaillons ces manquements. Nous simulons souvent un jeu dans lequel l'adversaire nous attend dans son propre camp. Nous sommes donc obligés d'user de créativité, d'accélérer la circulation du ballon et de chercher des solutions constructives. Ça affûte notre concentration. Nous devons apprendre à faire preuve de patience, à mieux exploiter les ballons perdus.

Vous savez, je suis fanatique. Les acquisitions du club û Bangoura, Bisconti, Kaklamanos, Mpenza, Mumlek et Gonzalo Sorondo û m'ont satisfait. En plus, nous nous sommes séparés de quelques tricheurs qui ne pensaient qu'à eux-mêmes. Je n'ai pas besoin de citer de noms. Vous les trouverez vous-même. Nous avons maintenant un noyau de travailleurs et chacun essaie de penser en termes positifs et de se comporter de manière naturelle. Il n'y a plus de masques ni de jalousie. Le cinéma, c'est fini ".

Garde fous

" J'ai reçu davantage de responsabilités. Elles ne m'effraient pas. Quand j'ai raté ce penalty contre Heusden-Zolder, j'ai admis mon erreur sans problème. Ça fait partie du jeu. Maintenant, je suis en réunion chaque semaine avec Mister Luciano, Pierre François et Michel Preud'homme pour discuter de la politique du club. Etre capitaine d'une équipe est un travail en soi. En Yougoslavie, Dejan Stankovic et Predrag Mijatovic me l'ont appris. ce sont des idoles mais aussi des footballeurs qui ont entretenu l'ambiance et la motivation du groupe. Ma tâche est donc d'améliorer l'ambiance du vestiaire, de transmettre aux autres ma rage de vaincre et d'être un lien entre joueurs et direction. Respect mutuel et discipline sont les maîtres mots. J'ai appris qu'à Lokeren, Papy Kimoto accumulait les amendes. Eh bien ici, nous n'en avons pas encore souffert ? N'est-ce pas éloquent ?

Nous allons régulièrement manger tous ensemble. Tous, nous voulons le bien du Standard. Il est donc important de veiller à tous les détails. Si des problèmes surgissent, je ne peux qu'en faire part. La direction doit y coller des noms, éventuellement rectifier le tir et prendre des mesures. Pour le moment, ce n'est pas nécessaire. Nous sommes tous sur la même longueur d'ondes. Nous sommes solidaires ".

Et comment tenir le même niveau ?

" Moreira et Mpenza vont éclater au second tour. Ils ne sont encore qu'à 70 % de leur potentiel mais ils se sont épanouis. Moreira est devenu un de mes meilleurs amis. Nous nous rencontrons aussi en dehors du football. Nous avons souvent regardé ensemble les matches de Ligue des Champions et tout bien étudié... Il est maintenant vice-capitaine. C'était une étape importante pour lui. Il doit désormais assumer une certaine responsabilité. On le remarque sur le terrain. Aucun effort ne le rebute, il met tout en £uvre pour gagner.

Je parle beaucoup à Emile. Il travaille énormément pour revenir définitivement. Un exemple : il n'est absolument pas satisfait du niveau qu'il a déjà atteint. On le voit régulièrement dans la salle de fitness, une heure avant le début de l'entraînement. Je trouve ça bien. Il arrive de nouveau à l'échauffement avec le sourire, ce qui n'était pas le cas à Schalke 04, comme il me l'a expliqué. Il n'est plus aussi timide qu'à son retour non plus. Il a été accueilli et intégré dans un groupe d'amis, ce qu'il apprécie beaucoup. Oui, c'est ça, le nouveau Standard ! "

Frédéric Vanheule

" Les joueurs commencent à comprendre qu'ils éVOLUENT DANS UN GRAND CLUB "

