SamVanRossom est un garçon sympathique, toujours de bonne humeur et sans complexe. On le serait à moins. A 27 ans, il flirte avec les sommets du basket européen. En Espagne, seul le Real Madrid est plus fort que Valence qui, demain, joue la finale de l'Eurocup.
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SamVanRossom est un garçon sympathique, toujours de bonne humeur et sans complexe. On le serait à moins. A 27 ans, il flirte avec les sommets du basket européen. En Espagne, seul le Real Madrid est plus fort que Valence qui, demain, joue la finale de l'Eurocup. Dans cette ville qui attire de plus en plus de touristes, il occupe un superbe duplex dont la terrasse sur le toit offre une vue imprenable sur le circuit de Formule 1, le port des yachts et les toits de la " Cité des Arts et des Sciences ", dessinée par Santiago Calatrava. " Après trois ans à Saragosse, je vis à l'espagnole : je fais la sieste, je prends mon vélo et un bouquin pour aller à la plage... J'ai parfois l'impression d'être toute l'année en vacances mais si c'était le cas... j'irais encore plus souvent à la plage. " Car du temps, il n'en a guère. " La finale de l'Eurocup sera mon 54e match depuis la mi-octobre "", dit-il. " Ce qui fait une moyenne d'un match tous les 3,7 jours. Ajoutez-y les play-offs et on arrivera à septante. Avec trois déplacements en Russie qui ont duré plus de 24 heures chacun. Il y a certains mois où nous n'avons pas eu le moindre jour de congé. Je suis content d'avoir fait de mon hobby un métier mais moralement, ce n'est pas toujours facile. En huit mois, je suis peut-être sorti cinq fois. Et je n'ai vu que 30 % de Valence. " De plus, Van Rossom est célibataire. " Je cuisine, je lessive, je balaye. De temps en temps, mes parents me rendent visite et ma mère fait le grand nettoyage. Elle remplit aussi mon frigo. J'ai eu des copines mais elles n'ont pas supporté l'éloignement. Et je veux une fille qui vit sa vie, pas quelqu'un qui passe sa journée à m'attendre ou qui ne s'intéresse qu'à mon statut. " Car dans la péninsule, le basket suscite plus d'intérêt qu'en Belgique. " Il y a au moins une page par jour dans le journal, parfois deux ou trois les jours de match. Notre salle fait souvent le plein (8.500 places) et nous tournons à une moyenne de 7.000 spectateurs. C'est un grand club. " Il l'a vu à sa fiche de paye. " Je gagne une fois et demie ce que je gagnais à Saragosse. Aucun club belge ne pourrait payer ça. Le budget du club est de 10 millions, celui d'Ostende et de Charleroi est de 3 millions. Je ne gagne pas autant qu'un joueur de football mais si j'investis intelligemment, je peux mettre de côté. " En 2008, il quitte Ostende, avec qui il a tout gagné. Il signe à Armani Milan, qui le prête à Scavolini Pesaro. " Une catastrophe, surtout au début. J'étais un numéro, je m'ennuyais, ma famille me manquait, je ne parlais pas la langue... Puis, quand ça commençait à aller mieux, je me suis cassé le pied. " La deuxième saison est meilleure. Jusqu'en janvier, il est même un des piliers de l'équipe. " Puis je me suis déchiré les ischios : deux mois d'absence. Milan en a conclu que j'étais trop fragile. Je voyais mon rêve s'éloigner. Et je savais que si je rentrais en Belgique, ce serait deux fois plus difficile de repartir. " En 2010, une offre tombe du ciel. Elle émane de Saragosse, qui vient de monter en ACB Liga. " Le meilleur championnat du monde et la chance de beaucoup jouer car on croyait en moi. L'expérience italienne m'a aidé à m'intégrer, à me montrer plus ouvert et dès le quatrième match, j'ai inscrit le panier décisif contre Barcelone. " Au terme de sa première saison, sa moyenne est de 23 minutes, 6 points et 3 assists par match. C'est encore mieux en début de championnat suivant puis il connaît un creux. Alors, il fait appel à Lucien Van Kersschaever, son père spirituel, qui lui inflige des séances de 450 shots en une heure. Il travaille aussi sa condition physique, sa puissance et fait de la prévention. " J'ai toujours misé davantage sur l'engagement que sur le talent. Je suis très exigeant avec moi-même. " Et ça paye : en 2012/2013, il augmente son pourcentage de réussite et Saragosse termine troisième. " Je sentais que c'était le moment de franchir encore un palier. Quand Valence s'est présenté, je n'ai pas hésité. " Avec Velimir Perasovic, le coach, le courant passe immédiatement et il devient un des piliers de l'équipe, deuxième en championnat. " Il me demande surtout de ne pas perdre le ballon et de défendre car nous pratiquons le pressing sur tout le terrain. C'est un style de jeu qui me convient à merveille. " Son prochain objectif, c'est la victoire en Eurocup. " Pas seulement pour le trophée mais parce qu'elle nous permettra de jouer en Euroleague la saison prochaine. C'est plus difficile par l'intermédiaire du championnat parce qu'il nous faut alors jouer la finale et donc battre Barcelone. " Son rêve ultime est de jouer au Real, à Barcelone ou à l'Olympiacos. " Ce qui n'est pas évident pour un distributeur car c'est, avec celle de centre, la position la plus importante dans une équipe. Les places sont chères et je me contenterais déjà d'un rôle de réserviste car ce qui compte, ce sont les titres. Tomas Van Den Spiegel n'était pas titulaire au CSKA Moscou mais il a remporté deux Euroleagues. " Et la NBA ? " Un scout a dit à Tomas que je pourrais être troisième distributeur mais jouer une minute ou deux de temps en temps quand le match est plié ne m'intéresse pas. De plus, le jeu y est surtout basé sur le un-contre-un et la puissance, ce qui ne me convient pas. "?PAR JONAS CRETEUR, ENVOYÉ SPÉCIAL À VALENCE - PHOTO: BELGAIMAGE" Un scout de NBA a dit que je pourrais être 3e distributeur là-bas. Mais jouer une, voire deux minutes de temps en temps, ne m'intéresse pas. "