Quelle fin de saison pour Damiano Cunego (23 ans) qui est passé en tête du classement 2004 de l'UCI en remportant le Tour de Lombardie le 16 octobre et a conforté cette position (jusqu'en février prochain) en terminant deuxième derrière l'Allemand Patrik Sinkewitz à la Japan Cup huit jours plus tard ! Depuis 1989, année au cours de laquelle a été adopté le classement pratiquement sous la forme actuelle, jamais un leader n'avait été aussi jeune.
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Quelle fin de saison pour Damiano Cunego (23 ans) qui est passé en tête du classement 2004 de l'UCI en remportant le Tour de Lombardie le 16 octobre et a conforté cette position (jusqu'en février prochain) en terminant deuxième derrière l'Allemand Patrik Sinkewitz à la Japan Cup huit jours plus tard ! Depuis 1989, année au cours de laquelle a été adopté le classement pratiquement sous la forme actuelle, jamais un leader n'avait été aussi jeune. " Ce succès ponctue de la plus belle manière qui soit une année fantastique grâce à mes magnifiques équipiers qui se sont sacrifiés pour moi. Grâce aussi à moi qui y ai cru jusqu'au bout ", commenta le coureur. " Ce classement est une satisfaction majeure pour moi mais c'est aussi une grande responsabilité. Il faut être fort dans sa tête pour affronter 1.000 obligations sportives et extra sportives sans jamais faire mauvaise figure ". Retraçons cette saison formidable en partant de l'hiver au cours duquel Cunego a perdu quatre kilos : " C'était fondamental pour aller plus vite en montée. Si je sens la différence ? Et comment ! Je n'ai pas suivi de régime particulier J'ai mangé un peu plus de fruits et de légumes et des pâtes seulement après les entraînements lourds. Puis j'ai fait beaucoup de musculation pour atteindre un rééquilibre musculaire au niveau du dos que j'ai un peu fragile ". Le 8 février, Cunego s'est présenté au départ du GP Côte des Etrusques à Donoratico. C'était un coureur de l'équipe Saeco, un jeune espoir, rien de plus. Une promesse, que peu de supporters connaissaient. " Je sentais que les objectifs que j'ai atteints cette saison étaient à ma portée. Mais je croyais les atteindre un peu plus tard ", reconnaît Cunego. Le 23 avril, au Tour du Trentin, il enlève la première de ses 18 victoires en 86 jours de compétition, circuits compris. " Là, j'ai eu les premiers signes que ma carrière était en train de changer. J'ai compris que je pouvais être un gagneur ". Et le Giro ? " Lorsque j'ai repris le maillot à Falzes, au terme de la 16e étape, avec l'équipe nous avons réalisé un exploit. Ce 25 mai 2004 restera à jamais marqué dans mon c£ur. En revanche, j'ai vécu les jours les plus durs à la Vuelta. C'est vrai que je m'y suis rendu pour y acquérir de l'expérience et préparer le championnat du monde. Mais je m'étais habitué à être un protagoniste et en Espagne, je souffrais et je courais avec un objectif, celui de limiter les dégâts. A la 14e étape, j'étais déjà en difficulté dès les premières montées et atteindre l'arrivée a été très dur. J'étais démoralisé et je me suis même posé des questions quant à mon état de forme en vue du Mondial. Avec le recul, je me dis que ce qui m'est arrivé là-bas a été un bien car si tout coule de source, tu ne progresses pas ". Et la saison prochaine ? 9 tifosi sur 10 aimeraient que Cunego aille au Tour de France en 2005. Le 30 septembre, les patrons de la Saeco et de la Lampre ont signé un accord pour la création d'un nouveau groupe à partir de la prochaine saison. Les ambitions des deux présidents, Sergio Zappella et Emanuele Galbusera sont claires : la formation devra directement jouer les premiers plans dans le cadre du Pro-Tour. Cunego n'a peut-être pas la possibilité de décider seul de son avenir : " Notre intention était d'y aller en 2006, mais qui sait, nous pourrions anticiper. J'irai pour y apprendre à gagner. Je crois que c'est la bonne philosophie. Mon objectif pour la prochaine saison est de m'améliorer dans les contre-la-montre : c'est mon point faible. Je ne suivrai toutefois pas de préparation spécifique. Je commencerai par enfourcher quelques fois le vélo de contre-la-montre à l'entraînement de manière à trouver le feeling. Ensuite, je devrai beaucoup travailler pour améliorer ma position ". Après sa victoire au Giro, à Cerro Veronese, un petit village de 2.000 âmes, Cunego a été surnommé le PetitPrince, comme