Avant la trêve hivernale, sur Canal+, Georges Leekens a fait part de son admiration pour Ivica Dragutinovic. " C'est un des meilleurs défenseurs du moment en Belgique ", a affirmé l'entraîneur de Mouscron. " En dehors du terrain, Ivica est un homme charmant, calme et bien éduqué. Sur la pelouse, il se mue en bloc de granit, en vainqueur qui entraîne le reste de l'équipe dans son sillage, à un niveau supérieur. J'aime ce type de joueurs ". Ces derniers mois, l'international serbe est le moteur d'un Standard très performant avec Almani Moreira Da Silva et Emile Mpenza. Dragutinovic, qui avait déclaré la guerre au vedettariat qui a miné l'ambiance à Sclessin pendant des années (" Il faut se débarrasser de ces serpents ", avait-il dit) semble constituer le représentant idéal de l'équipe vis-à-vis de la presse et des supporters fanatiques des Rouches. Il est l'homme de confiance du triumvirat Luciano D'Onofrio- Pierre François- Michel Preud'homme et détermine la température du vestiaire. L'année dernière, il avait cependant fallu plus de deux mois pour qu'il prolonge son contrat jusqu'en 2006 :" C'est une stratégie. Je veux obtenir le maximum de ma carrière et je veux un club qui nourrisse les mêmes ambitions que moi. Le Standard est un grand club belge, que son statut oblige à terminer dans le top trois chaque saison. C'est pour ça que je n'ai pas demandé seulement des garanties sportives mais aussi personnelles ". Gardien de ce vent nouveau, il veut brider tout optimisme exagéré, toute euphorie. Il préfère employer un langage réaliste, même s'il rêve de Ligue des Champions, pour la saison prochaine... " Nous avons abordé la trêve hivernale avec un sentiment positif. On reparle du Standard en termes élogieux. Avec Beveren, nous avons produit le football le plus attractif de la D1. Ça fait plaisir, surtout après toutes ces années de tourments. Nous jouons et nous pensons à nouveau en équipe. Nous nous sommes créé beaucoup d'occasions de but et nous avons la meilleure défense du premier tour, ce qui veut dire que nous reformons un véritable bloc. Chacun s'entraîne avec plaisir ". Le puzzle se complète bien parce que la direction a rapidement pallié les manques : " Roberto Bisconti est idéal pour récupérer le ballon dans l'entrejeu. Grâce à son abattage, Moreira et Emile peuvent penser en termes offensifs, exploiter leur créativité et leur rapidité. Nous ne manquons pas de qualités individuelles mais il faut unir ces forces et travailler pour les autres. Progressivement, tous les joueurs commencent à comprendre qu'ils évoluent dans un grand club. Ça veut dire que chaque position est doublée et qu'il ne faut pas râler quand on atterrit sur le banc. Avez-vous déjà entendu Alexandros Kaklamanos, Sambegou Bangoura, Aliyu Datti ou Jurgen Cavens se plaindre ? Non. Ça prouve qu'ils ont une mentalité professionnelle. Au lieu d'exprimer leur mécontentement dans les journaux, ils serrent les dents à l'entraînement et tentent d'y convaincre l'entraîneur qu'il a tort. Je trouve que c'est une évolution positive. La saison passée, nous n'avions que douze joueurs de qualité en forme. Grâce aux efforts financiers de la direction, nous avons maintenant un noyau de 18 bons joueurs. Le Club a utilisé ce nombre de footballeurs pour être champion la saison passée. Danny Boffin va bientôt casser la baraque, je vous le prédis. Il a 38 ans mais il reste très ambitieux. En outre, Danny pense en termes collectifs. Grâce à sa vitesse et à son bagage technique, il est susceptible d'élever notre niveau. Nous peinons encore contre les formations plus modestes. Elles ont le droit de mettre le verrou, d'ériger une muraille et de ne pas vouloir jouer. C'est à mes yeux la preuve qu'on recommence à respecter le Standard. Nous sommes donc obligés de prendre l'initiative, ce qui nous a posé problème, longtemps, d'où ces points perdus contre La Louvière, le Cercle Bruges, Heusden-Zolder, et notre élimination de la Coupe par le Cercle. Nous battrons ces équipes au second tour. Pourquoi ? Parce que nous pouvons nous appuyer sur des automatismes et que les joueurs se trouvent mieux. Prenez garde : le Standard va surprendre la Belgique mais