COACH Ricardo Gareca (ARG)

Qu'avez-vous ressenti face à la liesse provoquée au Pérou par la qualification de votre équipe ?

RICARDO GARECA : Ça m'a procuré une énorme satisfaction. J'ai vécu de beaux moments car les gens étaient reconnaissants. Ils nous ont aussi soutenus dans les moments difficiles, pas seulement quand nous étions sur le point de nous qualifier. C'était moins euphorique mais quand même. Les supporters nous ont beaucoup aidés dans certains matches.

Comment expliquez-vous le succès des Incas ?

GARECA : Par la présence de bons joueurs, qui ont su former une bonne équipe et qui ont été très dévoués. Le niveau technique est bon mais mes joueurs répondent aussi aux exigences physiques du football actuel. Ils peuvent donc encore progresser. Dès le premier jour, j'ai compris qu'ils avaient un énorme potentiel. Joueurs et membres du staff étaient convaincus de pouvoir mener à bien les qualifications, à condition d'être soudés.

Edison Flores, le médian d'Aalborg, dit que l'ambiance n'a jamais été aussi bonne. Le mérite vous en revient ?

GARECA : Une bonne ambiance découle du plaisir que les joueurs ont à se retrouver et à passer du temps ensemble. Le respect mutuel et les résultats l'améliorent encore. L'ambiance ne peut jamais être bonne au sein d'une équipe qui perd toutes les semaines. Nous avons aussi perdu des matches mais tout le monde a compris qu'il s'agissait de détails et que nous étions en bonne voie. Mes joueurs ont eu l'intelligence de comprendre que nous pouvions connaître le succès si nous gommions ces erreurs de notre jeu. C'est ce qui est arrivé.

RENATO TAPIA, AFP
RENATO TAPIA © AFP

Pourquoi avez-vous accepté l'offre du Pérou en février 2015 ?

GARECA : Franchement ? J'ai longtemps hésité. Je n'accepte que les missions dans lesquelles je crois. Je connaissais un peu le football péruvien et j'ai été attiré par son image, agréable et reconnaissable. Nous avons rapidement trouvé un style de jeu qui nous convenait, notamment parce que nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble avant et pendant la Copa America Centenario en juin 2016.

Quand votre tournoi sera-t-il réussi ?

GARECA : Nous n'allons pas en Russie pour participer. Nous voulons être compétitifs. Nos qualités doivent nous permettre de réussir quelque chose mais surtout, nous entamerons chaque match avec l'intention de le gagner. Nous le devons aux supporters qui nous accompagnent en Russie.

Sous quel aspect l'équipe a-t-elle une marge de progression ?

GARECA : Nous avons un gros avantage : nous ne nous effondrons pas quand nous sommes dominés. C'est un indice de maturité. Reste à éviter ce genre de moments. Nous n'atteignons pas toujours un niveau similaire mais ça fait partie de notre processus de formation.

VU DU PAYS : Cristian Benavente

16 sélections et 2 buts pour le Pérou

" Pour notre pays, ce Mondial sera vraiment un moment historique. C'est la première fois depuis 36 ans que le Pérou va disputer une Coupe du monde. Personnellement, je n'avais jamais connu ça, et c'est pareil pour la plupart du groupe. Pour y arriver, la sélection a dû sortir des qualifications sud-américaines, qui sont pour moi les plus difficiles au monde. Il n'y a que quatre ou cinq places à attribuer, alors que sur le continent, il y a au moins sept ou huit équipes qui pourraient faire bonne figure dans une Coupe du monde. En Russie, il faudra surtout bien commencer, pour tenter de prouver que la qualification du Pérou n'était pas due au hasard ou à un coup de chance, même si on a eu besoin d'un peu de réussite pendant la campagne. Notre groupe est assez ouvert pour la deuxième place, derrière la France qui fera évidemment figure de grande favorite. Si le Pérou parvient à sortir des poules, alors le Mondial sera déjà une réussite. Pour y arriver, le pays peut compter sur une équipe expérimentée, avec une ligne défensive et un milieu de terrain qui se connaissent très bien et ont affûté leurs automatismes. Sans oublier, évidemment, le soutien populaire énorme d'un pays qui attendait ça depuis de trop longues années. "

