Ne parlez pas de lui du côté de Charleroi, ça pourrait passer pour de la provocation : le Malinois Robin Henkens (23 ans) a bouffé du Zèbre lors de la première journée. Deux buts, deux assists, 4-2. Commentaire de Wim De Coninck, consultant à la télé flamande : " Je comprends qu'il ait autrefois quitté Genk où on ne croyait pas en lui. Mais aujourd'hui, je me demande ce qu'on en pense là-bas. Laisser partir Henkens puis dépenser une fortune pour Julien Gorius quelques années plus tard, ça m'échappe un peu... "
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Ne parlez pas de lui du côté de Charleroi, ça pourrait passer pour de la provocation : le Malinois Robin Henkens (23 ans) a bouffé du Zèbre lors de la première journée. Deux buts, deux assists, 4-2. Commentaire de Wim De Coninck, consultant à la télé flamande : " Je comprends qu'il ait autrefois quitté Genk où on ne croyait pas en lui. Mais aujourd'hui, je me demande ce qu'on en pense là-bas. Laisser partir Henkens puis dépenser une fortune pour Julien Gorius quelques années plus tard, ça m'échappe un peu... " " Gorius ", le nom est lâché. Depuis l'ouverture du championnat, on n'arrête pas de faire la comparaison entre l'ancien et le nouveau. Malines tient sa nouvelle star, ce qui a vite permis d'oublier le Français. " Si je parviens à signifier pour ce club ce que Gorius y a représenté, ma carrière sera réussie ", dit Henkens. " Il faisait tout ici. Malines, c'était Gorius. Sur dix actions offensives, il en organisait huit. "Henkens, un petit nouveau qui découvre la D1 ? Même pas. Il éclate aujourd'hui mais l'avait déjà effleurée. Son parcours a été assez compliqué. Chez les jeunes, tout roule. Il a été formé à Genk, où il a passé une dizaine d'années. " Je faisais partie d'une super génération avec David Hubert, Marvin Ogunjimi, Christian Benteke et Jelle Vossen. Nous avons été champions en Espoirs et on me considérait comme une des plus grandes promesses du club. " Mais au contraire de tous ces joueurs, Henkens ne fait pas son trou en D1. Au moment où Hugo Broos les appelle dans le noyau A, il enchaîne les blessures et perd près d'un an. Surtout que d'autres médians, susceptibles de jouer à la même place, ne l'attendent pas pour prouver leur qualités : Wim De Decker, Daniel Töszer, Wouter Vrancken. On ne le retient pas, on le prête à Lommel. Quand il revient, Ronny Van Geneugden (entraîneur) et WillyReynders (directeur technique) ont dû décamper : les deux hommes du club qui croyaient le plus en lui. " Dirk Degraen et Hein Vanhaezebrouck étaient arrivés, ils n'avaient jamais entendu parler de moi et n'ont pas voulu me conserver. " Il est donc définitivement transféré à Lommel, toujours en D2. Commentaire de Broos aujourd'hui : " J'ai eu du mal à y croire quand je l'ai vu dans le match Malines-Charleroi. Je me suis dit : - Pas possible, ce n'est plus le petit Robin que j'avais croisé à Genk. A l'époque, il était très tendre, physiquement trop court pour se faire une place en première division. Entre-temps, il s'est méchamment développé. " A écouter Henkens, sa réussite à Lommel porte un nom : Franky Van der Elst. Le respect est réciproque. " Henkens est un gars fin, intelligent, endurant, technique. Il voit clair et possède une frappe très pure. Il y a peu d'exemples de footballeurs qui s'imposent en D1 après avoir dû redescendre en D2. Il est sur le point de le faire. Ça prouve une grande force mentale. " Pourtant, on a bien cru que sa nouvelle chance en première division allait déboucher sur un nouveau couac. Eté 2011 : Robin quitte Lommel pour Malines. Mai 2012 : il n'a fait qu'une dizaine d'apparitions en championnat, le plus souvent des bribes de matches, il n'a jamais été un joueur en vue alors qu'il était habitué à tout jouer avec Lommel. La figure emblématique du club a envisagé de s'en débarrasser au début des actuelles grandes vacances : " On s'est dit qu'il était arrivé à un âge où il devait absolument jouer, il semblait sur une voie de garage et c'est vrai que nous avons pensé à le laisser partir ", dit maintenant Fi Vanhoof, directeur sportif. Durant le championnat 2011-2012, Henkens a deux handicaps : la concurrence de Gorius (" Ils n'ont pourtant pas le même profil : Gorius est un vrai meneur de jeu alors que Henkens est plus un médian moderne qui se retrouve dans le rectangle une dizaine de fois par match ", ajoute Vanhoof) et la présence de Marc Brys. Entre le tout petit format limbourgeois (1m74, 70 kg) qui a grandi dans la rue où habitait René Vandereycken (" On ne le voyait jamais, il ne sortait que pour promener son chien ") et son coach, le courant ne passe pas. Les conceptions du foot ne se ressemblent pas. Dès que Brys a vidé son armoire, cet été, Henkens l'a réduit en cendres : " Il n'y avait plus aucune chimie entre le noyau et lui. En plus, il imposait un foot bien trop défensif. Son premier objectif était de ne pas encaisser. Brys osait dire que j'étais l'avenir de Malines. Ben oui, mais moi, j'aurais préféré simplement être sur le terrain. Au bout du compte, j'ai commencé à douter de moi, à me demander si j'avais le potentiel pour la D1. "Et le nouveau coach, Harm van Veldhoven ? " Rien à voir. On joue maintenant pour marquer des buts. Ce coach est une bénédiction pour Malines, une libération pour tous les joueurs. Lui et moi, on pense de la même façon : possession de ballon, jeu vers l'avant, attaque. On ne discute plus de la même chose. " PAR PIERRE DANVOYE - PHOTO : IMAGEGLOBEHenkens est champion en Espoirs à Genk avec Hubert, Benteke, Vossen, Ogunjimi. Ils percent, lui disparaît.