En juillet, Jelle emménagera à Ocean Park, dans le sud de l'Angleterre. Le 8 juin, il a signé à Southampton pour quatre saisons. Le club a versé environ 3,75 millions d'euros à l'Ajax pour le défenseur belge. L'arrière gauche aurait aimé emmener son frère Siebe, qui joue à Lokeren, mais ses parents s'y sont opposés. Il doit poursuivre sa scolarité...
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En juillet, Jelle emménagera à Ocean Park, dans le sud de l'Angleterre. Le 8 juin, il a signé à Southampton pour quatre saisons. Le club a versé environ 3,75 millions d'euros à l'Ajax pour le défenseur belge. L'arrière gauche aurait aimé emmener son frère Siebe, qui joue à Lokeren, mais ses parents s'y sont opposés. Il doit poursuivre sa scolarité... Jelle Van Damme (il lance sur la table le règlement interne de Southampton) : On m'a donné ça à la signature de mon contrat. J'en ai lu quelques passages. Une vie sobre m'attend. Je ne peux consommer d'alcool 24 heures avant un match ou en entraînement. Pas de problème : je bois bien une bière mais je ne peux pas suivre le rythme des Anglais. Je ne peux pas être vu dans un bar avant un match ni revendre des billets, je dois prévenir le club si la police me questionne, si j'ai rendez-vous avec des journalistes... Les gsm sont interdits au club et au centre d'entraînement. Ce n'est pas plus strict qu'à Amsterdam. Un truc marrant : c'est le club qui détermine mon poids de forme et, si je le dépasse, je suis soumis à une amende. Ah, quelque chose pour Wesley Sonck : le choix des couleurs des chaussures est libre. L'Ajax impose des noires alors que Wesley ne jure que par les blanches. Il dit que c'est pour cela qu'il ne marque pas. On ne parlait que d'Anderlecht. Willy Hox, mon manager, est entré en contact avec Paul Sturrock, le manager de Southampton, qui avait vu Belgique-Turquie et avait demandé à discuter avec l'Ajax. Comme tout le monde était bien disposé, nous avons rapidement trouvé un accord. Il semble que Sturrock m'ait déjà vu un an auparavant en Ligue des Champions. Il cherchait un joueur de mon style. L'Ajax a attendu la décision définitive de Ronald Koeman, Ruud Krol et Louis van Gaal. Non, car je constituais une bonne alternative s'ils avaient un problème en défense mais je ne voulais pas guetter la blessure d'un titulaire et risquer de passer la saison sur le banc. Ils ont été honnêtes : je n'arriverais pas à évincer Maxwell. Son éclosion à gauche a causé ma perte. Maxwell est le meilleur arrière gauche d'Europe. Roberto Carlos est sans doute plus fort offensivement mais Maxwell s'acquitte mieux de sa tâche défensive et a plus de flair. Perdre le combat contre lui n'est pas une honte. J'ai 21 ans. Je vais progresser si je peux jouer deux saisons. J'accomplis un pas intéressant, qu'il s'agisse de ma carrière en club ou de ma situation en équipe nationale. Nous en avons parlé. Quand on perd sa lucidité, on commet de petites erreurs. Le fait de ne pas jouer dans mon club pèse lourd. Je m'entraîne bien mais je n'ai pas le rythme des matches. Timmy a raison : je n'ai pas toujours vu clair durant le dernier quart d'heure. Tout y était bien. J'ai été formé à Lokeren, le GBA m'a donné ma chance mais c'est l'Ajax qui m'a fait. Je me plaisais à Amsterdam. Mon choix est purement sportif. Normalement, avec l'âge, on joue plus, mais dans mon cas, c'était le contraire. Il y a eu plus de blessures à gauche. Southampton m'a enrôlé pour ce poste mais l'entraîneur m'a dit que j'entrais aussi en compte pour une position centrale. Il a ajouté en riant : - S'il le faut, je t'alignerai même en pointe. Qui sait, les Anglais sont peut-être plus audacieux ? Excellent. J'étais en vacances avec des joueurs de Lokeren, Davy De Beule, Karim Elbodmossi, Michel Van Hoey... Nous n'avons jamais joué ensemble mais nous nous apprécions. Nous étions à Lloret de Mar. Mon manager m'a téléphoné pour me dire de me présenter le 8 juin. Je me suis envolé vers la Belgique le lundi soir, je suis parti en Angleterre le mardi matin. Un jour plus tard, je retrouvais les plages espagnoles. On ne dédaigne pas une telle chance : un championnat brillant, beaucoup de matches, deux coupes, un stade flambant neuf, toujours comble, proche de la mer, des adversaires prestigieux... Théoriquement, c'est mon point fort. C'est très différent de la Belgique et de l'Ajax mais ça devrait me convenir. Je pense que Southampton joue avec plus d'optimisme que l'Ajax. Plus vite, plus agressivement... Je regarde souvent les matches de la Premier League et j'ai toujours dit que j'aimerais y jouer. Wesley a déclaré qu'Anderlecht ne pouvait pas nous payer. Mieux vaut sans doute ne pas le dire mais c'est vrai. L'Ajax paie bien, Southampton encore mieux. Mon manager pensait aussi qu'un retour en Belgique ne serait pas bon pour ma carrière internationale, maintenant, même si Anderlecht dispute la Ligue des Champions. J'ai été irrégulier la saison passée. Je veux compliquer le choix de l'entraîneur. Je dois encore apprendre les ficelles du métier, progresser. Nous ne sommes pas à l'Euro et je souffre... Nous avons raté une belle occasion d'acquérir de l'expérience. La formule ne me disait rien. Neuf joueurs sur dix ne reviennent jamais. Roda était intéressé, Anderlecht se dirigeait vers cette formule, mais si les clubs s'étaient affrontés en Ligue des Champions, pour qui aurais-je joué ? Et puis, on ne s'améliore que parmi l'élite et le football néerlandais est du même niveau que le belge. Je me suis parfois demandé où j'avais atterri, en entendant tous leurs commentaires, toujours directs, en plus. Mais ça m'a endurci. Le football belge ne se porterait pas plus mal si les gens étaient plus directs. On progresse plus vite sous les critiques que sous les compliments. Pas quand on les connaît. Zlatan, qui brigue l'Italie, est un chouette gars alors que sur le terrain, il a l'air arrogant. Je pensais la même chose de Sonck ! Il avait un peu cet air-là, à Genk. Pourtant, on peut lui demander ce qu'on veut, comme à Zlatan ou Van der Vaart. Nico Vaesen et Philippe Albert ont réussi. Tomasz Radzinski veut quitter Everton, Gilles De Bilde, Marc Degryse, Branko Strupar, Tom Peeters ont eu des problèmes. Cela ne m'effraie pas. J'y vais pour jouer. Peter T'Kint