Paolo Guerrero, BELGAIMAGE
Paolo Guerrero © BELGAIMAGE

L'ÉTOILE MONTANTE : Renato Tapia

Convaincu par les pieds de Renato Tapia, Liverpool s'intéresse à son poignet. Déjà talentueux, le Péruvien n'est encore qu'un enfant, et le test de croissance révèle qu'il ne s'élèvera pas au-delà du mètre 80. Bien trop peu pour un défenseur central de Premier League. Les Reds ne négocient pas sous le mètre 90. Quelques années plus tard, Renato a pris la direction des Pays-Bas, où il souffle le chaud et le froid sous les couleurs de Feyenoord après un long passage par Twente. Au sein de la sélection de Ricardo Gareca, par contre, il est devenu un incontournable devant la défense, s'occupant personnellement d'un certain Lionel Messi lors du nul blanc héroïque et capital face à l'Argentine en qualifications. Pas handicapé par son mètre...85 au milieu défensif, le milieu est déjà présenté comme le futur capitaine d'une sélection qu'il a dans la peau. Tatoué de symboles péruviens sur le torse, l'un des leaders du Pérou est prêt à les révéler aux yeux du monde pour célébrer un éventuel succès historique des siens.

© BELGAIMAGE

BON À SAVOIR

Suspendu pour un contrôle positif à la cocaïne, Paolo Guerrero sera bien en Russie. La star de l'équipe péruvienne a fait appel de la décision du TAS devant le Tribunal fédéral suisse, qui a accordé un effet suspensif à son recours, au grand soulagement de toute la nation.

COPA AMÉRICA

En 2015, le Pérou a terminé 3e de la prestigieuse Copa América, éliminant notamment la Colombie en poules avant de venir à bout du Paraguay lors de la petite finale.

36 ANS

Le Pérou dispute en Russie le 6e Mondial de son histoire. La qualification a mis fin à une disette de 36 ans, puisque la dernière participation remontait à 1982.

Les Péruviens sont emmenés par un sélectionneur argentin. Ancien international, Ricardo Gareca avait privé le Pérou du Mondial 1986 en marquant le but égalisateur de l'Albiceleste dans un match de qualifications décisif.

20

Sur les 26 buts marqués par le Pérou lors des qualifications, 20 ont été marqué en deuxième mi-temps, soit 77 % du total. La preuve qu'il ne faut jamais enterrer la Blanquirroja.

COACH Ricardo Gareca (ARG)

60 ans ? Triple champion d'Argentine en quatre ans avec Velez Sarsfield, il a mis le cap sur Palmeiras et le Brésil ? Huit mois plus tard, il a accepté l'offre de la fédération péruvienne ? Avec succès ? Le Pérou a terminé troisième de la Copa América et s'est qualifié pour le Mondial.

