Standard-St-Trond ressembla un peu à Milan-Sanremo. Comme l'équipe Fassa Bortolo sur les routes de la première classique cycliste de la saison, le Standard a abordé la dernière ligne droite avec la certitude de gagner. Mais hélas pour l'équipe de Giancarlo Ferretti, Alessandro Petacchi n'a pas existé dans l'emballage final remporté par Oscar Freire au nez et à la barbe d'Erik Zabel. Il y avait trop d'Alessandro Petacchi dans le camp liégeois samedi passé, incapables de tuer la course. Ils ont permis à Thomas Caers de devenir l'Oscar Freire de Standard-St-Trond. Son égalisation, sur le fil, a atomisé le moral de tous les joueurs liégeois. En dix matches, depuis la reprise, les Rouches ont signé deux succès, sept nuls et une défaite. Ce n'est pas le même braquet que Bruges.
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Standard-St-Trond ressembla un peu à Milan-Sanremo. Comme l'équipe Fassa Bortolo sur les routes de la première classique cycliste de la saison, le Standard a abordé la dernière ligne droite avec la certitude de gagner. Mais hélas pour l'équipe de Giancarlo Ferretti, Alessandro Petacchi n'a pas existé dans l'emballage final remporté par Oscar Freire au nez et à la barbe d'Erik Zabel. Il y avait trop d'Alessandro Petacchi dans le camp liégeois samedi passé, incapables de tuer la course. Ils ont permis à Thomas Caers de devenir l'Oscar Freire de Standard-St-Trond. Son égalisation, sur le fil, a atomisé le moral de tous les joueurs liégeois. En dix matches, depuis la reprise, les Rouches ont signé deux succès, sept nuls et une défaite. Ce n'est pas le même braquet que Bruges. Dominique D'Onofrio : Les joueurs étaient anéantis dans le vestiaire après cette égalisation trudonnaire en fin de match. Je n'ai rien à leur reprocher. Ils ont dominé la rencontre, mais sans concrétiser leurs nombreuses occasions, alors que St-Trond, bien organisé, ne s'est présenté que deux fois devant Fabian Carini. C'est frustrant mais je ne veux pas lâcher, eux non plus, et nous devons nous accrocher. Même si l'écart par rapport à Bruges est monté à quatre points, je maintiens que rien n'est perdu. Il faut retenir la leçon. Ce n'est pas la première fois que nous sommes incapables de bien gérer une fin de match, de tuer le suspense, et cela nous arrivera encore. La messe était pourtant dite quand tout bascula. Au repos, j'avais mis mes joueurs en garde : il fallait éviter les fautes aux abords du rectangle car St-Trond est excellent sur les phases arrêtées. Or, c'est ce qui est arrivé. La suite du programme n'est pas facile : visite à Beveren, Standard-Anderlecht, voyage à Westerlo et puis, après Standard-Heusden-Zolder, le choc de la 32e journée, Bruges-Standard. Cela fait pas mal d'affiches mais je préfère cela. L'interruption du championnat, pour les besoins de la Coupe de Belgique, nous permettra de préparer ces défis. Ce match à Bruxelles constitua un grand moment de bonheur. Il y avait du plaisir, de la confiance et de l'audace dans notre jeu. C'était superbe mais si je dois citer une référence pour notre premier tour, ce sera d'abord Standard-Bruges (3-1). Ce jour-là, nous avons signé le match parfait, plus complet qu'à Anderlecht, avec un pressing haut qui a pris l'adversaire à la gorge. Quand une équipe est capable de signer de tels matches face aux deux plus grosses cylindrées du championnat, elle devrait en faire autant face à des adversaires moins huppés. Mais là, on entre dans un débat où se mêle une donnée irrationnelle, d'ordre psychologique, quand il s'agit du Standard. Il y a plus de 20 ans que ce club attend un succès significatif. Cela génère une pression qui devient de plus en plus pesante. Personne n'y est insensible. Alexandros Kaklamanos et Sambegou Bangoura ont pu mesurer tout ce qui sépare le Standard