Le Club Bruges a vécu des moments difficiles. Eliminé de l'Europa League, les Blauw en Zwart ont ensuite subi une lourde défaite à Genk alors qu'ils auraient pu ouvrir le score à plusieurs reprises s'ils n'avaient pas gaspillé de nombreuses occasions. Joseph Akpala (25 ans) était titulaire en pointe lors de ces deux matches. Et contre le Standard aussi !
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Le Club Bruges a vécu des moments difficiles. Eliminé de l'Europa League, les Blauw en Zwart ont ensuite subi une lourde défaite à Genk alors qu'ils auraient pu ouvrir le score à plusieurs reprises s'ils n'avaient pas gaspillé de nombreuses occasions. Joseph Akpala (25 ans) était titulaire en pointe lors de ces deux matches. Et contre le Standard aussi ! C'est pour le moins étonnant car lors des dernières périodes de transfert, le Club Bruges a à chaque fois transféré des alternatives. Dorege Kouemaha, Björn Vleminckx, Carlos Bacca, Matej Vydra ou encore Stefan Scepovic. Mais le Nigérian est un battant, un survivant. Il a relevé le défi avec classe et il a même trouvé le chemin des filets assez régulièrement. La victoire du Club sur le Standard a constitué une revanche sur la défaite à Genk. Joseph Akpala : Oui, à condition que tout le monde soit disponible pendant les play-offs. Si Jonathan Blondel et Vadis Odjidja sont rétablis à temps de leur blessure, on aura plus de possibilités. En fin de saison, la succession des matches va rendre les jambes lourdes mais ils seront frais et pourront donc jouer un rôle crucial. Notre progression est constante. La saison passée a déjà été meilleure que la précédente et j'espère que celle-ci sera la nôtre. Nous y croyons fermement. Nous n'avons pas pu exploiter nos qualités. Je n'aime pas invoquer l'état du terrain mais développer un bon football est précisément notre arme. Si nous pouvons jouer, nous nous créons beaucoup d'occasions. Hanovre a su nous en empêcher. Nous ne sommes pas capables de changer de jeu et de procéder par longs ballons aériens. L'état du terrain nous a donc handicapés. On peut dire que la dernière passe était mauvaise ou que nous n'étions pas assez précis devant le but, mais si on analyse le match d'un £il objectif, il n'était pas si mauvais. Tout à fait et contre Hanovre, elle n'était pas au point. Le terrain est un facteur parmi d'autres. Des ballons sont arrivés trop haut ou au mauvais endroit. Mentalement, nous ne sommes pas encore capables de gérer ce genre de situations. A Hanovre, Diouf a été l'homme du match. Pendant le match, je me suis demandé s'il nous était vraiment si supérieur et pourquoi. Grâce aux espaces dont il a bénéficié ? Hanovre a créé des brèches alors que nous en avons été incapables. Il a cherché davantage le contact, le duel. Il faut s'y attendre en Coupe d'Europe. Notre entraîneur le répète sans cesse : un match de football ne se détermine pas en fonction de la technique ou de la vitesse. Ce sont les détails qui font la différence, comme un adversaire qu'on neutralise, un duel. Je le pense aussi. Hanovre a joué avec deux avants et c'est beaucoup plus facile : l'un d'eux appelle le ballon tandis que l'autre attend qu'il revienne. L'un le demande dans les pieds, l'autre en profondeur. Notre composition est différente : 4-3-3, 4-2-3-1 ou 4-1-4-1. C'est assez dur pour l'avant-centre car on attend de lui qu'il travaille beaucoup. Je crois que c'est un gros souci pour lui. Pour le moment, c'est une option si nous devons forcer un résultat en fin de match. Cela dit, les résultats démontrent qu'un système à un avant fonctionne et c'est l'essentiel. Pour réussir, nous devons imposer notre volonté, attaquer sans relâche et ne pas offrir à notre adversaire l'occasion de lancer une attaque. Notre job