Riise. Le nom résonne aux oreilles des amateurs de football européen. Il évoque le rouquin de Liverpool qui crève régulièrement l'écran et qui célèbre ses buts en ôtant son maillot. Björn (19 ans) est le petit frère de JohnArne (22 ans). Comme son aîné, il porte un maillot rouge, mais celui du Standard. Voici 15 jours, contre Beveren, il a fêté sa première titularisation. Ses débuts furent relativement timides. "J'étais assez nerveux", reconnaît-il. "C'était mon premier match au niveau professionnel. La première fois, aussi, que je jouais devant autant de monde. En Norvège, dans les clubs de province, on dépasse rarement les 1.000 ou 1.500 spectateurs. C'est impressionnant de jouer à Sclessin. En première mi-temps, j'ai eu du mal à trouver les marques. Mais, au fil du temps, je me suis senti plus à l'aise".
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Riise. Le nom résonne aux oreilles des amateurs de football européen. Il évoque le rouquin de Liverpool qui crève régulièrement l'écran et qui célèbre ses buts en ôtant son maillot. Björn (19 ans) est le petit frère de JohnArne (22 ans). Comme son aîné, il porte un maillot rouge, mais celui du Standard. Voici 15 jours, contre Beveren, il a fêté sa première titularisation. Ses débuts furent relativement timides. "J'étais assez nerveux", reconnaît-il. "C'était mon premier match au niveau professionnel. La première fois, aussi, que je jouais devant autant de monde. En Norvège, dans les clubs de province, on dépasse rarement les 1.000 ou 1.500 spectateurs. C'est impressionnant de jouer à Sclessin. En première mi-temps, j'ai eu du mal à trouver les marques. Mais, au fil du temps, je me suis senti plus à l'aise". Footballeur à quatre ans et demiLes Riise sont originaires d'Alesund, une petite ville tranquille sur la côté occidentale de la Norvège célèbre pour la beauté de ses fjords. C'est là que le petit Björn tâta du ballon dès l'âge de... quatre ans et demi! "Certes, je ne disputais pas encore de compétition officielle à cet âge-là, mais je foulais déjà régulièrement la pelouse d'entraînement. Mon voisin était l'un des entraîneurs du club et il m'a emmené. Mon frère, forcément, m'avait déjà précédé. Nous avons rarement évolué ensemble. Outre les trois ans d'âge qui nous séparent, il était aussi, dès sa plus tendre enfance, grand et costaud. Il évoluait fréquemment dans une catégorie supérieure à la sienne. Il fut aussi rapidement repéré par les recruteurs. John Arne avait 15 ans lorsqu'il débuta en équipe Première d'Alesund et 17 ans lorsqu'il découvrit le football professionnel à Monaco. Cinq saisons plus tard, il est déjà une valeur sûre de Liverpool. Je suis fier de son parcours. Mais, parfois, j'aimerais qu'on cesse les comparaisons. Elles peuvent avoir un côté irritant. Lorsqu'on me présente à quelqu'un, c'est toujours en ces termes: - C'estBjörn, lepetitfrèredeJohnArne! Suivre les traces de mon aîné représente un beau défi. C'est à la fois une source de motivation et de pression. Car le nom de Riise est lourd à porter pour un footballeur norvégien. Lorsque j'avais 14 ans, les questions fusaient. Toujours les mêmes: - JohnArne adéjàintégrél'équipePremièred'Alesund, quandsera- cetontour?JohnArneestdéjàprofessionnel àl'étranger, quandlesuivras- tu?JohnArneestdéjàinternational, ettoi? A certains moments, j'aurais aimé qu'on me laisse tranquillement vivre ma vie et bâtir ma carrière à mon rythme. Car j'estime que je ne me débrouille pas mal non plus. Après tout, moi aussi, j'ai joué en équipe Première d'Alesund à 16 ans. Je ne suis pas inférieur à John Arne. Je suis simplement différent. Mon frère aîné est un joueur très physique. Je dois davantage avoir recours à ma technique. Et à ma rapidité? C'est un aspect que je dois encore travailler, à fortiori si je veux percer sur le flanc droit, ma place de prédilection. J'adore courir". Curieusement, pour un talent aussi précoce, ses sélections internationales sont rares. "Gamin, on me considérait trop frêle. J'ai fait beaucoup de musculation, et à 17 ans, j'ai