Ancien 65e mondial, Van Herck souffre du dos depuis deux ans. Ce qui le mine, physiquement et mentalement. Il se sent sur le départ : "Depuis juin 1999, j'ai des blessures à répétition. A cette époque, j'ai eu une fracture de fatigue au niveau du dos. Cela ne s'est pas trop mal passé puisque j'ai été soigné assez rapidement. J'ai alors joué presque une année complète sans trop de problème mais quelques semaines avant le tournoi d'Ostende en juillet 2000, j'ai ressenti une gêne qui ne m'a pas empêché de disputer le tournoi mais qui m'a handicapé par la suite -NDLA : il ira en finale, perdant contre Olivier Rochus. J'ai très bien joué et, juste après, j'ai gagné un Challenger en Allemagne mais la blessure au dos est revenue à ma plus grande surprise et, au Challenger de Charleroi en novembre, j'ai vraiment touché le fond. J'avais très mal et j'ai cru que c'était fini, que je ne jouerais plus au tennis. J'ai alors été voir quelques spécialistes, en Belgique et en Allemagne. Là, on m'a prescrit des piqûres dorsales qui m'ont fait du bien. Cela m'a remotivé, je me suis réentraîné, j'ai été tous les jours deux fois chez le kiné, je visitais un spécialiste du dos quotidiennement. Hélas, après cinq ou six tournois, la douleur est revenue. Je ne m'attendais vraiment pas à cela".
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Ancien 65e mondial, Van Herck souffre du dos depuis deux ans. Ce qui le mine, physiquement et mentalement. Il se sent sur le départ : "Depuis juin 1999, j'ai des blessures à répétition. A cette époque, j'ai eu une fracture de fatigue au niveau du dos. Cela ne s'est pas trop mal passé puisque j'ai été soigné assez rapidement. J'ai alors joué presque une année complète sans trop de problème mais quelques semaines avant le tournoi d'Ostende en juillet 2000, j'ai ressenti une gêne qui ne m'a pas empêché de disputer le tournoi mais qui m'a handicapé par la suite -NDLA : il ira en finale, perdant contre Olivier Rochus. J'ai très bien joué et, juste après, j'ai gagné un Challenger en Allemagne mais la blessure au dos est revenue à ma plus grande surprise et, au Challenger de Charleroi en novembre, j'ai vraiment touché le fond. J'avais très mal et j'ai cru que c'était fini, que je ne jouerais plus au tennis. J'ai alors été voir quelques spécialistes, en Belgique et en Allemagne. Là, on m'a prescrit des piqûres dorsales qui m'ont fait du bien. Cela m'a remotivé, je me suis réentraîné, j'ai été tous les jours deux fois chez le kiné, je visitais un spécialiste du dos quotidiennement. Hélas, après cinq ou six tournois, la douleur est revenue. Je ne m'attendais vraiment pas à cela". Vous avez pensé arrêter votre carrière?Oui. A Charleroi, j'étais vraiment très découragé mais comme le médecin allemand m'a bien soigné, je pensais que j'en étais sorti,... ce qui n'est pas le cas.De quoi souffrez-vous exactement?Je souffre au niveau des vertèbres lombaires L1/L2, je ne parviens pas à effectuer des rotations. En coup droit et au service, comme je ne parviens pas à tourner, je compense avec mon cou et le bas du dos. Le hic, c'est que comme il s'agit d'une douleur d'origine bio-mécanique, il n'existe pas de médicaments ou de traitement. Il faudrait que je modifie ma manière de jouer certains coups, ce qui, à mon âge, n'est pas évident.Vous êtes donc sur le point de mettre un terme à votre carrière de professionnel?Il est clair que comme c'est une blessure bio-mécanique, ce ne sera pas très facile. J'attends donc les résultats des derniers examens et si on me dit qu'il faut que je me rééduque pendant quelques mois avant de reprendre le chemin des courts alors sans doute que j'arrêterai. Mais, avant de prendre ma décision, je ferai le point avec Koen Gonnissen, mon coach, Pat Viroux, mon kiné, et avec ma fiancée.Vous avez envie de continuer?J'ai envie de continuer mais il faut rester réaliste. Cela fait déjà deux ans que je ne parviens pas à jouer à temps plein. Psychologiquement, cela devient difficile à accepter. Je pensais que j'étais reparti cette année mais je me trompais. J'ai envie de jouer mais je veux faire de la compétition. Le pire, c'est que personne ne pourra me garantir que ce problème est derrière moi. En fait, je préfèrerais que l'on m'opère car, dans le cas d'une opération, après quelques mois, elle est