est beaucoup plus complexe. Mais bon, la saison passée, Dorege et moi, qui jouions ensemble en attaque, n'avons pas non plus eu la vie facile. Ce système à un seul attaquant est actuellement en vogue. Chaque entraîneur a sa conception en matière de tactique. Menez une enquête auprès des attaquants et ils vous répondront tous qu'il n'aiment pas être seuls en pointe. Nous sommes 70-80 % à préférer jouer en duo. Cela nous offre déjà plus de perspectives de jeu ! Ensuite, nous avons moins de travail. L'entraîneur nous répond que ce n'est pas un argument, que nous devons travailler. Je commence à m'y faire. Ça va mieux si je bénéficie du soutien de la deuxième ligne. En fait, c'est quand il fait défaut qu'on a vraiment envie d'être flanqué d'un deuxième attaquant. Dans un premier temps, il faut se rendre compte qu'aller au duel n'a pas beaucoup de sens, voire aucun. Dévier un ballon n'est pas non plus très indiqué car un défenseur vous colle au dos comme une mouche tandis que l'autre se place de façon à pouvoir récupérer ballon. Il faut donc essayer de conserver le cuir, dans l'espoir de pouvoir le céder à un médian. En termes de créativité, on est très limité quand on est seul. En 2012, ça va. J'ai progressé techniquement et sur un plan plus général mais je comprends que ce n'est pas encore suffisant. Les attaquants sont généralement réputés pour les buts qu'ils marquent, non ? Quand ils ne trouvent plus le chemin des filets, les gens se posent des questions et ceux qui ne sont pas assez solides mentalement sombrent dans le doute. Un avant qui marque peut soulever des montagnes. Pour marquer, il faut d'abord croire en ses qualités, quoi qu'il arrive. Il faut être convaincu que personne ne vous arrêtera. Ensuite, il faut travailler sans relâche à l'entraînement, pour s'imprégner de ce qu'il faut faire devant le but. Le reste suit. Parfois, quand vous êtes dans une période faste, vous abattez moitié moins de travail que quand vous ne marquez pas mais la réussite vous sourit quand même. C'est une question d'assurance, de confiance. Je dois reconnaître qu'avant cette saison, une occasion ratée continuait à me trotter en tête pendant des jours et en match, je me maudissais : " Tu aurais dû marquer, tu aurais dû faire ceci et cela... " Cette saison, j'ai subi une métamorphose sur le plan mental. Maintenant, quand j'ai raté une occasion de but, je pense : " D'accord, c'est dommage mais cela signifie que tu es parvenu près du goal. " Je ne suis jamais content quand je rate une occasion mais je suis devenu moins dur envers moi-même. Je ne me démolis plus. D'ailleurs, quand on rate une occasion de but, ce n'est vraiment pas le moment de commencer à se poser des questions. C'est après le match que je dois me demander ce qui n'a pas marché, les erreurs commises. L'entraîneur me l'a déjà dit à plusieurs reprises : " Si tu rates une occasion, OK, tant pis. L'essentiel est d'avoir réussi un tir cadré. Le reste suivra plus tard. "C'est lié à mon passé, à mon enfance, à la manière dont j'ai grandi. J'ai toujours appréhendé les choses de manière positive, même si c'était plus souvent des défis qu'autre chose. Quand j'étais gamin, un de mes entraîneurs m'a dit que les défis ne sont pas là pour nous faire perdre ni nous détruire mais pour nous rendre plus forts. On ne m'abat pas aussi vite que cela. Je suis heureux de réussir à conserver mon équilibre. Ça m'arrive de me demander s'ils se rendent compte qu'ils en ont déjà un. D'un autre côté, c'est un grand club et les formations de ce niveau veulent disposer de plusieurs possibilités. Je préfère voir les choses ainsi : le monde est rempli de défis. Si on réfléchit trop à ce genre de choses, on perd le moral. Quand j'apprends que Bruges cherche encore un