été appelé pour la première fois. L'été dernier, j'aurais pu participer au Championnat d'Europe des -19 ans, organisé en Norvège précisément. Mais, peu de temps avant, j'avais eu une petite divergence de vues avec l'entraîneur d'Alesund qui m'avait écarté de l'équipe. Comme je ne jouais pas dans mon club, je n'ai pas été repris en sélection".Fan de Zidane et de Manchester Utd En février, le petit Björn débarqua au Standard pour une nouvelle aventure. "Mon contrat à Alesund arrivait à échéance", explique-t-il. "Ma maman, qui est aussi mon... manager, a téléphoné aux quatre coins de l'Europe et j'ai été invité en Belgique pour y passer un test. Celui-ci s'est avéré concluant. J'ai signé jusqu'en 2006. C'est un investissement. Pour l'instant, l'argent n'a pas d'importance. Il viendra tout seul si je parviens à m'imposer. J'en suis encore au tout début de ma carrière. J'ai encore beaucoup à apprendre. Pour l'instant, j'ai encore l'impression d'être en repérage. J'ai débarqué en plein milieu de la saison dans un groupe déjà formé. Cela ira mieux la saison prochaine, lorsque je prendrai part à la préparation d'avant-championnat. Elle est très importante dans l'optique de l'intégration. En juillet, je pourrai prendre mon véritable départ avec le Standard. Je trépigne déjà d'impatience en songeant à cette perspective. Je suis tellement heureux de me retrouver au milieu de tant de bons joueurs. Je n'ai pas vraiment de plan de carrière. Je rêve, bien sûr, de faire partie d'un grand club européen comme John Arne, mais si je me plais bien au Standard - ce qui est le cas jusqu'à présent - je ne verrais aucune objection à signer un long bail avec le club liégeois".Son idole? " ZinedineZidane. Il joue avec une telle facilité. Avec lui, les gestes techniques les plus audacieux paraissent extrêmement simples à réaliser. Lorsque j'étais gosse, j'étais supporter de Manchester United. C'est encore le cas aujourd'hui, mais lorsque les Red Devils affrontent Liverpool, je me dois évidemment de supporter mon frère. J'ai déjà eu l'occasion de me rendre à Anfield Road en plusieurs occasions. Aujourd'hui, c'est plus difficile. J'ai d'autres obligations. Mais j'ai encore John Arne quasiment tous les jours au téléphone. Il est heureux que je me sois bien adapté à Liège". Le néerlandais à l'écoleBjörn ne ressent pas la solitude dans la Cité Ardente. "A l'entraînement, Ole- MartinAarst me sert de guide. C'est bien d'avoir un compatriote à ses côtés et de pouvoir converser dans sa langue maternelle de temps en temps. En dehors du terrain, je retrouve ma copine qui m'a accompagné en Belgique. Nous sommes ensemble depuis deux ans. Mon frère aîné John Arne se mariera le 14 juin à Alesund. Il est déjà le père d'une petite fille de deux ans. Personnellement, je ne me sens pas encore mûr pour de telles responsabilités, mais je me débrouille facilement loin de la famille. La Norvège est un pays très étendu et un footballeur apprend très rapidement à voyager". A l'étranger, la connaissance des langues aide. Comme la grosse majorité des Norvégiens, Björn Riise manie l'anglais avec facilité. "L'étude de la langue de Shakespeare est obligatoire à l'école. En option, on peut aussi apprendre le français, le néerlandais, l'italien ou l'espagnol. J'ai opté pour le néerlandais, qui présente certaines similitudes avec les langues scandinaves. C'est cocasse, évidemment, alors que je me retrouve dans la partie francophone de la Belgique, mais je ne pouvais pas le savoir. Aujourd'hui, j'essaye d'apprendre progressivement quelques mots de français, mais c'est difficile". Le football a rythmé toute la vie de Björn. "Je suis pratiquement né avec un ballon au pied. Avant l'école, après l'école: je ne connaissais qu'une seule occupation. Et, aujourd'hui, je savoure mon bonheur. Le golf est un autre de mes hobbies. J'adore ces tournois au grand air, lors des longues journées estivales scandinaves. Je ne m'y débrouille pas mal non plus". Daniel Devos "Je ne suis pas inférieur à John Arne. Je suis simplement différent"