Sa poignée de mains est ferme, son regard amical. Jordi Figueras (24 ans), un des transferts hivernaux du Club Bruges, est Catalan et sera papa d'un garçon en mai prochain. A la même époque, il espère fêter un autre événement heureux, sous le maillot bleu et noir. Il est jeune mais a déjà bourlingué et a aussi affronté le Real et Barcelone avec le Rayo Vallecano, deux matches qu'il a perdus respectivement 6-2 et 4-0.
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Sa poignée de mains est ferme, son regard amical. Jordi Figueras (24 ans), un des transferts hivernaux du Club Bruges, est Catalan et sera papa d'un garçon en mai prochain. A la même époque, il espère fêter un autre événement heureux, sous le maillot bleu et noir. Il est jeune mais a déjà bourlingué et a aussi affronté le Real et Barcelone avec le Rayo Vallecano, deux matches qu'il a perdus respectivement 6-2 et 4-0. Jordi Figueras : Le Real est la meilleure équipe de contre du monde mais le style de jeu du Barça est impressionnant. Guardiola tire le meilleur rendement de chacun. C'est plus méritoire que d'acheter une équipe. Evidemment, Di María, Benzema, Kaká, Ronaldo, Coentrao et Pepe évoluent aussi à un très haut niveau. Oui, il perd parfois les pédales mais il est rapide, athlétique, excellent techniquement. Non. Je suis titulaire depuis le second tour de la saison passée et je suis bourré d'assurance. D'autant que le staff et les joueurs m'ont réservé un accueil formidable. Evidemment, mais dès les premiers entraînements, je me suis concentré sur ce qu'on attendait précisément de moi. Je me débrouille en anglais, ça aide. Oui. En apprenant l'intérêt du Club pour moi, il m'a conseillé de saisir l'occasion. Il m'a dit que c'était un bon club et qu'on vivait bien en Belgique. Il a ajouté que le football n'y était pas aussi mauvais qu'un Espagnol pouvait le penser. Ce qui reste d'un footballeur au terme de sa carrière, c'est son palmarès. Je suis venu ici pour jouer la Coupe d'Europe et pour gagner. Pas évident d'avoir cette ambition en Espagne pour moi. Nous nous sommes affrontés dès les catégories d'âge. Il était à Barcelone et moi à Lérida. Nous nous sommes retrouvés en D2 quand je jouais à Valladolid et lui dans l'équipe B du Barça. Victor a une bonne passe, il surgit souvent dans le rectangle pour marquer. Il était une des perles de Barcelone. Non ! J'ai joué à différents postes. J'ai débuté sur l'aile gauche puis, en Cadets, j'ai disputé une demi-saison en pointe. J'ai d'ailleurs été le meilleur buteur de l'équipe puis on m'a fait reculer de deux crans, en défense centrale. Je n'ai plus quitté ce secteur depuis. Oui. J'avais 17 ans et il y avait trois ou quatre Catalans au pensionnat. Je reconnais que nous suivions avec passion les matches Real-Barça... Plutôt celui du Barça. Son style de jeu m'a toujours plu et il gagne tout. Il est impossible d'être meilleur. Franchement, je n'en sais rien. Un grand club russe qui visionne un club moyen de D2 espagnole, c'est un peu bizarre. Le fait qu'il évolue en Coupe d'Europe a été décisif à mes yeux. Rubin avait deux bons défenseurs centraux, César Navas et Aleksandr Orekhov. Je me suis retrouvé à l'arrière gauche, où je n'ai pas été en mesure de révéler toutes mes qualités. C'était il y a un an et demi. Il n'y avait qu'un arrière central et l'équipe était confrontée à plusieurs blessures mais on ne m'a pas demandé de revenir alors que je n'avais jamais été aligné à ma meilleure position. On ne me l'a jamais dit. Beaucoup mieux que je ne le pensais. Mon amie et moi nous y sommes beaucoup plu pendant six ou sept mois. César Navas, qui y joue depuis 2009, et son amie nous ont guidés partout. L'ambiance de