Ses racines l'ont accroché au département de Charente-Maritime et plus particulièrement à Saint Christophe, un petit village situé près de La Rochelle. Là, un millier d'habitants vit calmement et l'histoire rappelle qu'un ministre de Louis XIV, Charles François Michel César Le Tellier, Seigneur de Montmirail, avait des attaches au c£ur de ce terroir. Nous ne sommes pas en l'an de grâce 1123 quand Godefroy de Papincourt, comte de Montmirail, et son écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent brutalement et par un tour de magie au 20e siècle mais Nicolas Ardouin a déjà pas mal voyagé et ferraillé. Fils du maire actuel de Saint Christophe, il n'a pas haussé les épaules quand Tubize lui proposa de relever un défi en Belgique. Il venait du Deportivo Alavès, un club de D2 espagnole qui a ses lettres de noblesse.
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Ses racines l'ont accroché au département de Charente-Maritime et plus particulièrement à Saint Christophe, un petit village situé près de La Rochelle. Là, un millier d'habitants vit calmement et l'histoire rappelle qu'un ministre de Louis XIV, Charles François Michel César Le Tellier, Seigneur de Montmirail, avait des attaches au c£ur de ce terroir. Nous ne sommes pas en l'an de grâce 1123 quand Godefroy de Papincourt, comte de Montmirail, et son écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent brutalement et par un tour de magie au 20e siècle mais Nicolas Ardouin a déjà pas mal voyagé et ferraillé. Fils du maire actuel de Saint Christophe, il n'a pas haussé les épaules quand Tubize lui proposa de relever un défi en Belgique. Il venait du Deportivo Alavès, un club de D2 espagnole qui a ses lettres de noblesse. En 2001, Alavès a disputé la finale de la Coupe de l'UEFA (succès de Liverpool 5-4 après prolongations) et cela prouve bien qu'Ardouin débarquait d'une autre planète même s'il ne participa pas à cette campagne européenne. Il n'était pas encore arrivé à Alavès. " J'ai connu mes premières ambitions aux Girondins de Bordeaux ", affirme le gardien tubizien. " A 15 ans, je me suis retrouvé au Château du Haillan. Mes parents ont compris ma passion pour le football mais insistèrent afin que je décroche mon baccalauréat. J'étais heureux aux Girondins où je me suis entraîné avec des gardiens de but comme Stanley Menzo, Gaëtan Huard, Gilbert Bodart, UlrichRamé. J'ai eu des coaches connus comme Rolland Courbis, Guy Stephan ou Elie Baup. Je me suis retrouvé sur le banc en D1. La première fois, c'était face à Gueugnon. Mais mon univers, c'était d'abord le championnat de CFA. Bordeaux était champion de France quand est venu le moment pour moi de signer mon premier contrat pro. Mais vu l'ampleur de l'effectif, j'ai été libéré. J'avais un contact avec Saint-Etienne lorsque Grenoble s'est montré plus concret et je n'ai pas tergiversé. Je suis redescendu en National parce que cela allait me donner du temps de jeu. " Il en avait besoin comme de pain blanc et son horizon se dégage. Chemin faisant, il attire le regard de La Roche-sur-Yon (National) puis de Valence (L2). En 2004, Ardouin ne peut pas refuser l'offre d'Alavès plus rapide sur le ballon que les clubs de L1 française. " J'ai découvert une autre planète ", avance-t-il. " Ce ne fut pas facile tous les jours mais j'y ai énormément appris en Espagne. Après un an, Alavès est remonté en D1. C'était évidemment le rêve même si je n'étais que le deuxième gardien de l'équipe. J'ai découvert l'ambiance de la Liga, la magie qui règne au Real Madrid et au Barça. C'est phénoménal et les clubs espagnols entretiennent des cohortes de joueurs. Alavès est redescendu en D2 où ma situation personnelle s'est améliorée la saison passée avec 18 matches, de bons moments en Coupe du Roi, etc. J'ai cru que mon éclosion était définitive quand un nouveau coach débarqua. Il connaissait mieux l'ancien titulaire qui a repris sa place. Pour moi, il n'était pas question d'y rester une cinquième saison. Mon désir de partir était aussi attisé par un litige financier. " A la mi-août, un agent de joueurs le met en pourparler avec Tubize qui tire la langue en championnat. Après le pineau des Charentes et le vin espagnol, il découvre la mousse de la Jupiler League. La saison a déjà pris son envol et Tubize n'a pas encore levé le verre de la victoire. L'apport d'Ardouin sera immédiat. Il rassure, donne une autre allure à sa défense, ne frime pas, étale un talent évident et étonne avec une relance à la main profonde et précise. Honnête aussi, il reconnaît qu'il ne fut guère brillant à Anderlecht. " Il n'y a pas de secret pour nous, tout passera par l'humilité et le travail ", précise-t-il. " Ces valeurs étaient présentes dans le discours du club et du coach lors de nos premiers contacts : c'est pour cela que j'ai signé à Tubize. Si je n'avais pas perçu cette envie, je ne serais pas ici. "Tubize, ce sera du sang et des larmes jusqu'à la fin de la saison : le prix à payer pour que les nouveaux peoples d'un village restent en D1. Paradoxalement, la défense a subitement encaissé une volée de buts alors que Jérémy Perbet joue au pistolero. " Le brio de Jérémy prouve qu'on détient des arguments offensifs ", souligne Ardouin. " C'est un plus mais cela ne peut pas nous déconcentrer. Il faut tout faire à 120 %. Si un secteur est en léger déficit d'engagement ou de concentration, cela se paye cash tout de suite. " A l'aise dans le petit Tubize, Ardouin songe souvent à Saint-Christophe, village de sa famille où son père, expert-comptable, exerce son deuxième mandat de maire. Saint Christophe est le patron des automobilistes : Tubize et Ardouin auront besoin de sa protection pour garder la route en D1.l par pierre bilic -photos : belga