attaquant, je ne vais jamais chercher des informations sur ce joueur sur internet. Si je suis arrivé où je suis, c'est grâce à mes qualités. Je dois continuer à croire en elles. Exactement. Je n'essaie pas de satisfaire tout le monde mais j'ai une certaine assurance, une sorte d'autosatisfaction. Tant que je suis content de ce que je fais, que m'importe l'avis des autres... Ce n'est peut-être pas suffisant mais j'essaie de faire de mon mieux. N'est-ce pas valable pour tout le monde ? Si un footballeur marque 1.000 buts, il y aura toujours quelqu'un pour affirmer qu'il doit inscrire plus de buts ou améliorer ceci et cela. Mais la question fondamentale, c'est : " Etes-vous satisfait de votre performance ? " La réponse est oui, dans mon cas. (Il éclate de rire.) Si vous voyez les choses comme ça... Cela veut dire que le Club est une grande équipe. D'autre part, quand on a déjà un attaquant... C'est comme quand on achète une montre ou qu'on se dit qu'on a besoin d'une nouvelle. On peut retourner la question : l'actuelle fonctionne, alors pourquoi en acquérir une autre ? Je n'ai pas à exposer ce qui est la meilleure tactique car le club suit sa politique. Personne ne peut m'arrêter, si ce n'est moi. Un autre peut être meilleur mais il m'appartient de travailler plus pour progresser et le surpasser à mon tour. Le football est un sport collectif. Nous avons tous nos propres objectifs, nos intérêts personnels mais tous, nous défendons les couleurs du Club Bruges. Je ne représente pas Joseph Akpala sur le terrain. C'est l'intérêt de l'équipe qui prime, c'est sur lui qu'il faut se concentrer. Cela rapporte ! Peut-être pas à court terme mais à la longue, c'est toujours rentable. J'essaie donc de bien m'entendre avec tous mes coéquipiers. C'est normal, humain. Même un enfant est égoïste. Quand un gosse a quelque chose, tous les autres le veulent. Il faut éviter l'escalade. L'adepte d'un sport individuel veut faire mieux que son concurrent mais au sein d'une équipe, tout peut aller vite : avoir besoin de quelqu'un qu'on a dédaigné ou avec lequel on s'est disputé. Que faire, alors ? Comment encore entretenir de bons contacts avec cette personne ? Il faut se considérer comme un couple, une équipe. Quand je fais banquette, j'ai évidemment envie de jouer. Je suis professionnel ! Mais avant tout, je veux que mon équipe s'impose. Avec ou sans moi, elle doit gagner. Ensuite, je mets tout en £uvre pour jouer. Je ne suis pas gentil au point de me satisfaire du banc. Je n'accepterai jamais ce statut, même si le banc fait partie de l'équipe et qu'un réserviste peut très bien déterminer le cours d'un match. Cela m'est déjà arrivé. Humm... le respect. Un moment donné, je l'ai ressenti mais parfois, je me suis dit qu'on me manquait de respect. Ensuite, je me suis demandé ce que le respect pouvait m'apporter ? Suis-je Sir Joseph ? Non ! Le respect ne va pas changer mon nom ni me valoir de titre. Pourquoi vouloir en susciter, alors ? Je respecte les gens mais je ne suis pas nécessairement payé en retour. C'est la vie. J'essaie de ne pas m'encombrer de ce genre de considérations. Personne ne peut être satisfait de moi à tout moment, même pas une femme. Mes parents sont unis depuis longtemps, ce qui ne les empêche pas d'avoir des divergences de vues, tout en s'aimant et en se respectant. Tout ce que je sais, c'est que mon manager n'a pas obtenu d'accord la dernière fois qu'il a rencontré la direction. Un nouveau rendez-vous est fixé. On verra bien. Je n'y pense pas trop. J'ai encore d'une année de contrat et quand le moment sera venu, il arrivera ce qui doit arriver. Exactement !PAR PETER T'KINT - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Les résultats démontrent que le système à un avant fonctionne. "