Tu as présenté la F1 sur TFI jusqu'en 2002. Qu'es-tu devenu ?

Je suis toujours la F1 de par mon travail de rédacteur en chef de F1 Magazine. Je m'occupe aussi du site F1i.com. Je commente des courses d'IndyCar et de voitures de légende sur Be TV. Sur Club RTL, j'assiste Didier de Radiguès sur le Moto GP.

Ce n'est pas ringard de commenter des courses de vieilles voitures après avoir travaillé sur la plus grande chaîne française ?

Non, car ces courses font partie du patrimoine automobile et je connais l'histoire de ces voitures. Et puis, commenter de la F1 ou de l'IndyCar, c'est le même métier ! Qu'ils soient 5 millions ou 5.000 derrière leur écran, cela me procure un plaisir similaire.

Ton avis sur l'évolution du suivi médiatique de la F1 ?

Sur TF1, c'est devenu plus people. De mon temps, nous étions plus techniques et nous avions plus de temps d'antenne. Gaëtan Vigneron réalise un travail exceptionnel sur la RTBF. Je suis bluffé par l'enthousiasme qu'il manifeste alors qu'il a presque 20 ans de métier. Et Jérôme D'Ambrosio a augmenté la qualité du commentaire. La RTBF a peu de moyens mais son offre sport est énorme et il n'y a pas de miracle.

Ton rituel avant un direct ?

Sur TF1, je prenais un verre de vin rouge, du Bordeaux, avec Gilles Pernet, le réalisateur, pour passer le cap du trac.

Le truc le plus fou qui te soit arrivé lors d'un direct ?

En 1989, à Suzuka, Senna et Prost s'accrochent. Le pilote français doit abandonner. J'étais dans les stands pour TF1 mais j'avais un micro avec un fil. Quand j'ai vu Alain revenir à pied, je me suis dit qu'il comptait se planquer. Je suis donc parti à sa rencontre sur le circuit en abandonnant le micro mais avec... un talkie-walkie. J'ai réussi à le coincer et je lui ai mis le talkie sous le nez. José Rosinski et Christian Van Ryswyck étaient en cabine et ont collé l'autre talkie sur le micro pour que cela passe à l'antenne ! J'ai été le seul à avoir une réaction à chaud.

Ton plus beau fou rire à l'antenne ?

En 1992, Nigel Mansell est devenu champion du monde en Hongrie. J'étais avec Jean-Louis Moncet et Alain Prost en cabine. Mansell a fini deuxième et personne ne s'est rendu compte qu'il était sacré ! On en a seulement pris conscience durant la page de pub...

Un reportage qui t'a valu des problèmes ?

Le fameux Grand prix d'Autriche 2002 où j'ai exprimé mon avis sur le fait que Barrichello ait laissé passer Schumacher sur la ligne d'arrivée. Les journalistes des autres télés ont dit la même chose. Mais Jean Todt n'a pas apprécié que cinq millions de Français l'entendent et il a interdit à TF1 d'accéder au stand de l'écurie. J'ai dû quitter TF1 mais tout n'a pas été négatif. J'ai négocié mon départ et réorienté ma carrière. J'ai encore des contacts avec Todt. J'ai travaillé sur le film consacré à Ayrton Senna et il m'a félicité. Mais c'est clair qu'on ne partira jamais en vacances ensemble !

PAR SIMON BARZYCZAK

Je suis toujours la F1 de par mon travail de rédacteur en chef de F1 Magazine. Je m'occupe aussi du site F1i.com. Je commente des courses d'IndyCar et de voitures de légende sur Be TV. Sur Club RTL, j'assiste Didier de Radiguès sur le Moto GP. Non, car ces courses font partie du patrimoine automobile et je connais l'histoire de ces voitures. Et puis, commenter de la F1 ou de l'IndyCar, c'est le même métier ! Qu'ils soient 5 millions ou 5.000 derrière leur écran, cela me procure un plaisir similaire. Sur TF1, c'est devenu plus people. De mon temps, nous étions plus techniques et nous avions plus de temps d'antenne. Gaëtan Vigneron réalise un travail exceptionnel sur la RTBF. Je suis bluffé par l'enthousiasme qu'il manifeste alors qu'il a presque 20 ans de métier. Et Jérôme D'Ambrosio a augmenté la qualité du commentaire. La RTBF a peu de moyens mais son offre sport est énorme et il n'y a pas de miracle. Sur TF1, je prenais un verre de vin rouge, du Bordeaux, avec Gilles Pernet, le réalisateur, pour passer le cap du trac. En 1989, à Suzuka, Senna et Prost s'accrochent. Le pilote français doit abandonner. J'étais dans les stands pour TF1 mais j'avais un micro avec un fil. Quand j'ai vu Alain revenir à pied, je me suis dit qu'il comptait se planquer. Je suis donc parti à sa rencontre sur le circuit en abandonnant le micro mais avec... un talkie-walkie. J'ai réussi à le coincer et je lui ai mis le talkie sous le nez. José Rosinski et Christian Van Ryswyck étaient en cabine et ont collé l'autre talkie sur le micro pour que cela passe à l'antenne ! J'ai été le seul à avoir une réaction à chaud. En 1992, Nigel Mansell est devenu champion du monde en Hongrie. J'étais avec Jean-Louis Moncet et Alain Prost en cabine. Mansell a fini deuxième et personne ne s'est rendu compte qu'il était sacré ! On en a seulement pris conscience durant la page de pub... Le fameux Grand prix d'Autriche 2002 où j'ai exprimé mon avis sur le fait que Barrichello ait laissé passer Schumacher sur la ligne d'arrivée. Les journalistes des autres télés ont dit la même chose. Mais Jean Todt n'a pas apprécié que cinq millions de Français l'entendent et il a interdit à TF1 d'accéder au stand de l'écurie. J'ai dû quitter TF1 mais tout n'a pas été négatif. J'ai négocié mon départ et réorienté ma carrière. J'ai encore des contacts avec Todt. J'ai travaillé sur le film consacré à Ayrton Senna et il m'a félicité. Mais c'est clair qu'on ne partira jamais en vacances ensemble ! PAR SIMON BARZYCZAK