oubliée. Mais, même si je fais tout ce que l'on me dit de faire, je ne suis pas certain d'en être débarrassé.Vous avez encore de l'énergie?Pour le moment, pas beaucoup, non. Mais bon, j'espère que les nouvelles seront bonnes mais j'ai des doutes. Il est exclu que je me replonge dans cinq mois de revalidation. S'il y a une solution, il faut que je puisse jouer très vite, sinon j'arrête.Filip Dewulf vient d'annoncer sa retraite, après Dominique Monami-Van Roost et Sabine Appelmans. C'est un peu toute votre génération qui est sur le départ. Vous trouvez que c'est fort tôt de partir à 27 ans?Oui, ce serait tôt mais la situation est différente chez moi. Dans mon cas, il ne s'agira pas d'un choix personnel, d'une envie mais bien d'une contrainte. Vous savez, je suis 230e mondial, je vais perdre bientôt beaucoup de points ATP, ce qui veut dire que je vais replonger au classement. Sur les deux dernières années, j'ai peut-être été absent du circuit pendant 15 mois et je n'ai pas été capable de frapper la balle pendant au moins huit mois. Pendant tout ce temps-là, les autres joueurs s'entraînent, font de la musculation, participent à des compétitions. Ce n'est pas avec mon expérience que je parviens à compenser l'absence de travail. Je manque de compétition et, si je continue, je ne serais pas en forme avant 2002, à condition de ne plus être blessé. La première fois que je suis revenu, c'était déjà très difficile mais, cette fois, cela devient quasiment impossible.A quel niveau se situe la difficulté?Les adversaires sont de plus en plus forts car le tennis ne cesse de progresser. Et puis, il faut tout de même accepter le fait que je ne suis plus tout jeune. Physiquement, c'est beaucoup plus dur. Même quand je ne suis pas blessé, je sens dans les deuxième et troisième sets que je n'ai plus vingt ans.Les jeunes joueurs qui vous rencontrent savent que vous avez été 65e mondial. Ils vous respectent?Pas beaucoup, non. Disons que dans les Futures, les jeunes se renseignent sur leurs adversaires et quand ils apprennent que j'ai été Top 100, ils sont d'autant plus motivés. Par contre, dans les Challengers, il n'y plus du tout de respect. C'est normal. Moi, je n'ai pas de respect particulier pour des gars qui ont été dans les 60 il y a plus de cinq ans.Cela vous ennuie de jouer dans des Challengers alors que vous avez été un habitué des grands tournois?Non, je ne m'ennuie pas du tout. J'aime jouer et j'ai envie de jouer.Si on regarde dans le rétroviseur, quelle est votre meilleure année?97 et 98 car, par deux fois, je suis monté à la 65e place mondiale.Quel est le souvenir qui vous permet de garder le moral, la confiance?Ce n'est pas un souvenir mais ma passion du jeu de tennis. Et puis, je trouve que la vie sur le circuit est agréable. De plus, si on joue bien, on peut gagner plus que convenablement sa vie.Revenons à 98. Vous avez réussi un très bon tournoi de Roland Garros mais, au troisième tour, alors que vous meniez largement contre Knippshild (6-2 6-0 3-1), vous n'avez pas été capable de conclure et de vous qualifier pour ce qui aurait été votre seul huitième de finale de Grand Chelem. Depuis, les ennuis ne cessent de vous perturber. Est-ce que la déception de ce match perdu ne constitue pas le début de votre descente aux enfers?Oui, sans doute. Je jouais très bien et j'aurais pu avoir une autre carrière si je m'étais qualifié pour les huitièmes. Mais, si je regarde posément en arrière, ce n'est pas à ce moment que j'ai fait ma plus grande erreur. Cette dernière, je l'ai commise deux semaines avant ce Roland Garros 98 lorsque j'ai mis fin à ma collaboration avec Koen Gonnissen. Ce n'était pas une bonne idée.C'est un regret, cette séparation?Oui, je l'ai payée cash.Pourquoi l'aviez-vous quitté?Je pensais qu'il était temps de changer. Nous étions restés de longues années ensemble et je ne l'écoutais plus autant que je ne l'aurais dû. On était tous les jours ensemble et cela commençait à me peser. J'ai aussi beaucoup parlé à cette époque avec Gabby Gonzalez et, comme je m'entendais bien avec Filip Dewulf j'ai pris la décision de le rejoindre et de m'entraîner avec Gabriel.Et aujourd'hui, vous avez la sensation que votre carrière aurait été différente si vous étiez resté avec Gonnissen?Oui, j'ai constaté que, déjà à cette époque, il essayait de me préparer à aller plus haut mais, en 98, je n'étais pas mentalement prêt pour le suivre. J'aurais peut-être pu aller plus haut mais si j'analyse mes résultats, je constate que même sans avoir trop de points à défendre, je n'ai pas réussi à monter davantage. 