Janvier rime avec compliqué à Mons. Il y a eu la raclée à Malines, le nul à domicile face à Oud-Heverlee Louvain, la défaite au Standard puis le revers ce week-end contre le Club Bruges. Alors, ça s'énerve un peu à différents étages du club. Certains se lâchent publiquement, quitte à égratigner l'un ou l'autre joueur, voire le staff.
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Janvier rime avec compliqué à Mons. Il y a eu la raclée à Malines, le nul à domicile face à Oud-Heverlee Louvain, la défaite au Standard puis le revers ce week-end contre le Club Bruges. Alors, ça s'énerve un peu à différents étages du club. Certains se lâchent publiquement, quitte à égratigner l'un ou l'autre joueur, voire le staff. Ce fut frappant après le match à Sclessin. Dennis van Wijk a flingué ses défenseurs centraux, Aliou Dia et Jérémy Sapina. Il leur a reproché de ne pas avoir joué comme des pros. Tim Matthys a dit : " Notre défense, c'était l'E40. " Jérémy Perbet a aussi mis le doigt sur les cadeaux offerts par la ligne arrière : " Quand je vois le marquage dont je fais l'objet chaque semaine, je me dis que ce serait plus simple si je bénéficiais d'autant d'espaces que nos adversaires. " Et il a mis en cause une tactique frileuse : " Voilà ce qui arrive à force de défendre. " Benjamin Nicaise se réjouissait ironiquement d'avoir pu être sur le terrain un peu plus longtemps que d'habitude : " J'étais content de jouer plus d'un quart d'heure. " Et après Bruges, rebelote. Cette série de contre-performances marque les visages. Olivier Werner lançait : " Comme chaque week-end, nous ne gagnons pas les duels dans notre rectangle. " Tout cela démontre une certaine fébrilité. Compréhensible dans un club qui ne gagne plus. Les play-offs 1 s'éloignent, sont devenus une mission impossible. Il reste le coup à jouer en Coupe, avec le match aller face à Courtrai ce mercredi. La sérénité va-t-elle revenir ? Cela pourrait bien dépendre de l'évolution de la relation entre la direction et van Wijk. Une relation " je t'aime moi non plus ". Le Hollandais est sous contrat jusqu'en fin de saison. Il dit qu'il est prêt à prolonger. Le club se dit satisfait de lui. Mais l'incertitude sur son avenir durera jusqu'à la fin du mois de février. Au moins. A-t-il moins d'emprise sur le noyau depuis que l'on se pose des questions sur son avenir à Mons ? Analyse, questions-clés et plongée dans la cuisine interne du Stade Tondreau. Dennis van Wijk est arrivé à Mons en janvier 2011 et s'était engagé jusqu'à la fin du championnat de D2 : logique. Mais on aurait pu lui offrir ensuite un bail plus long, puisqu'on avait vu ce qu'il avait dans le ventre. " Un an, c'est la politique de la maison ", dit le directeur Alain Lommers. " Cela ne voulait pas dire que nous n'avions pas une confiance totale en van Wijk. " Cette " politique de la maison " s'explique par un passé douloureux, avec José Riga. Dans l'euphorie de bons résultats, le club avait accepté de lui offrir un contrat de trois ans. " Trois mois plus tard, il était dehors et je négociais avec lui son indemnité de départ ", rappelle Lommers. Les deux parties souhaitaient régler l'affaire à l'amiable. Riga savait qu'il aurait probablement touché plus d'argent s'il avait attaqué le club en justice, mais cela aurait pris plusieurs années. Alors, on avait coupé la poire en deux. " Mais cela représentait quand même beaucoup d'argent ", avoue le directeur. A Mons, désormais, il est possible qu'on offre encore deux ans de contrat à un coach, mais certainement pas trois. La direction considère qu'en invitant van Wijk à discuter maintenant, ces négociations ne se feraient pas à tête reposée. Elle souhaite prendre du recul. Dans quelques semaines, on verra beaucoup plus clair au classement et on saura si Mons joue ou pas la finale de la Coupe. Si le club disputait les PO1, voire s'il se qualifiait pour l'Europa League via la Coupe, les ambitions pour la saison prochaine seraient revues à la hausse, le budget augmenterait, des joueurs plus forts seraient transférés, etc. Les dirigeants souhaitent avoir tous les éléments en mains pour aborder l'avenir avec van Wijk. En début de semaine passée, un quotidien flamand a annoncé son départ presque acquis en mai. Lommers l'a directement convoqué et lui a montré l'article. L'entraîneur s'est dit surpris du contenu et a répété au directeur ce qu'il avait dit quatre jours plus tôt au président Domenico Leone : il est prêt