aussi l'Europe, dans les mois à venir. Je n'en dirai pas davantage car l'entraîneur nous a interdit de parler de la Ligue des Champions en public. C'est une décision intelligente car sinon, nous risquerions de nous épandre en déclarations malvenues, qui se retourneraient contre nous. Nous allons simplement essayer de conserver la plus large avance possible sur Genk et le Club. ". Et le jeu ? " Nous devons améliorer la relance depuis la défense, bien écarter le jeu et bouger beaucoup pour exploiter les espaces qui se libèrent sur les flancs. Il revient à MickeyMumlek, Boffin ou JonathanWalasiak de servir nos attaquants depuis les ailes. Nous courons encore trop avec le ballon ou nous abusons des longues passes û ne serait-ce que pour limiter les risques û pour servir les avants. Nous travaillons ces manquements. Nous simulons souvent un jeu dans lequel l'adversaire nous attend dans son propre camp. Nous sommes donc obligés d'user de créativité, d'accélérer la circulation du ballon et de chercher des solutions constructives. Ça affûte notre concentration. Nous devons apprendre à faire preuve de patience, à mieux exploiter les ballons perdus. Vous savez, je suis fanatique. Les acquisitions du club û Bangoura, Bisconti, Kaklamanos, Mpenza, Mumlek et Gonzalo Sorondo û m'ont satisfait. En plus, nous nous sommes séparés de quelques tricheurs qui ne pensaient qu'à eux-mêmes. Je n'ai pas besoin de citer de noms. Vous les trouverez vous-même. Nous avons maintenant un noyau de travailleurs et chacun essaie de penser en termes positifs et de se comporter de manière naturelle. Il n'y a plus de masques ni de jalousie. Le cinéma, c'est fini ". " J'ai reçu davantage de responsabilités. Elles ne m'effraient pas. Quand j'ai raté ce penalty contre Heusden-Zolder, j'ai admis mon erreur sans problème. Ça fait partie du jeu. Maintenant, je suis en réunion chaque semaine avec Mister Luciano, Pierre François et Michel Preud'homme pour discuter de la politique du club. Etre capitaine d'une équipe est un travail en soi. En Yougoslavie, Dejan Stankovic et Predrag Mijatovic me l'ont appris. ce sont des idoles mais aussi des footballeurs qui ont entretenu l'ambiance et la motivation du groupe. Ma tâche est donc d'améliorer l'ambiance du vestiaire, de transmettre aux autres ma rage de vaincre et d'être un lien entre joueurs et direction. Respect mutuel et discipline sont les maîtres mots. J'ai appris qu'à Lokeren, Papy Kimoto accumulait les amendes. Eh bien ici, nous n'en avons pas encore souffert ? N'est-ce pas éloquent ? Nous allons régulièrement manger tous ensemble. Tous, nous voulons le bien du Standard. Il est donc important de veiller à tous les détails. Si des problèmes surgissent, je ne peux qu'en faire part. La direction doit y coller des noms, éventuellement rectifier le tir et prendre des mesures. Pour le moment, ce n'est pas nécessaire. Nous sommes tous sur la même longueur d'ondes. Nous sommes solidaires ". Et comment tenir le même niveau ? " Moreira et Mpenza vont éclater au second tour. Ils ne sont encore qu'à 70 % de leur potentiel mais ils se sont épanouis. Moreira est devenu un de mes meilleurs amis. Nous nous rencontrons aussi en dehors du football. Nous avons souvent regardé ensemble les matches de Ligue des Champions et tout bien étudié... Il est maintenant vice-capitaine. C'était une étape importante pour lui. Il doit désormais assumer une certaine responsabilité. On le remarque sur le terrain. Aucun effort ne le rebute, il met tout en £uvre pour gagner. Je parle beaucoup à Emile. Il travaille énormément pour revenir définitivement. Un exemple : il n'est absolument pas satisfait du niveau qu'il a déjà atteint. On le voit régulièrement dans la salle de fitness, une heure avant le début de l'entraînement. Je trouve ça bien. Il arrive de nouveau à l'échauffement avec le sourire, ce qui n'était pas le cas à Schalke 04, comme il me l'a expliqué. Il n'est plus aussi timide qu'à son retour non plus. Il a été accueilli et intégré dans un groupe d'amis, ce qu'il apprécie beaucoup. Oui, c'est ça, le nouveau Standard ! " Frédéric Vanheule" Les joueurs commencent à comprendre qu'ils éVOLUENT DANS UN GRAND CLUB "