VENDREDI 24 OCTOBRE 06:30

Le réveil sonne. D'abord, un café, je suis incapable de faire quoi que ce soit sans ma tasse. Puis un petit pain et des suppléments alimentaires, des protéines. Ma discipline m'autorise à manger ce que je veux, c'est un avantage.
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Le réveil sonne. D'abord, un café, je suis incapable de faire quoi que ce soit sans ma tasse. Puis un petit pain et des suppléments alimentaires, des protéines. Ma discipline m'autorise à manger ce que je veux, c'est un avantage. Je pars en train à Courtrai, où j'étudie à l'Howest Digital Arts and Entertainment (game design). Topsport Vlaanderen m'a offert un contrat à 80 %, qui passera à 100 % en janvier. Je peux étaler mes examens et je ne dois donc passer que trois demi-journées par semaine à Courtrai. Ma vie est devenue beaucoup plus calme. Cette année, je veux achever trois des cinq modules. La journée d'école est terminée. Dans le train, je mange un sandwich. Je ne peux pas trop manger car s'entraîner l'estomac plein n'est pas idéal. Je pose les jalons de la saison estivale en hiver car pendant les compétitions, je diminue le nombre et l'intensité des séances. Je suis affilié au Royal Vilvoorde Athlétique Club mais je m'entraîne onze ou douze fois par semaine au centre Bloso de Bruges, avec mon père, Emil. Des lancers, des sprints de 150 mètres, très importants pour un sport aussi explosif que le mien. Je m'entraîne à l'instinct, sans suivre de programme car un lanceur de disque dépend énormément des conditions climatiques. Quand il pleut, nous sommes obligés de faire l'impasse sur les séances de lancer. A la salle de muscu. L'année dernière, un moment, je pesais 112 kilos mais une blessure au dos m'a empêché de faire de la musculation et j'ai perdu beaucoup de masse musculaire en peu de temps. Comparé aux deux meilleurs du monde, l'Allemand Robert Harting et le Polonais Piotr Malachowski, je suis un poids léger car ils avoisinent les 130 kilos. Heureusement, la force seule ne suffit pas : il faut une grande envergure et de la vitesse. Le premier repas chaud de la journée, préparé par ma mère. Pas de pâtes ni de plats de sportifs mais une cuisine normale. Après le souper, je travaille encore un peu pour l'école avant de dégager un peu de temps pour mes deux hobbies : le dessin et la production de musique électronique. Idéal pour me changer les idées. PAR CHRIS TETAERT