le héros de son livre favori. Une manière sans doute pour ses concitoyens de dire combien ils admirent le talent, l'élégance et le comportement posé de leur champion. Pourtant, Cunego a choisi pour héros Marco Pantani et Jim Morrison, le leader des Doors, deux idoles considérées à la fois comme des saints et des démons, des victimes et des suicidaires ayant subi le même tragique destin marqué du sceau de la drogue, de l'excès et de la solitude. Mais il est fort probable que l'admiration que le nouveau champion du monde voue aux deux personnages n'est due qu'à la créativité dont les deux stars ont fait preuve dans leurs domaines respectifs, le cyclisme et la musique. Et puis, combien de fois n'a-t-on pas répété que Curego ressemble au Pirate, par son talent et ses caractéristiques techniques ? " Notre monde est ainsi fait que tant que tu es fort, tous restent autour de toi et te soutiennent. Si tu commences à céder, ils te laissent tomber. C'est le scénario qui s'est déroulé pour Marco même s'il y a mis du sien pour rester seul. C'était mon idole et il ne méritait pas la fin qu'il a connue. La comparaison avec lui ne m'ennuie pas. Je pense même qu'elle ferait plaisir à n'importe qui mais cela ne constitue pas un motif pour m'exalter... ". Il existe un fil conducteur entre Pantani et Cunego : Giuseppe Martinelli, le directeur sportif qui, en 1999, avait offert au jeune Véronais la possibilité de rencontrer Pantani en lui permettant de passer deux jours en sa compagnie lors du stage hivernal de décembre 99. En 2000, Martinelli avait même proposé au jeune coureur de passer directement chez les pros et de faire l'impasse sur la catégorie des -23 ans. Cunego refusa de franchir le pas : il le trouvait trop hasardeux pour un jeune ayant à peine trois saisons de compétition à son actif. Cette année, Cunego a remporté le Giro à sa deuxième participation. Personne, même pas lui, n'avait imaginé que cela puisse arriver. Petit à petit, il a inversé les forces en présence et obligé son équipe à modifier ses plans : Gilberto Simoni, le leader désigné, ne remporterait pas son troisième Tour d'Italie. Un champion était-il né ? En tout cas, Cunego est prédestiné. " De nombreuses personnes prétendent que regarder la télévision trop longuement est nuisible et c'est mon cas ! Quand j'étais enfant, je passais des heures devant l'écran à suivre le Tour d'Italie et ainsi je suis devenu malade de cyclisme. Qui aurait pu imaginer que quelques années plus tard, je me retrouverais en train d'escalader les Dolomites aux côtés de certains champions que j'observais avec admiration assis dans le fauteuil de mon salon ?" Gamin il a gagné tout ce qu'il a voulu. Il a été champion régional et médaille de bronze aux championnats d'Italie de cross-country en 1995. Il avait même débuté par le hockey sur glace avant de passer au cross-country et au cyclisme. Les sports d'équipes ne lui plaisaient pas, c'était un individualiste mais ses parents n'étaient pas convaincus que le cyclisme soit son sport. Ils avaient peur et étaient préoccupés lorsque leur fils partait s'entraîner le long des routes. Il a acheté lui-même son premier vélo de course, a travaillé comme boulanger pendant un été et décidé que le cyclisme, aussi dur puisse-t-il être, était toujours moins éreintant que de passer des nuits blanches à mettre le pain au four. " J'avais 16 ans quand je me suis dit que le cyclisme ne pouvait pas rester pour moi une simple passion télévisée, un dérivatif d'après école. Mais mieux vaut tard que jamais : lors de ma première et unique année chez les Débutants j'ai remporté 14 courses et j'ai décidé de ne plus descendre de mon vélo. J'ai poursuivi mon parcours dans les catégories d'âge avec huit succès pour ma première saison chez les Juniors. L'année suivante, en 1999, j'ai totalisé le même nombre de victoires mais une d'entre elles changea ma vie : la course à l'arc-en-ciel à Vérone. Devenir champion du monde Juniors sur mes routes, devant mon public, après trois ans de compétition seulement, c'est un événement impossible à répéter, mais également un signal fort : mon destin était en vélo. Lors de mes deux saisons avec les ûde 23 ans, j'ai suffisamment bien marché dans les courses importantes ". C'était parti... Nicolas Ribaudo, avec ESM" Après les victoires du printemps est arrivé le Giro et pour moi C'éTAIT DéJà COMME SI JE VOLAIS "