de Gand ou de Lokeren. Sclessin, c'est autre chose et c'est pas facile à assumer. Non, le Standard a signé une série de 16 matches sans défaite, ce qui n'est pas rien. Mais on a vite parlé de crise. Il n'était pas normal que Bruges soit largué à ce point-là et ce club a retrouvé une place en rapport avec son potentiel. Au premier tour, le Standard a su être dominateur, d'accord, mais surtout concret quand c'était plus difficile. Les fins de matches nous ont souri alors qu'elles nous ont ensuite posé des problèmes. Au fil des nuls, cela pèse, cela paralyse. Si la série des cinq nuls avait été interrompue par un succès, tout aurait été différent. C'est dur à vivre car le Standard est la seule équipe qui ne tient pas compte de l'adversaire et mise, toujours, sur un style offensif. Beaucoup de joueurs importants ont été blessés ou absents pour diverses raisons, depuis le début du deuxième tour, et nous avons eu du mal à nous en passer. C'est un groupe de braves gars. Je dois sans cesse parler, le rassurer, le mettre face à ses responsabilités. Il y a eu des coups de gueule dont ceux du capitaine, Ivica Dragutinovic, dont le but était de secouer le vestiaire. Il n'y a pas assez de grandes gueules, de personnalités, de salopards, de roublards qui comme chez nos adversaires sont capables de plier un match rien qu'avec leur volonté. Nos adversaires, eux, en ont. Chez nous, seul Ivica Dragutinovic a un mental de roublard. Ce sont tous de bons joueurs souvent trop tendres. Moreira a souvent été torpillé durant 90 minutes. Et, à la fin du compte, c'est lui qui encaisse du jaune pour rouspétance. C'est râlant car nous n'avons qu'un Moreira, c'est notre électron libre. Il dribble bien dos au but, cherche et trouve des espaces. Un cap tactique n'est jamais invariable mais nous avons une vision offensive. Même quand ce n'est pas brillant, je constate que le Standard se forge beaucoup d'occasions de but. Si ce n'était pas le cas, je me poserais des questions. Mais quand un coach change de système au premier problème venu, le groupe finit par gamberger. L'option tactique est bonne et ambitieuse. Le reste, chez nous, est surtout une question de confiance. Plus de 70 % de l'équipe est de nature offensive. Quand Alexandros Kaklamanos est arrivé au Standard, il se réjouissait à l'idée de jouer avec un attaquant de pointe à côté de lui. A Gand, il était seul. Plus récemment, il a dit le contraire. A lui de savoir. Et lui, comme d'autres, doivent hausser leur production. Cela concerne finalement tout le monde. Même Emile Mpenza, qui nous apporte tant, mais qui peut encore mieux faire. Mais lui, il a marqué 15 buts. Je peux parler de Sambegou Bangoura dans le même sens : c'est le Standard, il faut plus, toujours plus, plus qu'à Lokeren où cette notion d'obligation et de dépassement de soi était moins vive. A ce niveau-là, il faut être capable de résister à ce stress. Miljenko Mumlek a découvert les difficultés du football belge : vitesse, engagement, pressing, trafic aérien, etc. Il a eu du temps de jeu et ce sera à lui de prouver que cela peut lui convenir. Nous avons la deuxième défense et la troisième attaque de D1. Ce n'est pas si mal même si on peut mieux faire. Alen Boksic a suivi un match de D1 belge cette saison. Ce grand joueur m'a dit que le style de jeu pratiqué en Belgique n'était pas du tout de la rigolade. Parfois, on exagère en ce domaine, c'est vrai. Nous en parlons d'ailleurs entre nous. Ivica Dragutinovic est désigné du doigt mais il dispose d'une belle passe en profondeur. Je l'avais placé à l'arrière central et c'est un des meilleurs à ce poste en Belgique. Au back gauche, il peut débouler, plus qu'à l'arrière central, et distiller des centres en retrait. Le Standard cherche plus à gauche qu'à droite. Jonathan Walasiak sait