Imaginez un France-Belgique décisif pour une qualification au Mondial. A quelques minutes du terme, dans un match où nous fûmes minables mais où nous eûmes du bol et où nous tenons le nul, WalterBaseggio reprend imparablement de volée et de la limite du rectangle un ballon repoussé par la défense. But ! La Belgique exulte à l'unisson. Le ralenti TV révèle ensuite que le ballon a lâché un petit nuage mystérieux quand il était à hauteur du point de penalty. Les joueurs français affirment que ce prout fut fracassant et les a déconcentrés. Certains s'aventurent même à parler d'une trajectoire de ballon déviée, par ce qui devient peu à peu une véritable explosion nucléaire.
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Imaginez un France-Belgique décisif pour une qualification au Mondial. A quelques minutes du terme, dans un match où nous fûmes minables mais où nous eûmes du bol et où nous tenons le nul, WalterBaseggio reprend imparablement de volée et de la limite du rectangle un ballon repoussé par la défense. But ! La Belgique exulte à l'unisson. Le ralenti TV révèle ensuite que le ballon a lâché un petit nuage mystérieux quand il était à hauteur du point de penalty. Les joueurs français affirment que ce prout fut fracassant et les a déconcentrés. Certains s'aventurent même à parler d'une trajectoire de ballon déviée, par ce qui devient peu à peu une véritable explosion nucléaire. Là-dessus, s'appuyant sur le texte de l'International Board, la FFF mandate Maître Jacques Vergès pour plaider l'erreur d'arbitrage et le match à rejouer. Des deux côtés de la frontière linguistique, mis à part le Vlaams Belang (et encore on ne sait jamais !) la Belgique devient folle et vocifère : de José Happart à Guy Verhofstadt, d'Ostende à Athus, de Mathilde à Philippe, de Cockerill à Zeebrugge, tous seront solidaires pour hurler au scandale et au mauvais perdant. Y compris La Louvière et la région du Centre... Mais l'anecdote s'est en réalité passée chez nous, avec La Louvière dans le rôle de la France... et les avis sont, du coup, partagés ! Sorry, les Loups, mais je me sens incapable d'ici hurler avec vous ou pour vous : c'était une défaite râlante et imméritée, comme il y en a chaque semaine des centaines sur tous les terrains du globe : une défaite qu'on digère mal en se disant que le foot est parfois un sport à la con, et en oubliant alors qu'il l'est parfois pour ceux d'en face... Mais sur le but de Baseggio, il n'y a rien à redire. Je viens d'aller le revoir sur le site du RSCA (j'étais le 7.883e à le re-visionner !), je n'ai vu ni trajectoire faussée, ni ballon qui cessait d'être rond. Le ballon n'a pas éclaté à 10 mètres de Silvio Proto, il a seulement commencé à pfuiiiter et c'est bien plus tard qu'il s'est amolli : rien à voir avec un ballon qu'on remplace parce qu'on s'aperçoit, en le faisant circuler, qu'il vient de crever ! Alors ici, utiliser le texte de la Loi 2 pour tenter de rejouer le match, c'est utiliser un subterfuge légaliste pour passer outre le verdict de la pelouse, de ses frustrations et de ses aléas... Je suis loin d'être un fan absolu de la CCA, mais que pouvait-elle ici décider d'autre que déclarer la plainte louviéroise " recevable et non fondée " ? Et qu'espéraient les Loups, qui connaissent comme nous tous les grands précédents de l'Histoire du ballon rond ? Rappelons-nous la plainte des Zèbres la saison dernière, elle aussi rejetée par la CCA. De la cuisse, Mustapha Sama remet en retrait à son gardien. Paul Wuyts siffle faute en déclarant par la suite qu'il a cru voir une passe du pied. Et les Carolos ramassent un but, qui les plaçait dans une situation au classement bien plus inquiétante que celle des Loups aujourd'hui. A l'époque, les Zèbres crurent avoir une petite chance en justice fédérale : parce que Wuyts, qui était quand même fort bien mis pour mal voir, aurait pu être accusé de méconnaissance du règlement, voire la reconnaître lui-même. Mais vu que les Zèbres n'ont même pas eu cette petite chance, les Loups n'en avaient pas la moindre aujourd'hui : parce que Serge Gumienny, lui, est 100 % droit dans ses boots. Sûr et certain qu'il n'a pas pu voir le p'tit nuage en direct. En revoyant seulement le ballon ramolli près d'une minute plus tard, par quel prodige mental de reconstitution aurait-il pu changer d'avis ? Faut pas charrier. Mais les avocats charrient, envahissant ce marché du foot triplement excitant parce qu'à la fois polémique, friqué, médiatisé. Là où tu t'adjoignais hier les services d'un attaquant supplémentaire pour marquer des buts sur le terrain, tu t'adjoins aujourd'hui les services d'un avocat pour triompher sur tapis vert : qualifications de joueurs, flous de règlements, problèmes de licences, le boulot ne manque pas pour rafler un max de points sans marquer de but ! Demain, le mercato de Noël servira à transférer, de club plus pauvre à club plus riche, les avocats les plus performants. Vive le sport !npar Bernard JeunejeanQu'espéraient les Loups, qui connaissent TOUS LES GRANDS PRÉCÉDENTS DE L'HISTOIRE DU BALLON ROND ?