Soyons clairs : sur la saison dans son entièreté, Anderlecht mérite sportivement son 31e titre. Mais si on se basait uniquement sur les play-offs, Genk serait devant lui deux matches avant la fin : 18 points contre 15, le Club Bruges étant troisième avec 11 unités. Faut-il chercher des poux dans la tête couronnée des Mauves qui ont terminé sur les rotules ?
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Soyons clairs : sur la saison dans son entièreté, Anderlecht mérite sportivement son 31e titre. Mais si on se basait uniquement sur les play-offs, Genk serait devant lui deux matches avant la fin : 18 points contre 15, le Club Bruges étant troisième avec 11 unités. Faut-il chercher des poux dans la tête couronnée des Mauves qui ont terminé sur les rotules ? Les play-offs ont, en plus d'une orientation suspense, le mérite de souligner ce qui ne va pas dans les clubs. La répétition des matches et la pression permettent d'aguerrir les équipes. Le problème, évidemment, est que le niveau descend toujours d'un cran dans ce type de compétition partielle et qu'il faut souvent compter sur l'un ou l'autre exploit individuel pour décider d'un match. Dimanche, ce fut le cas à Anderlecht où Guillaume Gillet, qui avait raté toutes ses passes, ne dévissa pas son envoi sur l'ultime action : un penalty - mérité - superbement pris. Les Mauves avaient déjà des têtes d'enterrement et on se souvenait des mots du pionnier du journalisme sportif télévisuel, Arsène Vaillant (ex-grand joueur d'Anderlecht par ailleurs) : " un match de football n'est jamais terminé avant la dernière seconde ". Les journalistes américains ont une plus belle formule : - It's not over until the fat lady sings (trad. : ce n'est pas fini avant que la grosse dame chante) référence à l'opéra qui ne se termine jamais avant le solo de la prima donna. Au stade Constant Vanden Stock, c'était comme si on avait raclé les nerfs des Mauves avec un morceau de cristal. Pas extraordinaires depuis quelques semaines (surtout à domicile), il shootaient carrément dans leurs godasses. L'entrejeu censé être le régulateur technique de l'équipe remplissait consciencieusement une benne de déchets. Lucas Biglia se camouflait dans sa défense, Sacha Kljestan ressemblait à un joueur de baseball, MilanJovanovic courait sur les genoux et le futur héros Gillet se rongeait les poings de frustration. Ariel Jacobs, pas dupe, y alla d'un commentaire même pas sibyllin : - On va mettre ça sur le compte du stress. Le " ça ", c'est le niveau pénible de joueurs qui ne parvenaient pas à garder le ballon en le faisant circuler. En désespoir de cause, le T1 donna le go aux longs ballons. La montée de Fernando Canesin apporta un peu de lueur dans la grisaille mais pourquoi de meilleurs joueurs n'étaient-ils pas alignés ? Patou Kabangu aurait mieux fait que GG et Bedi Mbenza que Sacha, non ? Avant (et sans remonter au temps d'Arsène Vaillant !), on disait qu'un joueur " était - ou pas - pour Anderlecht ". Question de qualité technique, de vision et de passing. Comment jouer de manière constructive quand on ne possède pas le ballon. Où sont les Enzo Scifo, Marc Degryse, Pär Zetterberg ou Johan Walem qui ne rataient jamais une passe ? Pas étonnant que les joueurs anderlechtois soient cramés : ça n'a rien à voir avec les play-offs. C'est parce qu'ils passent leur temps à courir derrière le ballon. Normalement, à Anderlecht, c'est ce dernier qui doit courir... Alors, ça va pendant quelques semaines, quelques mois et puis on passe à travers. Surtout quand Mati Suarez ne termine pas sa saison ! Et si on parle de petit champion, c'est la direction qui doit assumer la critique. L'exigence doit venir d'en haut. On doit vouloir jouer un bon football, construit. Anderlecht a un certain potentiel pour y arriver. Dommage qu'il n'y soit pas parvenu cette saison. Bref, on attend toujours le retour du football champagne... PAR JOHN BAETEOn attend toujours le retour du football champagne...