notre jeune groupe était excellente. Par contre, la superstition des Russes m'a surpris. Par exemple, on ne peut pas siffler dans des espaces clos, on ne peut pas parler entre le terrain et le bus et dans celui-ci, pas question d'écouter de la musique. Il y avait plein de petites règles comme ça. Oui, même si notre groupe était multiculturel. Il faut respecter la culture du pays qui vous accueille. Oui : Antonio Gomez. Je suis arrivé le 25 août, à six jours de la clôture des transferts, alors qu'il avait déjà composé son équipe. J'ai compris qu'il ne m'aligne pas immédiatement. Je me considère comme un joueur collectif : si l'équipe va bien, moi aussi. Valladolid a remporté ses premiers matches et le coach n'avait aucune raison de modifier son équipe. Puis on a commencé à perdre mais je n'ai pratiquement pas été appelé. Aucune. L'entraîneur ne fournissait jamais la moindre explication et je ne suis pas de ceux qui en demandent. Je me contente de travailler. Pas tout de suite. Resino ne m'a pas immédiatement titularisé. Oui mais le club a transféré deux défenseurs centraux. Le départ d'Arzo n'a donc pas amélioré ma situation, initialement. Puis deux des quatre défenseurs se sont blessés et j'ai enfin obtenu ma chance dans un match que nous avons gagné. Je n'ai plus quitté le onze de base. Le club avait surmonté le gros de ses soucis de trésorerie. La saison dernière, Rayo a eu des problèmes en D2 mais sa montée en Primera Division l'a sauvé de la faillite. Le club a été placée sous curatelle et le remboursement de ses dettes a été échelonné sur plusieurs années. A mon arrivée, on m'a certifié qu'il n'y avait pas de problème économique. A mes yeux, Vallecano était un tremplin et j'ai rapidement senti que l'entraîneur, José Ramon Sandoval, me considérait comme un titulaire. Il est très exigeant. Il est impossible de se dissimuler et il vous harcèle jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut. Il tient fermement les rênes, ce qui est nécessaire pour qu'un groupe conserve sa concentration. Sa devise est : vouloir c'est pouvoir. Il m'a appris qu'on réussissait si on jouait avec tout son c£ur. Bien sûr ! ! L'état d'esprit d'un joueur détermine partiellement ses prestations. C'est un élément important. Le footballeur qui se sent mal en dehors du terrain ne produit pas les mêmes performances. Le Club et moi sommes rapidement tombés d'accord mais les discussions avec le Rayo Vallecano, qui ne voulait pas me laisser partir puisque j'étais un joueur-clé de l'équipe, ont duré une semaine et demi. Le Club a insisté tant et plus, ce dont je lui suis très reconnaissant. Voir un club vous convoiter à ce point fait plaisir. Le fait qu'il puisse disputer une Coupe d'Europe était essentiel à mes yeux car c'est une vitrine. Je n'ai encore jamais eu la chance de me produire pour une équipe qui lutte pour le titre. Valladolid procédait de la même façon, misant sur l'offensive et la possession du ballon mais en D2. Ici, l'entraîneur attache beaucoup d'importance à la défense. Il insiste énormément sur l'organisation défensive. Il nous demande de couvrir les espaces et de bien communiquer avec le gardien. Oui mais il tournait surtout autour des péripéties de mon transfert. Nous n'avons pas parlé tactique. Oui. Les points vont être divisés en deux au terme du championnat régulier et nous allons disputer dix matches contre les cinq autres équipes du top six. Je sais aussi que le premier est directement qualifié pour les poules de la Ligue des Champions. C'est clair ! (Il rit).PAR STEVE VAN HERPE - PHOTOS: IMAGEGLOBE " Que je joue ou non, je ne demande pas d'explications à l'entraîneur. "" Je suis venu pour jouer la Coupe d'Europe. "