Comment avez-vous vécu cette mise à l'écart ?
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Comment avez-vous vécu cette mise à l'écart ? C'est dommage car j'ai vécu une belle aventure. Mais RTL a perdu l'Europa League et quasiment la moitié de ses matches. Il y a aussi le contexte économique qui a contraint la chaîne à opérer des licenciements. Vous aviez senti le vent tourner ? Oui. Avant la fin de la saison, j'avais discuté avec Laurent Haulotte, que je connais depuis des années. Je travaille comme indépendant et il m'avait dit qu'il pouvait difficilement justifier la collaboration avec une personne extérieure à RTL. J'ai compris ses arguments, je l'ai remercié et on s'est quitté bons amis. Je n'ai pas d'amertume Vous n'avez pas eu l'impression de vivre la même situation qu'en 2011, quand Proximus vous avait remercié après la perte d'une partie du football belge ? Non. Dans notre métier, il faut profiter de chaque instant car les contrats de retransmission sont valables deux ou trois ans. A l'époque, j'avais un temps plein chez Proximus et on ne pensait pas perdre les droits. Me retrouver sans emploi a été inattendu. Par après, j'ai retrouvé une activité quasi complète à VOO et Be Tv. La Champions League sur RTL représentait un bonus. C'est la vie ! Quels souvenirs garderez-vous ? Même si ce ne sont pas forcément les meilleurs matches, les deux finales que j'ai commentées : Real Madrid-Atlético en 2014 à Lisbonne et Real Madrid-Juventus en 2017 à Cardiff. J'étais derrière le micro lors de la remontada de Barcelone face au PSG. Le genre de match qu'on ne vit qu'une ou deux fois dans une carrière. J'avais une super complicité avec les consultants (Georges Grün, Frédéric Herpoel, Walter Baseggio). J'ai vécu des épisodes plus insolites. En 2014, après la finale, c'était la foire d'empoigne pour les interviews. Karim Benzema a gentiment accepté de répondre à mes questions. Mais un autre joueur, Ronaldo je crois, est venu le happer pour fêter le sacre. L'interview la plus courte de ma carrière ! J'ai été marqué par Iker Casillas. Quand Bruges a affronté Porto, il n'a pas hésité à attendre dix minutes la venue d'un journaliste qui avait demandé à le rencontrer. Ces moments rendent la compétition magique. Car, derrière ça, il y a beaucoup de fatigue. On cavale tout le temps. Il arrive qu'on parte le matin du match, avec parfois plusieurs avions à prendre. On débarque à l'hôtel, il faut manger, s'accréditer, aller au stade et installer le matériel. On rentre à 1 heure du matin et on se lève à 5 heures pour reprendre l'avion du retour à 7 heures. Je ne me plains pas : ce sont juste de sacrées aventures !