Peter Crouch est typiquement un joueur que l'on peut qualifier de pivot. Sur les longs ballons profonds, il profite de sa taille (2m01) pour dévier en direction d'un coéquipier offensif qui a plongé. Autant il est très fort dans les déviations aériennes, autant il rencontre beaucoup plus de difficultés lorsqu'il doit remiser le cuir du plat du pied. Sur les balles hautes, dos au but, il est très malaisé, pour son adversaire, de passer au-dessus de son double mètre.
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Peter Crouch est typiquement un joueur que l'on peut qualifier de pivot. Sur les longs ballons profonds, il profite de sa taille (2m01) pour dévier en direction d'un coéquipier offensif qui a plongé. Autant il est très fort dans les déviations aériennes, autant il rencontre beaucoup plus de difficultés lorsqu'il doit remiser le cuir du plat du pied. Sur les balles hautes, dos au but, il est très malaisé, pour son adversaire, de passer au-dessus de son double mètre. L'ancien joueur de Liverpool est un combattant doté d'un fighting spirit digne du plus pur style britannique. Il raffole s'engager dans les duels d'homme à homme et son implication est telle qu'il provoque continuellement son adversaire. Il aime jouer des bras ce qui fait qu'il commet beaucoup de fautes et se trouve souvent dans le collimateur des arbitres. Il présente des statistiques intéressantes du point de vue du ratio matches joués/buts marqués : 130 goals inscrits en près de 400 apparitions au top niveau toutes compétitions confondues. En équipe d'Angleterre, il affole véritablement les compteurs. En 42 sélections, il a inscrit 22 buts alors qu'il avait un statut de réserviste au départ. Il suit systématiquement tous les ballons au cas où le gardien se trouerait. Le volume de jeu de l'ex-joueur d'Aston Villa est impressionnant pour un attaquant de pointe. Il joue à merveille son rôle de centre-avant souvent isolé. Il ne rechigne jamais à effectuer son travail défensif et se positionne comme un recul-frein pour empêcher les défenseurs centraux de sortir ballon au pied. Sur phases arrêtées défensives, le coach le fait systématiquement revenir pour prendre, en individuel, un des spécialistes adverses du jeu dans les airs. Il possède une force mentale de très haut niveau. Il mettrait sa tête là où un autre ne mettrait pas son pied. Il exerce continuellement une pression sur la défense adverse que ce soit en possession ou en perte de balle. Dans cette situation, il ne rechigne jamais à effectuer un pressing de bon niveau pour tenter de récupérer le cuir. C'est un joueur qui ose beaucoup et qui ne doute pas de ses qualités. Il a déjà réussi de superbes reprises acrobatiques alors qu'il ne bénéficiait pas d'énormément d'espaces. Devant le but, il est toujours à l'affût, ce qui lui permet de marquer des buts dignes d'un joueur faisant preuve de beaucoup d'opportunisme. Sa frappe de balle du pied droit est de bon niveau et il est capable de réaliser des volées avec une grande précision. Son intérieur du pied est très bien maîtrisé et il se montre concret dans ce domaine dans le rectangle adverse. Même s'il est capable de couper les trajectoires au premier poteau, c'est au deuxième qu'il s'exprime avec le plus de facilité. Dès qu'un ballon se trouve sur un flanc, il se déporte quasiment à chaque fois pour réceptionner les longs centres et pouvoir ainsi jouer son rôle de remiseur ou carrément conclure l'action lui-même. Sa course sur 30-40 mètres est de bon niveau. Une fois lancé, il peut rivaliser avec les adversaires les plus véloces en tentant de réceptionner un service dans la profondeur. A 30 ans, il possède une belle expérience du football pro, sans jamais avoir quitté l'Angleterre (exception faite de 2 mois en Suède en 2000). Les qualités techniques ne font certainement pas partie des grandes spécificités de l'attaquant anglais. Ses contrôles, ses amorties et ses dribbles manquent d'élégance et de fluidité. Il parvient parfois à conserver le ballon grâce à ses longues jambes : tout le monde s'attend à ce que le cuir soit perdu, mais, ses tentacules font le reste. Le jeu de tête ne représente pas du tout, chez l'ex-joueur de Queens Park Rangers et de Portsmouth, une qualité naturelle. Sa taille est son grand atout pour le trafic aérien. Quand il est lancé ou en situation dos au but, il rivalise avec les plus grands joueurs de tête. Par contre, quand le ballon rebondit et qu'il doit faire parler, sans élan, son sens du timing et sa détente, il éprouve beaucoup plus de difficulté pour émerger dans le 1 contre 1. Il commet alors beaucoup de fautes. Le jeu en combinaisons courtes est un des défauts majeurs de l'ancien de Norwich. Quand ses coéquipiers offensifs sont très proches, c'est très difficile pour lui de s'appuyer sur un 1-2 pour éliminer l'adversaire. Il préfère les grands espaces pour s'exprimer plutôt que de se retrouver au milieu d'une grappe de joueurs sur quelques mètres carrés. Le pied gauche est également un de ses défauts. Ses passes et ses frappes sont mal assurées et elles manquent clairement de puissance et de précision. Quand il se trouve en position de tir sur son deuxième pied, il a tendance à crocheter pour revenir sur son droit qui lui offre plus de certitudes. Avec ses 2m01, l'explosivité sur les tous premiers mètres est une de ses grandes lacunes. Non seulement, il est souvent battu par un défenseur véloce sur les appels courts, mais il rencontre également des difficultés quand il doit pivoter pour se remettre dans le sens du jeu. C'est un joueur complètement atypique. Il manque clairement d'élégance que ce soit au niveau de la course ou dans les gestes. Ce n'est pas le genre de joueurs pour qui les spectateurs se pressent aux guichets des stades. Avec ses 69 kilos, il est plus que probablement le joueur le plus longiligne du monde du foot pro. Sa musculature est très fine et il manque de gabarit au niveau du torse et des épaules. Excepté ses trois saisons passées à Anfield Road, on ne peut pas le placer dans la catégorie des joueurs stables. Même s'il est parfois revenu dans un club qu'il a fréquenté précédemment, Peter en est déjà à son 13e club depuis 1998. C'est énorme pour un joueur pro et cela démontre soit une volonté de changement chez le joueur, soit une insatisfaction chez son employeur. Sa marge de progression est quasiment inexistante mais il remet sans cesse l'ouvrage sur le métier afin d'éviter de se retrouver dans une situation de déclin. NÉ EN 1963, ÉTIENNE DELANGRE JOUA COMME DÉFENSEUR AU STANDARD DE 1981 À 1992 (267M EN D1 ET 6B, CHAMPION EN 82 ET 83). EX-CHARGÉ DE COURS À L'ÉCOLE DU HEYSEL, IL COACHA DE LA P1 À LA D1 (CHARLEROI). PAR ÉTIENNE DELANGRE