La grande famille du sport belge était à la fête la semaine passée avec des sacres internationaux sur les courts de tennis féminins à l'Open d'Australie et, roues sur le dos, dans les labourés de Pontchâteau en France. Les rois du cyclocross, et Bart Wellens en particulier, ne nous en voudront pas de placer les exploits de Justine Henin et de Kim Clijsters beaucoup plus haut que leurs tenues irisées sur l'échelle de Richter de l'émotion sportive. La troisième victoire de la championne de Rochefort dans un tournoi du Grand Chelem, tout en y confirmant sa place du numéro 1 mondiale, est à classer au plus haut dans cette magnitude des moments de joie intense.
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La grande famille du sport belge était à la fête la semaine passée avec des sacres internationaux sur les courts de tennis féminins à l'Open d'Australie et, roues sur le dos, dans les labourés de Pontchâteau en France. Les rois du cyclocross, et Bart Wellens en particulier, ne nous en voudront pas de placer les exploits de Justine Henin et de Kim Clijsters beaucoup plus haut que leurs tenues irisées sur l'échelle de Richter de l'émotion sportive. La troisième victoire de la championne de Rochefort dans un tournoi du Grand Chelem, tout en y confirmant sa place du numéro 1 mondiale, est à classer au plus haut dans cette magnitude des moments de joie intense. Jean-Pierre Raffarin, le Premier ministre français, a inventé une expression en évoquant " la France d'en haut et la France d'en bas ", comme s'il y avait une cassure entre ceux qui décident et des plébéiens n'ayant rien à dire. Justine et Kim sont devenues des aristocrates du sport, dans le bon sens du terme, mais restent en phase avec leur parcours d'un petit club jusqu'au top planétaire. Pour elles, il n'y a pas de tennis d'en haut et de tennis d'en bas : il y a le sport, tout simplement. Une discipline, c'est une accumulation de strates. Il en va ainsi pour le football, comme nous le prouvons dans notre magazine. Michel Preud'homme a reçu Sport-FootMagazine afin de faire le point alors que les Rouches marquent le pas en n'ayant enregistré que trois matches nuls depuis la reprise du championnat. Des questions se posent, il y répond avec franchise. C'est le football comme il en va au plus haut niveau, avec ses joies et ses soucis. Des vieux de la vieille, tels Dany Verlinden et Yves Vanderhaeghe, parlent de leur corporation et de leurs ambitions. Liviu Ciobotariu dépeint son nouvel univers après avoir quitté Mons afin de rejoindre l'Antwerp. Son aventure est aussi intéressante que celle de Grégory Lorenzi, jeune joueur corse formé à Nantes mais ayant trouvé chaussure à son pied à Mouscron. Gunter Van Handenhoven, lui, retrouve du poil de la bête à La Louvière. MatthieuVerschuere, le médian défensif français de Gand, évoque ses problèmes personnels qui ont forgé une personnalité attachante. Nous avons rencontré LucasZelenka, ex-Anderlecht et Westerlo, devenu une star dans son pays, la Tchéquie. L'actualité de la D1 est aussi marquée par la fin du mercato d'hiver qui a modifié, profondément ou pas, le visage des clubs de l'élite. Ce tour hebdomadaire du foot belge aurait été incomplet sans le développement d'une photographie consacrée à un club de Division 3B : Spa. A l'heure où la formation revient au goût du jour, votre magazine a réuni une vedette plus que montante, Grégory Dufer, et l'équipe des - 17 ans de Charleroi. Le feu follet des Zèbres avait beaucoup de choses à raconter aux jeunes. L'échange fut intéressant. La bonne éducation de ces ados nous a réjouis. Ils portaient tous le training de leur club. Polis, ils ont donné une dimension fraîche au débat, prouvant qu'ils étaient dignes de la confiance investie en eux. La formation bien menée est la voie à suivre car il y a du talent chez nous comme vient, une fois de plus, de le prouver Daniel Van Buyten. Il n'aurait jamais connu le Standard, Marseille et maintenant Manchester City sans ses escales dans des petits clubs puis au Sporting de Charleroi. Philippe Albert ne l'avait-il pas précédé en partant de loin (Bouillon) avant de briller à l'étranger ? Ces aventures font penser à celle d'un ingénieur wallon, Etienne Lenoir, démarrant lui aussi d'un petit patelin, Mussy-la-Ville, et pas d'une métropole, afin d'internationaliser une invention qui allait donner naissance à l'automobile : le moteur à explosion. Qui s'en souvient ? C'est souvent dans les petites rivières (clubs) que les chercheurs trouvent les plus belles pépites d'or (joueurs). Les Belges n'apprécient pas assez leurs talents et compétences. Des vedettes, des nouveaux venus, un club sans grand renom, des jeunes : il n'y a pas de foot d'en haut sans foot d'en bas. Pas de D1 supérieure et de D1 inférieure. Tout se tient et la Ligue Professionnelle semble l'avoir compris en ne s'abîmant plus, pour le moment, dans des conflits inutiles entre les géants et les sans grade. par Pierre BilicIl n'y a pas de foot d'en haut sans foot d'en bas, pas de D1 supérieure et de D1 inférieure.