1. Anderlecht ne savait pas comment jouer

Emilio Ferrera : Si le Celtic avait dû gagner 6-0 pour se qualifier, John Hartson et ses frères l'auraient fait sans problème. Anderlecht a été laminé durant la première demi-heure de jeu. Le jeu défensif des Mauves a été indiqué du doigt, à juste titre, car les médians défensifs n'ont pas participé au débat alors que la messe se jouait. L'axe central, en défense, a été débordé lors de chaque accélération écossaise. Tout s'est disloqué. Les deux médians défensifs, Walter Baseggio et Besnik Hasi, n'ont pas neutralisé l'homme venant de la deuxième ligne. Vincent Kompany et Hannu Tihinen ne savaient plus où donner de la tête. J'ai eu le sentiment qu'ils quittaient leur zone inutilement en suivant le ballon ou un adversaire. Les Bruxellois se sont emmêlés les pinceaux dans leur schéma défensif, ne sachant jamais s'ils devaient jouer en zone ou prati...

Emilio Ferrera : Si le Celtic avait dû gagner 6-0 pour se qualifier, John Hartson et ses frères l'auraient fait sans problème. Anderlecht a été laminé durant la première demi-heure de jeu. Le jeu défensif des Mauves a été indiqué du doigt, à juste titre, car les médians défensifs n'ont pas participé au débat alors que la messe se jouait. L'axe central, en défense, a été débordé lors de chaque accélération écossaise. Tout s'est disloqué. Les deux médians défensifs, Walter Baseggio et Besnik Hasi, n'ont pas neutralisé l'homme venant de la deuxième ligne. Vincent Kompany et Hannu Tihinen ne savaient plus où donner de la tête. J'ai eu le sentiment qu'ils quittaient leur zone inutilement en suivant le ballon ou un adversaire. Les Bruxellois se sont emmêlés les pinceaux dans leur schéma défensif, ne sachant jamais s'ils devaient jouer en zone ou pratiquer l'individuelle sur les attaquants adverses. A ce niveau-là, cette errance se paye cash. Tout le monde ne pensait pas la même chose en même temps. Ce désordre a aussi été perceptible dans le trafic aérien. Le problème ne consiste pas uniquement en la neutralisation de la tour adverse. Ce n'est qu'une partie du problème. L'autre, plus important, consiste à gérer la deuxième balle, celle que le pivot adverse dévie vers ses équipiers. Là, Anderlecht a été totalement absent. Personne n'était là pour s'emparer de la deuxième balle et ce fut mortel à trois reprises. En Ecosse, Anderlecht a également noté, la mort dans l'âme, qu'Aruna Dindane avait essuyé une carte jaune qui l'empêchera de jouer face à Lyon. Ce sera le match à ne pas rater pour entretenir les espoirs de qualification et l'occasion de voir, preuve à l'appui, si Anderlecht peut se passer ou pas de sa star ivoirienne. Bruges est certainement sorti très frustré de sa deuxième manche face à l'AC Milan. Si Anderlecht n'a pas existé à Glasgow, Bruges a eu tous les atouts en mains. Les Champions de Belgique ont assumé le jeu, à onze contre dix, lors d'une grande partie du match, et, paradoxalement, cela convenait aux Milanais. Ils adorent être dominés avant d'agir rapidement en contres. Ils n'ont pas raté leur seule occasion de but : c'est un art. Kaka était sur le point d'être remplacé mais il est resté concentré jusqu'au bout de sa mission avant de signer un geste technique parfait. Sur cette phase de jeu, Bruges a eu le même problème qu'Anderlecht en Ecosse : impossibilité de penser la même chose à onze au même moment. Quatre Brugeois se sont retrouvés face à trois Milanais mais Kaka a pu finaliser seul, sans personne autour de lui, car les Belges n'ont plus réfléchi collectivement pour neutraliser l'ennemi. Il y a eu des événements exceptionnels comme le succès plus que plantureux de l'AS Monaco face au Deportivo La Corogne. Chaque attaque s'est conclue de façon positive pour l'équipe de Didier Deschamps. C'est un résultat exceptionnel mais qui ne s'explique pas. Cela arrive parfois en football : tout vous sourit ou rien ne vous réussit. Cela a rigolé pour Monaco. Il y a quelques semaines, Dado Prso était destiné à la vente. Maintenant, il est au top. Pourtant, si je devais choisir, je lui préfère largement John Hartson. Ce sont des joueurs différents. Dado Prso est essentiellement une tour alors que le Gallois décroche beaucoup plus, va au duel au bon moment, est méchant quand il faut l'être, sert le collectif et a été présent dans toutes les phases offensives de son équipe. John Hartson est redoutable quand il joue dos au but. Dans cette position, il ne peut pas être arrêté. Son opposant doit patienter et ne le prendre qu'au moment où il s'est retourné. Il faut retenir aussi, hélas pour Anderlecht, le succès de Lyon au Bayern Munich. Les Bavarois traversent une grosse crise. Elle survient souvent en novembre mais je me demande si le mal n'est pas plus profond. Le Bayern peut toujours compter sur un gardien de but exceptionnel, Oliver Kahn, une défense qui tient la route ainsi qu'une attaque talentueuse. Mais la ligne médiane, par contre, se cherche, et me semble vieillissante, ou sans idée, dans sa philosophie de jeu : Lyon et Giovane Elber, revenu devant son ancien public, en ont bien profité. Les Bavarois devront remettre pas mal de problèmes à plat. par Emilio Ferrera, Propos recueillis par Pierre Bilic