Peut-on dire, comme certains l'affirment, que la Formule E est une manière pour le sport automobile de se donner bonne conscience ?

C'est plutôt une prise de conscience. Il y a une génération d'entrepreneurs qui n'arrivent pas à avoir accès à la F1. Alejandro Agag, le promoteur de la Formule E, est dans cette situation et ils ont donc décidé d'aller vers l'électrique, avec le soutien de la FIA. Actuellement, les pilotes roulent avec les mêmes voitures mais, dans les deux prochaines années, les écuries pourront développer leur groupe propulseu...

C'est plutôt une prise de conscience. Il y a une génération d'entrepreneurs qui n'arrivent pas à avoir accès à la F1. Alejandro Agag, le promoteur de la Formule E, est dans cette situation et ils ont donc décidé d'aller vers l'électrique, avec le soutien de la FIA. Actuellement, les pilotes roulent avec les mêmes voitures mais, dans les deux prochaines années, les écuries pourront développer leur groupe propulseur et leur batterie. On retrouvera là la vocation du sport automobile qui est de faire progresser la technologie, avec des créations en laboratoire et des recherches appliquées. La F1 a toujours été dédaigneuse pour les autres formes de compétition comme le rallye ou les 24 heures du Mans. Les pilotes de F1 rigolent en sachant qu'une monoplace de Formule E ne développe que 200 chevaux. Mais il ne faut pas comparer ces deux mondes. La Formule E est nouvelle et différente. Les courses ont lieu dans des centres urbains, la puissance n'est pas la même et il n'y a pas de changement de pneus. Les pilotes ne sont pas les derniers venus et, pour en avoir parlé avec eux, ils s'amusent. Ils savent que la performance n'est pas encore optimale mais qu'ils auront de meilleures voitures dans quelques années. Pas du tout, ce ne sont pas nécessairement des fans de course automobile. Les courses ont lieu en centre-ville et s'intègrent dans une manifestation plus globale, avec des concerts, des événements urbains, etc. Avec cette nouvelle génération de promoteurs, il y a aussi une ouverture aux technologies de communication plus modernes. Le fan boost (bonus offert à trois pilotes plébiscités sur les réseaux sociaux) en est l'illustration, ce qui permet d'attirer un public plus jeune. C'est positif car les droits ont été obtenus à la dernière minute et il n'y a pas eu de promotion de l'événement. Le produit doit s'installer. L'avantage, c'est que des courses sont organisées en décembre et en janvier, au moment où la F1 fait un break. Je pense que le public nous suivra. PAR SIMON BARZYCZAK" La F1 a toujours été méprisante vis-à-vis des autres sports auto."