Tout d'abord, merci à Jean-François de Sart qui a immédiatement été d'accord de jouer le jeu de journalistes d'un jour avec son équipe olympique. " De rien ", explique de Sart, un coach qui a des idées et du savoir-vivre. " Par rapport aux médias, j'ai toujours eu comme politique d'aller vers eux pour une bonne collaboration ".
...

Tout d'abord, merci à Jean-François de Sart qui a immédiatement été d'accord de jouer le jeu de journalistes d'un jour avec son équipe olympique. " De rien ", explique de Sart, un coach qui a des idées et du savoir-vivre. " Par rapport aux médias, j'ai toujours eu comme politique d'aller vers eux pour une bonne collaboration ". Jean-François de Sart : Je regarde la télé et je lis toute la presse francophone, dont évidemment Sport/Foot Magazine. Je ne suis pas trop fan de football international mais bien du foot belge où je me délecte de tout ce qui est portraits de joueurs. J'en profite pour aller à la rencontre de l'interviewé : comment il vit, ce qu'il pense, comment il a affronté les différentes étapes de sa vie... et les grands événements. Les analyses techniques ne m'attirent pas : je suis d'office là-dedans tout le temps et je cherche autre chose. Oui, car dans l'aventure du sport, c'est l'individu et son histoire qui sont intéressants. Comment arriver à réaliser un résultat, voilà ce qui m'intéresse. Comme dans le développement des tout jeunes au niveau de la problématique des études et de la formation (voir page 48). C'est la même chose pour moi. Et malgré ce qu'on dit, il y a beaucoup de bons entraîneurs en Belgique, des passionnés qui sont bien formés. Seulement, nous ne sommes pas un pays qui, comme la Hollande ou la France, exporte ses spécialistes. La manière dont les entraîneurs sont jugés est un peu exagérée. On ne les juge que sur le résultat. Or, dans tout travail, il y a un moment où on doit faire des choix. Mais si ça tourne mal, un entraîneur ne peut pas se rattraper, il perd et on le lui reproche. Il est obligé de prester... sauf si - au sein de son club - on met au point une philosophie qui ne tient pas seulement compte du résultat. Comme à Lille, avec Claude Puel, qui est chargé avant tout de développer des joueurs que le club vendra pour continuer à conserver un bon niveau. Mais pour y arriver, il faut des dirigeants qui possèdent une vraie vision et dégagent des moyens. Par exemple en estimant que 20 joueurs c'est assez pour une saison et en dégageant l'argent gagné en enrôlant moins de joueurs pour améliorer l'entourage de l'équipe, notamment des spécialistes du conditionnement physique. Parce qu'il faut des menus à la carte pour les joueurs en fonction de leurs qualités et de leur position. Killian Overmeire, le médian de Lokeren, a fait un lundi matin un petit tour à la rédaction : " Je suis encore très jeune et je n'ai pas énormément l'habitude des médias. Pour moi, cela se passe bien. Je suis encore dans l'ambiance des premières rencontres avec la presse et j'attends de voir jusqu'où on peut aller dans la confiance mutuelle. Je me souviens encore de ma première interview, pour le journal du club... Après cette époque, tout se déroula sans anicroches jusqu'au jour où un journaliste de quotidien m'a posé deux ou trois questions assez banales après un entraînement à La Gantoise et que le lendemain je pouvais lire que j'étais très confiant pour le prochain match et qu'on allait sûrement le gagner. Alors que je n'avais jamais dit des choses pareilles ! "Killian Overmeire : J'aime surtout les interviews, les questions/réponses, quand on sent que le journaliste pose les questions qu'il faut quand il faut et quand l'interviewé réagit bien. J'aime ce style direct d'article, oui. Eric Gerets, sans hésiter. Pour moi c'est un grand entraîneur, chaque fois qu'il a eu une équipe en mains, il en a fait quelque chose. Il est tout bon et je voudrais qu'il m'explique pourquoi. Quels sont ses trucs pour cerner aussi