Qu'avez-vous ressenti face à la liesse provoquée au Pérou par la qualification de votre équipe ? RICARDO GARECA : Ça m'a procuré une énorme satisfaction. J'ai vécu de beaux moments car les gens étaient reconnaissants. Ils nous ont aussi soutenus dans les moments difficiles, pas seulement quand nous étions sur le point de nous qualifier. C'était moins euphorique mais quand même. Les supporters nous ont beaucoup aidés dans certains matches. Comment expliquez-vous le succès des Incas ? GARECA : Par la présence de bons joueurs, qui ont su former une bonne équipe et qui ont été très dévoués. Le niveau technique est bon mais mes joueurs répondent aussi aux exigences physiques du football actuel. Ils peuvent donc encore progresser. Dès le premier jour, j'ai compris qu'ils avaient un énorme potentiel. Joueurs et membres du staff étaient convaincus de pouvoir mener à bien les qualifications, à condition d'être soudés. Edison Flores, le médian d'Aalborg, dit que l'ambiance n'a jamais été aussi bonne. Le mérite vous en revient ? GARECA : Une bonne ambiance découle du plaisir que les joueurs ont à se retrouver et à passer du temps ensemble. Le respect mutuel et les résultats l'améliorent encore. L'ambiance ne peut jamais être bonne au sein d'une équipe qui perd toutes les semaines. Nous avons aussi perdu des matches mais tout le monde a compris qu'il s'agissait de détails et que nous étions en bonne voie. Mes joueurs ont eu l'intelligence de comprendre que nous pouvions connaître le succès si nous gommions ces erreurs de notre jeu. C'est ce qui est arrivé. Pourquoi avez-vous accepté l'offre du Pérou en février 2015 ? GARECA : Franchement ? J'ai longtemps hésité. Je n'accepte que les missions dans lesquelles je crois. Je connaissais un peu le football péruvien et j'ai été attiré par son image, agréable et reconnaissable. Nous avons rapidement trouvé un style de jeu qui nous convenait, notamment parce que nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble avant et pendant la Copa America Centenario en juin 2016. Quand votre tournoi sera-t-il réussi ? GARECA : Nous n'allons pas en Russie pour participer. Nous voulons être compétitifs. Nos qualités doivent nous permettre de réussir quelque chose mais surtout, nous entamerons chaque match avec l'intention de le gagner. Nous le devons aux supporters qui nous accompagnent en Russie. Sous quel aspect l'équipe a-t-elle une marge de progression ? GARECA : Nous avons un gros avantage : nous ne nous effondrons pas quand nous sommes dominés. C'est un indice de maturité. Reste à éviter ce genre de moments. Nous n'atteignons pas toujours un niveau similaire mais ça fait partie de notre processus de formation. 16 sélections et 2 buts pour le Pérou " Pour notre pays, ce Mondial sera vraiment un moment historique. C'est la première fois depuis 36 ans que le Pérou va disputer une Coupe du monde. Personnellement, je n'avais jamais connu ça, et c'est pareil pour la plupart du groupe. Pour y arriver, la sélection a dû sortir des qualifications sud-américaines, qui sont pour moi les plus difficiles au monde. Il n'y a que quatre ou cinq places à attribuer, alors que sur le continent, il y a au moins sept ou huit équipes qui pourraient faire bonne figure dans une Coupe du monde. En Russie, il faudra surtout bien commencer, pour tenter de prouver que la qualification du Pérou n'était pas due au hasard ou à un coup de chance, même si on a eu besoin d'un peu de réussite pendant la campagne. Notre groupe est assez ouvert pour la deuxième place, derrière la France qui fera évidemment figure de grande favorite. Si le Pérou parvient à sortir des poules, alors le Mondial sera déjà une réussite. Pour y arriver, le pays peut compter sur une équipe expérimentée, avec une ligne défensive et un milieu de terrain qui se connaissent très bien et ont affûté leurs automatismes. Sans oublier, évidemment, le soutien populaire énorme d'un pays qui attendait ça depuis de trop longues années. " Convaincu par les pieds de Renato Tapia, Liverpool s'intéresse à son poignet. Déjà talentueux, le Péruvien n'est encore qu'un enfant, et le test de croissance révèle qu'il ne s'élèvera pas au-delà du mètre 80. Bien trop peu pour un défenseur central de Premier League. Les Reds ne négocient pas sous le mètre 90. Quelques années plus tard, Renato a pris la direction des Pays-Bas, où il souffle le chaud et le froid sous les couleurs de Feyenoord après un long passage par Twente. Au sein de la sélection de Ricardo Gareca, par contre, il est devenu un incontournable devant la défense, s'occupant personnellement d'un certain Lionel Messi lors du nul blanc héroïque et capital face à l'Argentine en qualifications. Pas handicapé par son mètre...85 au milieu défensif, le milieu est déjà présenté comme le futur capitaine d'une sélection qu'il a dans la peau. Tatoué de symboles péruviens sur le torse, l'un des leaders du Pérou est prêt à les révéler aux yeux du monde pour célébrer un éventuel succès historique des siens. Suspendu pour un contrôle positif à la cocaïne, Paolo Guerrero sera bien en Russie. La star de l'équipe péruvienne a fait appel de la décision du TAS devant le Tribunal fédéral suisse, qui a accordé un effet suspensif à son recours, au grand soulagement de toute la nation. En 2015, le Pérou a terminé 3e de la prestigieuse Copa América, éliminant notamment la Colombie en poules avant de venir à bout du Paraguay lors de la petite finale. Le Pérou dispute en Russie le 6e Mondial de son histoire. La qualification a mis fin à une disette de 36 ans, puisque la dernière participation remontait à 1982. Les Péruviens sont emmenés par un sélectionneur argentin. Ancien international, Ricardo Gareca avait privé le Pérou du Mondial 1986 en marquant le but égalisateur de l'Albiceleste dans un match de qualifications décisif. Sur les 26 buts marqués par le Pérou lors des qualifications, 20 ont été marqué en deuxième mi-temps, soit 77 % du total. La preuve qu'il ne faut jamais enterrer la Blanquirroja.