y surgir, frapper au départ de la deuxième ligne. A gauche, Alex Mutavdzic est aussi un infiltreur mais il souffle après sa blessure, sa rééducation, son retour à la compétition, c'est normal. Mais il m'arrive aussi de reprocher à Onder Turaci de ne pas oser plus de combinaisons profondes et de centrer trop vite, comme pour se débarrasser du cuir. Nous avons abusé de longs ballons car la peur a fait la différence. Notre système tactique a toujours existé. Il est bon. Mais la rage de vaincre a été enrayée par le doute, la hantise de mal faire alors que tout était à notre portée. Nous y avons égaré harmonie, plaisir, certitude, conviction, bonheur de jouer. Tout est une question de confiance dans ce que nous vivons. Il faut être mature pour vivre cela et digérer d'autres événements dont il fut beaucoup question. Au premier tour, nous n'avons jamais rien cédé après avoir mené. Au second tour, à part une réaction à Lokeren, le Standard a souvent mené mais a toujours été rejoint. La nuance est très importante. C'est le même groupe, le même système. S'il ne vit plus de la même façon, c'est qu'il ne gère pas bien la pression, les événements des matches. Il justifie l'utilité de son retour. A sa place de récupérateur, Roberto est excellent, anticipe, dispatche, et il doit juste améliorer son jeu en profondeur, militer plus haut, allumer à distance. Roberto est le régulateur que nous cherchions, une des révélations de la saison, comme Jonathan Walasiak. Tant mieux si le PSG et Dortmund s'intéressent à Roberto Bisconti. C'est la preuve que nous avons bien fait de le faire revenir. Il y a d'autres satisfactions qu passent inaperçues : l'intransigeance de Lalo Sorondo, la facilité avec laquelle Juan Ramon Curbelo s'est fondu dans le groupe, etc. Il n'a pas besoin de mille ballons pour être dangereux dans le rectangle. J'estime beaucoup Danny Boffin mais il était vain de croire qu'il allait résoudre seul tous nos problèmes, surtout sur le flanc gauche. Danny a, de plus, eu la malchance de débarquer chez nous alors que nous abordions notre période de doutes. C'est très bien et cela prouve que ce club est ambitieux, veut aller de l'avant, suit la piste de joueurs cotés et très ambitieux. Le contraire serait quand même beaucoup plus inquiétant. Un vestiaire, comme le nôtre, doit accepter cette concurrence et toutes les épreuves afin d'être plus fort. Si cela se confirme avec Eric Deflandre et Christophe Grégoire, pour la saison prochaine, cela marquera aussi le retour au bercail de joueurs liégeois. Ils ont des qualités différentes. J'aimerais qu'on plonge plus loin. Un centre venu du point de corner est plus dangereux qu'une balle haute issue d'une phase moins profonde. La presse a lancé son nom quand il a quitté Kaiserslautern et que le Standard entamait sa série de nuls. C'est le jeu mais j'ai trop de boulot pour avoir encore le temps de penser à tout cela. J'en ai vu d'autres, essuyé beaucoup de critiques et je ne m'appellerai jamais Eric Gerets. Une chose est sûre : si je ne m'amuse plus, j'arrête. Je ne le crois absolument pas. Nous devons évidemment livrer une fin de saison à l'abri du moindre reproche. Je crois que le Standard en est capable. Le vestiaire a envie de le prouver. Et, d'autre part, si Bruges a été impressionnant dans son retour à une place digne de son potentiel et de ses ambitions, je l'ai parfois trouvé friable sous la pression. A Westerlo, Bruges a mené 3-0 avant d'encaisser deux buts et de céder à la nervosité. En Coupe de Belgique, en match aller des demi-finales, Anderlecht a été secoué par Beveren. Je suis convaincu que nous allons atteindre notre objectif et décrocher la deuxième place. Et pour cela, il faudra gagner à Bruges. Pierre Bilic" Je suis convaincu que nous ALLONS DéCROCHER LA DEUXIèME PLACE "