13.800 supporters ont assisté au premier match à domicile du YRFC Malines en Proximus League. Dont 10.000 abonnés, davantage que le record de la saison dernière (9.500). Étonnant, car si le record précédent avait été établi après une saison au terme de laquelle le Malinwa avait loupé de justesse les play-offs 1, ce record-ci a été établi après une saison qui a vu les Sang et Or basculer en D1B.
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13.800 supporters ont assisté au premier match à domicile du YRFC Malines en Proximus League. Dont 10.000 abonnés, davantage que le record de la saison dernière (9.500). Étonnant, car si le record précédent avait été établi après une saison au terme de laquelle le Malinwa avait loupé de justesse les play-offs 1, ce record-ci a été établi après une saison qui a vu les Sang et Or basculer en D1B. Après plus de quatre mois sans football - en tant que club relégué, Malines a vu sa saison en Jupiler Pro League se terminer le 11 mars - et l'inauguration d'une nouvelle tribune principale, la curiosité était de mise pour le match à domicile contre Lommel. De plus, lors de cette troisième journée, le principal candidat au titre avait besoin de mettre les points sur les i en remportant son premier succès dans l'antichambre de l'élite. L'enthousiasme régnait au coup d'envoi chez des supporters qui devaient trouver leur place au milieu d'un chantier. La nouvelle tribune principale ne sera entièrement achevée que le 23 septembre, pour le match contre Westerlo. Le président Johan Timmermans, bien bronzé, déambule dans les couloirs. " La saison dernière fut très étrange. J'y ai souvent repensé ces derniers mois : comment a-t-on pu en arriver là ? Nous étions considérés comme des candidats aux PO1, rien ne laissait présager que nous terminerions à la dernière place. Mais bon : nous devons tourner la page. Malgré cette relégation, nous avons battu le record d'abonnés, cela démontre que nous possédons un public très fidèle. Les nouveaux investisseurs jouent également un rôle. Ce sont des gens de la région, qui inspirent confiance et qui apportent chacun leur propre réseau. Nous avons beaucoup travaillé cet été et la campagne de transfert a été rondement menée. Grâce aux nouveaux actionnaires, aux sponsors et aux infrastructures, le club progresse à pas de géant. Les joueurs s'en rendent compte. C'est la raison pour laquelle nous avons su attirer des footballeurs renommés comme Onur Kaya et Igor De Camargo. " Le nouvel actionnaire principal et homme fort du club, Olivier Somers, qui a encore tenu une conférence de presse et convié les journalistes présents à une visite du stade, une heure avant le coup d'envoi, confirme les propos du président : " Sur le plan commercial, le club tourne déjà à plein régime. Reste au sportif à lui emboîter le pas. " Car, sur le terrain, le coach Dennis van Wijk ne parvient pas (encore) à faire tourner le moteur à plein régime. Après deux matches nuls à l'extérieur contre Louvain et Roulers, il a subi une défaite à domicile contre Lommel. Les Limbourgeois, tout juste remontés de D1 Amateurs, possèdent pourtant le plus petit budget de D1B. Score final : 1-2. En 90 minutes, Malines n'a quasiment pas réussi à créer du danger. Un jeu trop lent, trop stéréotypé, basé sur de longs ballons ou des centres aveugles. Ce n'était vraiment pas bon. Et les 13.800 spectateurs présents dans les tribunes s'en sont rendu compte. Après le 0-1, des " Come on KaaVee " sont encore descendus des tribunes. Après l'égalisation, tout le monde s'est dit que tout rentrerait dans l'ordre. Mais, lors du but victorieux inscrit par le visiteur Leandro Rocha dans les arrêts de jeu, ce fut la douche froide. Un concert de coups de sifflet s'en est suivi. L'impatience se fait sentir. Les supporters ont, eux aussi, lu les prédictions pour cette saison de Proximus League. Une série qui comporte des clubs de tradition comme l'Union Saint-Gilloise, le Beerschot et Louvain, mais pour laquelle leur club était néanmoins cité comme favori incontesté. Grâce à un budget qui dépasse celui de bien des clubs de Pro League. Au coup de sifflet final de ce premier match à domicile, l'enthousiasme initial a fait place à la nervosité : 2 points sur 9, même le plus pessimiste des supporters n'aurait imaginé un tel scénario. Plusieurs joueurs ont refusé de s'adresser à la presse. Après le match, le remplaçant Clément Tainmont est allé saluer les supporters tout seul et s'est, de cette manière, distancié du groupe. C'est la meilleure manière de discréditer son entraîneur. Tainmont est le chouchou du pubic, DennisvanWijk le bouc émissaire. Le T1 avait d'ailleurs pris place en tribune pour la deuxième semaine d'affilée, pour avoir été exclu lors du match à Louvain. Mais il est quand même apparu dans le tunnel des joueurs et dans les vestiaires. Lui aussi a boudé les journalistes. Et lorsqu'on lui a demandé si on pouvait l'appeler plus tard, durant le week-end, il a répondu : " Vous pouvez essayer, mais je ne pense pas que je décrocherai. " Il n'est pas dupe : il sent également que le mécontentement et l'impatience grandissent. Ce n'est pas facile de transformer une équipe qui a lutté pendant des mois contre la relégation en une équipe capable de dominer et d'entamer chaque match avec l'étiquette de favori. Demandez plutôt au Cercle Bruges, à Louvain et à Westerlo, qui ont connu la même mésaventure ces dernières années. Au contraire, les équipes promues continuent souvent à surfer un petit temps sur la vague du succès. Regardez l'Antwerp et le Cercle. Van Wijk et son staff ont pourtant bénéficié de suffisamment de temps pour surmonter la déception de la relégation et travailler les automatismes avec les nouveaux joueurs. Dans le 11 de base qui a débuté le match contre Lommel, on ne trouvait que quatre survivants de la saison dernière : Seth De Witte, Rob Schoofs, Mamadou Bagayoko et Gérman Mera. Pourtant, même Onur Kaya, le seul qui a joué à son meilleur niveau, a évoqué le traumatisme de la relégation qui est toujours présent. Certains joueurs se sont cachés, d'autres étaient trop nerveux.?