Au terme d'un duel passionnant avec son coéquipier de chez Mercedes, Lewis Hamilton, Nico Rosberg est devenu, à 31 ans, champion du monde de Formule 1 pour la première fois de sa carrière. Et pour la dernière fois aussi, car quelques jours plus tard, l'Allemand a pris sa retraite. Nous l'avons retrouvé à Ibiza, où il a enfin trouvé un élément précieux qui ne s'achète pas : le temps.
...

Au terme d'un duel passionnant avec son coéquipier de chez Mercedes, Lewis Hamilton, Nico Rosberg est devenu, à 31 ans, champion du monde de Formule 1 pour la première fois de sa carrière. Et pour la dernière fois aussi, car quelques jours plus tard, l'Allemand a pris sa retraite. Nous l'avons retrouvé à Ibiza, où il a enfin trouvé un élément précieux qui ne s'achète pas : le temps. NICO ROSBERG : Oui, c'est un peu étrange. Ce n'est pas la première fois que le champion du monde ne prend pas le départ de la saison suivante, mais l'absence du patron est une première... En tant que fan, j'assisterai certainement à quelques courses. Je regarde comment faire pour ne pas trop m'éloigner de mon sport. J'étais au courant qu'Ecclestone se retirerait, mais j'ai encore du mal à le croire. Et Toto Wolff (CEO de Mercedes, ndlr) a déjà annoncé qu'il reviendrait d'une manière ou d'une autre... ROSBERG : D'un côté, ils étaient heureux du titre de champion du monde que j'ai remporté, de l'autre ils regrettent de ne plus me voir sur le circuit. ROSBERG : Lewis Hamilton, évidemment. Car, s'il remporte un nouveau titre de champion du monde, cela donnera encore plus d'éclat au mien. (il rit) ROSBERG : J'ai encore besoin d'un peu de temps, mais je veux trouver une manière de rendre aux gens ce qu'ils m'ont apporté. Car le monde m'a beaucoup donné. Actuellement, je visite des hôpitaux. Je veux trouver une activité qui me tient à coeur. ROSBERG : Non, c'est l'un de mes projets, mais il n'est pas prioritaire. ROSBERG : Non, car je suis certain d'avoir fait le bon choix. Bien sûr, je traverserai sans doute quelques moments de doute, mais j'ai suffisamment de centres d'intérêt dans la vie. La course automobile n'est pas mon unique passion, j'en ai d'autres. ROSBERG : Non, très peu pour moi. ROSBERG : Elle ne le fera pas. ROSBERG : (il rit) Il a dit cela, vraiment ? C'est vrai, Carlos Sainz Junior est un jeune talent très prometteur. ROSBERG : Nous n'en sommes pas encore là, les négociations suivent toujours leurs cours. Mais pour l'instant, je continue en effet à travailler pour les sponsors du team. Fâchés ? Non, ils me respectent et je leur en suis reconnaissant. Avec Niki Lauda (président de Mercedes, ndlr), les relations semblent plus compliquées. Ses déclarations dans la presse laissent penser qu'il est fâché, mais personnellement, il m'a dit qu'il me tirait un grand coup de chapeau. ROSBERG : OK, mais 85 % des gens ont réagi positivement à ma décision d'arrêter au sommet. On ne peut pas échapper aux critiques, c'est normal, mais que peut-on me reprocher ? J'ai changé de métier, c'est tout. Il n'y a pas de bon moment pour le faire, chacun est libre de prendre cette décision quand il veut. ROSBERG : Non, ce n'est pas aussi difficile de collaborer avec lui. Mais le fait de l'avoir battu me rend tout de même un peu plus heureux que si j'avais battu un autre pilote. Il est l'un des meilleurs pilotes de l'histoire de la Formule 1. ROSBERG : Non, le team m'a toujours bien traité, mais c'était parfois compliqué, je le reconnais. Lorsque Lewis a rejoint l'équipe, j'y étais déjà depuis trois ans. Et il arrivait en tant que champion du monde. Dans ces conditions, c'était logique qu'il soit plus respecté que moi, qu'on l'écoute plus que moi. C'était pareil avec Schumacher (qui a été le coéquipier de Rosberg chez Mercedes de 2010 à 2012, ndlr). Lorsqu'on entrait dans l'espace où travaillaient les ingénieurs, ils regardaient tous Michael et pas moi. Certains s'arrêtaient même de travailler lorsqu'ils le voyaient entrer. Et, lorsqu'il fallait régler un problème, c'est avec lui qu'ils s'entretenaient. Mon avis n'intéressait personne. (il rit) Avec Lewis, c'était pareil. Au début, c'est difficile à accepter, mais à la longue, je suis parvenu à gagner le respect, moi aussi. ROSBERG : Aujourd'hui, le regard des gens a changé. J'ai battu Hamilton et tout le monde se tait. ROSBERG : Cette déclaration m'a valu beaucoup de critiques... Je ne veux donner de leçon à personne, et de toute façon, j'avais dit ça en riant. D'un autre côté, il y a une part de vérité là-dedans. La F1 n'est pas tout : il y a aussi la famille, les actions de bienfaisance, les affaires... ROSBERG : En tant que supporter, la réponse coule de source. Tout le monde pense que le choix aurait dû se porter sur Alonso et je le pense aussi. Cela aurait provoqué un beau feu d'artifices avec Hamilton. (il rit) C'eût été l'idéal pour les spectateurs, mais pas pour l'équipe. Non, croyez-moi : on a opté pour la meilleure solution. Certes, Hamilton évolue à un très, très haut niveau, et ce sera compliqué pour Bottas de le battre, mais j'ai démontré que c'était possible. ROSBERG : Bien sûr. C'est une révolution. Toute mon année était planifiée. Pour chaque jour, il y avait quelque chose de prévu. Aujourd'hui, aucune case de mon calendrier n'est remplie. Je fais ce que je veux : un luxe, un sentiment de liberté qu'on ne peut imaginer. Je me sens comme un poisson dans l'eau. PAR MIGUEL SANZ - PHOTO GETTY" Niki Lauda m'a dit qu'il me tirait un grand coup de chapeau. " - NICO ROSBERG