60 devait sans doute constituer mes limites.Si vous deviez vous comparer à Filip Dewulf, vous diriez quoi?Filip avait un coup avec lequel il pouvait vraiment faire mal aux gens. Deuxièmement, il était beaucoup plus fort que moi physiquement. Il avait la possibilité de casser un adversaire soit avec son coup droit, soit avec son physique. Mon seul avantage, par rapport à lui, c'est que je pouvais jouer toute une année au même niveau. Mais lui, avec deux ou trois tournois, il pouvait monter de 100 places. Il avait un tel coup droit! Et puis, il faut tout de même reconnaître que Filip avait un talent fou, ce qui n'est pas mon cas.Peut-on dire que vous êtes plutôt un joueur de l'ancienne génération, assez complet mais ne possédant pas une arme totale?Je suis un travailleur à 100% alors que la nouvelle génération joue trois quarts des balles en coup droit. Filip était en avance par rapport à moi. Moi, je me bagarrais du fond de court.Ce style de jeu est assez usant. Peut-il être à la source de vos problèmes actuels?C'est possible mais il y a aussi le fait que je me suis beaucoup entraîné physiquement. J'en ai fait trop. C'est du moins ce que me disent les médecins qui avancent que j'ai forcé au niveau des poids, ce qui a fragilisé mon dos. Mais je suis très fier car je peux dire que j'ai tout fait pour y arriver et qu'aujourd'hui encore, malgré mes soucis, je fais le maximum pour revenir. Je peux donc me montrer satisfait. Mais ce n'est pas parce que l'on fait tout, que cela marche toujours. Les fautes que j'ai faites dans ma carrière, je les ai payées cash. Elles m'ont mis KO et je n'ai pas pu réagir à temps.Financièrement, vous allez pouvoir voir venir ou bien vous devrez directement vous mettre à la recherche d'un boulot?J'aurai le temps mais ce ne sera pas du tout facile. L'aspect financier sera également primordial dans ma décision d'arrêter ou de continuer car cela fait deux ans que je ne gagne quasiment plus rien alors que j'investi énormément. Cela dit, j'ai des propositions pour travailler dans le tennis. Je ne suis pas, comme Filip, désireux de quitter le milieu. Je pourrais travailler avec Koen, avec la VTV.Le public pense souvent que tous les tennismen gagnent très bien leur vie, quoi qu'ils fassent. Une année comme celle que vous venez de vivre, cela coûte cher en déplacements, en médecins, etc.Sur les deux dernières années, j'ai dépensé 2 millions pour le tennis et je n'ai quasiment rien gagné.Sur les dernières années, il y a donc des saisons dont le bilan financier est négatif?Sûrement, oui. Un grand quart de ce que j'ai gagné avant 99 est parti sur les deux dernières années. Vous savez, j'ai été jouer un Challenger en Italie il y a quelques semaines. Je m'y suis qualifié en gagnant trois matches et j'ai perdu au premier tour du tableau final. Résultat, j'ai empoché 170 dollars. J'ai dû payer mon vol, mon hôtel etc.Gonnissen ne vous accompagne plus sur les tournois?Je m'entraîne avec lui dans son école mais il ne vient plus avec moi. Je n'en ai plus les moyens.Si vous arrêtez et que, dans quelques semaines, la fédération vous proposait le poste de capitaine de Coupe Davis.Je répondrais oui sans hésiter mais je doute que cela se présente. Je suis sans doute encore un peu jeune pour occuper ce poste mais il est clair qu'il m'intéresse.Vous avez été, avec Filip Dewulf, à la base du départ d'Eduardo Masso qui a été remplacé par Gabriel Gonzalez. Après coup, pensez-vous que ce soit judicieux de placer le coach privé d'un joueur sur la chaise?Après coup, je peux dire que ce n'est pas la meilleure des solutions. Et je suis persuadé que la fédération ne désignera plus un coach privé. Les Rochus ont d'ailleurs annoncé qu'ils ne voulaient pas que ce soit leur coach qui soit nommé, ce que je trouve tout à fait normal. Cela étant, je n'ai plus joué en Coupe Davis depuis quelques temps et je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé mais je ne suis pas étonné qu'il y ait du changement dans l'air puisqu'une génération de joueurs est passée.Bernard Ashed