vite son équipe et en fonction de quoi il choisit tel ou tel joueur ou tel type de jeu. En dehors du foot, je suis fan du rugbyman Sébastien Chabal (voir page 24). Jonathan Legear pour Anderlecht et Axel Witsel du Standard se sont prêtés à un exercice amusant sur ce qui les branche. Legear : Je craque pour les anecdotes sur les joueurs. Comme ma rencontre avec David Beckham, par exemple. L'an dernier, juste après le match amical disputé au Real Madrid, j'avais pu échanger quelques mots avec lui dans un anglais approximatif. J'étais rentré dans le vestiaire tout bêtement. Ça n'avait posé aucun problème. J'ai même fait une photo avec Raul avec mon portable. Deux stars, mais deux gars très simples. Witsel : Lors d'une rencontre amicale face à l'AS Roma, le club avait oublié nos maillots et on a dû mettre ceux de jeunes d'un club de D3 italienne ! On avait l'air fin avec nos shorts à l'ancienne et nos t-shirts trop petits. Dommage que je n'en ai pas gardé une photo. Legear: Il a trop de classe ! Même quand il s'échauffe avant un match, il a du style. Witsel : Oui, c'est vraiment le joueur que beaucoup de jeunes copient. On passe difficilement à côté d'un article le concernant. Legear : On parle beaucoup de la rivalité entre le Standard et Anderlecht, de l'aspect sportif. Mais il y a d'autres vraies différences... Witsel : Chez nous, on a des terrains d'entraînements superbes, des magnifiques installations; par contre le terrain de Sclessin est dans un état pitoyable. A Anderlecht, c'est l'inverse, on joue sur un billard alors que les infrastructures pour les jeunes sont scandaleuses. Legear : On est des véritables passionnés de foot étranger. Je trouve intéressant quand on détaille les différents championnats avec les avantages et inconvénients pour un joueur. Que ce soit en termes d'entraînements ou de popularité, etc. (voir page 38, Moussa Dembele) Legear : Pour notre génération, la mode a beaucoup d'importance. Ce qui n'était pas spécialement le cas avant... Witsel : Il suffit de se balader dans un vestiaire pour en être convaincu. On fait attention à ce que l'on porte. Legear : On est pour ces classements sur les plus beaux gosses de la compétition. Je ne sais pas si je ferais partie du lot pour Anderlecht mais je sais que je ne serais pas dans les plus laids... avec Olivier Renard, Lucas Biglia, Logan Bailly. Par contre, il y en a d'autres qui... (censuré). Witsel : On nous traite souvent de privilégiés parce qu'on n'a que deux heures d'entraînement par jour. C'est faux : le club nous impose d'autres activités comme aller rendre visite à de jeunes malades à l'hôpital. On le fait toujours avec plaisir mais ça fait partie aussi de notre quotidien. Et si on est là, qu'on a la chance d'être joueur professionnel, c'est aussi grâce aux sacrifices consentis à 15, 16 ans. (voir page 26, Vincent Kompany). Legear : Lucien D'Onofrio. C'est quelqu'un de mystérieux ! Legear : J'achète souvent des revues comme Entrevue, Choc, New-Look, Play-Boy, etc. Pas uniquement pour les photos de filles qui sont à l'intérieur. On tombe aussi sur des articles qui peuvent être intéressants. Legear : Généralement ça se passe bien avec la presse même si avant un Anderlecht-Standard, on essaye souvent de faire monter la sauce vu mon identité liégeoise et mon parcours chez les jeunes du Standard. Pour mon premier clasico, les journalistes avaient réussi leur coup, puisque j'avais été sifflé tout au long du match à cause de propos parus dans la presse. Des propos qui avaient été déformés... Legear : 50 Cent ou Justin Timberlake... Legear : J'aime des phrases chocs, un style direct. Le titre a énormément d'importance. Si on lit -Untel sort avec unetelle, ça va directement attirer notre regard. Legear : On est à peu près tous fans de belles voitures. Witsel : C'est toujours sympa de voir dans quoi les autres joueurs roulent. par john baete et thomas bricmont - photo: reporters/ mossiat