Il n'y a pas si longtemps qu'on disait que si une course pouvait détrôner le Tour de France, ce serait le Tour d'Allemagne. C'était en 2005, lors des débuts du Pro Tour. Les passages du Tour en Allemagne avaient soulevé l'enthousiasme de supporters venus en masse. Un grand tour qui serait disputé en terre allemande passionnerait donc les foules. Le Tour d'Allemagne a effectivement tenu ses promesses, jusqu'à l'éclatement des affaires.
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Il n'y a pas si longtemps qu'on disait que si une course pouvait détrôner le Tour de France, ce serait le Tour d'Allemagne. C'était en 2005, lors des débuts du Pro Tour. Les passages du Tour en Allemagne avaient soulevé l'enthousiasme de supporters venus en masse. Un grand tour qui serait disputé en terre allemande passionnerait donc les foules. Le Tour d'Allemagne a effectivement tenu ses promesses, jusqu'à l'éclatement des affaires. Premier coup dur, en 2005 déjà, le contrôle positif du sprinter Danilo Hondo. L'implication du héros national, Jan Ullrich, a porté le coup fatal. En apprenant qu'il n'était pas si pur que ça, les Allemands se sont sentis dupés. Ils ont réagi impitoyablement, contrairement aux Italiens, qui continuent à vénérer Ivan Basso.Après Ullrich, Matthias Kessler et Patrik Sinkewitz ont aggravé le malaise allemand. On attendait précisément de ces deux coureurs doués et matures qu'ils deviennent les porte-drapeaux du cyclisme germanique, Jens Voigt et Erik Zabel atteignant tout doucement l'âge de la pension. Kessler, fils de millionnaire, a longtemps été une grande promesse mais il a toujours manqué de régularité. Top d'une saison, il était le flop de la suivante. Il est tentant d'associer son irrégularité à la pratique du dopage. Sinkewitz a connu le même parcours. Le coureur de T-Mobile, licencié il y a peu, ne manque pas de culot pour justifier son contrôle positif à la testostérone. Il prétend s'être massé un gel à la testostérone la veille du contrôle sans avoir saisi la portée de cet acte. Il préfère passer pour un idiot que pour un coupable. Suite aux frasques d'Ullrich, de Sinkewitz et Cie, Gerolsteiner et T-Mobile, les sponsors des deux grandes formations allemandes, remettent en cause leur implication dans le cyclisme. Rien n'est encore décidé mais Brian Holm, le directeur sportif de T-Mobile, arpente le marché en quête d'un investisseur. C'est éloquent. C'est sous cette mauvaise étoile que le 31e Tour d'Allemagne débute vendredi. Deux anciens vainqueurs, Sinkewitz et Alexandre Vinokourov, seront absents, pour les raisons que vous savez. Pourtant, la course promet d'être intéressante sportivement. Elle propose notamment samedi un contre-la-montre par équipes à Bretten, dans le Bade-Wurtemberg, qui pourrait être déterminant pour le classement final. Mardi prochain, on peut s'attendre à du spectacle quand le peloton entamera l'ascension du redouté col de Rettenbachferner (2.670mètres). Paolo Bettini, Danilo Di Luca et Andy Schleck figurent parmi la palette des participants et ont les dents longues à la pensée de s'adjuger ce qui reste une course à étapes très importante du calendrier. LEONARDO BERTAGNOLLI (ITA, Liquigas, notre photo) a gagné la Clasica San Sebastian, une course d'un jour qui est reprise dans le Pro Tour. Juan Manuel Garate (ESP, Quickstep-Innergetic) et Alejandro Valverde (ESP, Caisse d'Epargne) complètent le podium. CRITERIUMS. Danilo Di Luca (ITA, Liquigas) a été le meilleur à Alost, Stijn Devolder (Discovery Channel) à Dixmude, Gert Steegmans (Quickstep-Innergetic) à Peer, Filippo Pozzato (ITA, Liquigas) à Herentals. GREG VAN AVERMAET (Predictor-Lotto) a remporté la semi-classique allemande Rund um die Hainleite (1.1). RYAN COX (Barloworld), un Sud-africain, est décédé de manière inopinée, d'une rupture d'une artère. ASTANA n'entre pas en action en août. Elle rate donc le Tour d'Allemagne et celui du Benelux. Suite au contrôle positif d'Alexandre Vinokourov, la formation kazakhe réfléchit à son avenir. IBAN MAYO a également été convaincu de dopage au Tour. Saunier Duval a limogé l'Espagnol. TEAM SLIPSTREAM, la nouvelle grande équipe américaine de l'ancien professionnel Jonathan Vaughters, a enrôlé David Millar et David Zabriskie, deux spécialistes du contre-la-montre. Christian Vandevelde les rejoindrait aussi. BRAM TANKINK quitte Quickstep-Innergetic pour Rabobank. Kai Reus, un grand espoir de l'équipe néerlandaise, est sorti du coma et peut entamer sa longue convalescence. Le directeur général Theo De Rooij a démissionné. ALEJANDRO VALVERDE (ESP, Caisse d'Epargne) semble imiter Carlos Sastre (ESP, CSC) et revenir sur sa décision de ne pas courir la Vuelta. LE MONDIAL aura bien lieu à Stuttgart. La Fédération allemande et l'UCI vont y mener des contrôles extrêmement rigoureux afin de limiter autant que faire se peut la tricherie.PAR jef van baelen