à prolonger à Mons, en sachant qu'il ne pourrait à nouveau signer que pour une saison. Depuis quelques semaines, le club prépare déjà le championnat 2012-2013, on parle renforts, organisation, etc. Et van Wijk est mêlé à ces travaux. Pour les dirigeants, cela veut dire beaucoup. " Nous lui demandons son avis dans différents dossiers, comme s'il était acquis qu'il resterait chez nous ", dit Lommers. Il ajoute : " Cela ne nous dérangerait pas de continuer encore dix ans avec lui. Chaque fois avec des contrats d'une saison... " Une chose semble sûre : van Wijk aura la priorité quand la direction se penchera sur le cas de l'entraîneur pour la saison prochaine. Il l'avait déjà eue après la victoire dans le tour final, alors que les CV s'accumulaient dans le bureau du directeur. Durant un temps, à Mons, on a travaillé avec des contrats d'entraîneur à durée indéterminée. Gros avantage pour le club : en cas de licenciement, il fallait débourser moins d'argent que dans le cas d'un contrat à durée déterminée si le C4 survenait longtemps avant le terme du bail. Mais la direction est entre-temps revenue à des contrats " normaux ", des CDD, parce qu'un CDI pour un coach n'est pas tout à fait légal. Un entraîneur n'est pas un employé classique, c'est un sportif rémunéré comme les joueurs, on doit donc lui faire signer un contrat limité dans le temps. Le contrat de van Wijk ne prévoit pas de prime de classement. Il touche un fixe et des primes de matches nuls et de victoires, comme les joueurs. Le système ne changera que si Mons participe aux play-offs 1 : dans ce cas, une prime de classement final sera négociée. Elle concernera autant l'entraîneur que les joueurs. En Coupe, les primes sont discutées après chaque qualification. Elles dépendent du niveau du futur adversaire et du stade de la compétition. C'est le capitaine (éventuellement accompagné d'un ou deux coéquipiers) qui négocie pour le groupe. " Le staff et le noyau ont toujours été satisfaits des primes que nous leur avons proposées pour les matches de Coupe ", dit Lommers. Une Coupe qui, jusqu'à présent, n'est pas une bonne opération financière pour le club. Mons est en demi-finales mais l'aventure a coûté plus qu'elle n'a rapporté. Les primes versées aux joueurs représentent plus que les rentrées en ticketing et droits TV. Si les Dragons sont éliminés par Courtrai, le club pourrait rentrer dans ses frais parce qu'il ne faudra rien donner aux joueurs et l'Union belge versera la " prime d'élimination ". S'il joue la finale, Mons encaissera 40 % de la recette du Heysel (40 % pour l'autre finaliste, 20 % pour l'organisation). En cas de défaite, ce sera banco : recette spectateurs, droits TV, prime d'élimination, et pas de prime à verser aux joueurs. En cas de victoire, il y aura les perspectives européennes mais l'opération financière finale sera moins intéressante car il faudra rémunérer les joueurs. " Le seul élément qui pourrait empêcher une poursuite de la collaboration avec van Wijk, c'est le salaire ", reconnaît le directeur. " Tout le monde veut gagner de plus en plus d'argent, mais il est conscient de nos moyens. " Le Hollandais gagne aujourd'hui plus qu'à son arrivée à Mons, en D2. Et s'il prolonge, il y aura une nouvelle augmentation : son fixe sera revu à la hausse et les primes seront plus intéressantes. Geert Broeckaert, le T2 de van Wijk, a encore un an et demi de contrat. Le préparateur physique Bruno Leclercq travaille actuellement à mi-temps et va passer à temps plein. Reste le cas Philippe Vande Walle. En début de saison, il a été contacté par le Standard. Pierre François a appelé Lommers, qui lui a répondu qu'il était hors de question de laisser filer son entraîneur des gardiens. " C'était impossible de trouver très vite un successeur du même niveau. Vande Walle a accusé le coup, il était très déçu. Mais il s'est complètement repris entre-temps. " Son contrat expire à la fin de cette saison. Récemment, il a signalé à la direction qu'il n'avait rien en vue et qu'il acceptait de discuter d'une prolongation à Mons à partir de fin février. Deux joueurs du noyau actuel ne sont plus sous contrat pour la saison prochaine : Siebe Blondelle et Ibou Sawaneh, prêté pour un an par Courtrai. Tous les autres sont liés à Mons au moins jusqu'en juin 2013. PAR PIERRE DANVOYELe C4 de José Riga, qui avait encore trois ans de contrat, a coûté cher et explique la politique de Mons avec ses entraîneurs : un an à la fois.