On est en 2003, attablé avec Luka Peruzovic près de chez lui à Waterloo, et il regarde dans le rétro, entre deux cafés serrés et deux clopes. Il est passé comme coach par Genk et le Standard, il a fait une pige en Turquie, il a adoré son boulot à Marseille, mais surtout, il parle de Charleroi, le premier club belge qu'il a entraîné, une dizaine d'années plus tôt. C'est clair, c'est le club qui le rend le plus nostalgique. Mais il ne s...

On est en 2003, attablé avec Luka Peruzovic près de chez lui à Waterloo, et il regarde dans le rétro, entre deux cafés serrés et deux clopes. Il est passé comme coach par Genk et le Standard, il a fait une pige en Turquie, il a adoré son boulot à Marseille, mais surtout, il parle de Charleroi, le premier club belge qu'il a entraîné, une dizaine d'années plus tôt. C'est clair, c'est le club qui le rend le plus nostalgique. Mais il ne s'y était pas éternisé parce que l'équipe de son coeur, Anderlecht, avait directement frappé à sa porte. " Je n'aurais pas dû quitter Charleroi aussi vite ", nous explique-t-il lors de cette rencontre. " Je n'avais pas terminé mon travail avec cette équipe, j'aurais dû rester une saison de plus. Mais bon, mettez-vous à ma place : il est impossible de refuser une proposition d'Anderlecht. Ma consolation, c'est d'avoir cédé un groupe revigoré à Robert Waseige. J'avais commencé le boulot et il l'a joliment achevé en emmenant le Sporting en finale de la Coupe. " Oui, c'est sans lui que Charleroi va vivre deux saisons de folie avec le coach liégeois. Une finale de Coupe (perdue) et une qualification européenne - arrachée par Waseige, galvaudée par son successeur Georges Leekens -. Pendant ce temps-là, Peruzovic souffrait à Anderlecht, se faisait licencier alors qu'il était en tête, pour un soi-disant manque de communication. " Qui aurait pu prévoir ça ? Quand j'avais signé mon contrat, je pensais vraiment être le bienvenu. Je ne m'étais même pas recommandé, ils étaient venus me chercher. Et j'avais gardé de très grands souvenirs de mes années de joueur à Anderlecht. Mon C4 me reste toujours sur l'estomac, dix ans plus tard. Mais j'avais compris, après quelques jours déjà, que ce club avait changé à tous les niveaux. Je n'avais pas retrouvé l'Anderlecht que j'avais quitté six ans plus tôt, tout avait été révolutionné. " Il enchaîne en affirmant que sa carrière de coach aurait " peut-être " été différente si Anderlecht l'avait laissé cueillir les fruits du titre. Luka Peruzovic retournera à Charleroi, il y fera même quatre passages. Entre-temps, il s'est exilé vers des destinations exotiques comme le Qatar, les Emirats, la Tunisie.