La nomination de Slavo Muslin au Standard devait être un signe de stabilité, la fin d'une période au cours de laquelle les entraîneurs avaient été considérés comme des objets jetables et les conceptions, sans cesse revues. Mais Muslin n'est pas un entraîneur qu'on engage pour travailler à long terme. On ne peut pas dire qu'un coach qui a changé 18 fois de club en 28 ans soit un exemple de continuité. Après son départ de Lokeren, en 2007, il a travaillé dans cinq clubs, sans jamais aller au bout de son contrat. A Daknam, pourtant, on reste sous le charme du bonhomme. Il aurait même été question qu'il succède à Peter Maes. Puis le Standard s'est présenté.
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La nomination de Slavo Muslin au Standard devait être un signe de stabilité, la fin d'une période au cours de laquelle les entraîneurs avaient été considérés comme des objets jetables et les conceptions, sans cesse revues. Mais Muslin n'est pas un entraîneur qu'on engage pour travailler à long terme. On ne peut pas dire qu'un coach qui a changé 18 fois de club en 28 ans soit un exemple de continuité. Après son départ de Lokeren, en 2007, il a travaillé dans cinq clubs, sans jamais aller au bout de son contrat. A Daknam, pourtant, on reste sous le charme du bonhomme. Il aurait même été question qu'il succède à Peter Maes. Puis le Standard s'est présenté. Il n'y sera resté que le temps de cinq matches de championnat et quatre de Coupe d'Europe. Il paraît que les joueurs n'approuvaient plus ses choix tactiques. Mais peuvent-ils encore se regarder dans la glace après le 7-1 à Bruges, dimanche. Les Rouches ont rarement joué aussi mal qu'au stade Jan Breydel. Les défenseurs ressemblaient à des statues, certains joueurs donnaient l'impression de ne pas avoir envie d'être là et d'autres, comme Anthony Knockaert, ne jouaient que pour eux. Le Club Bruges a rarement bénéficié d'autant d'espace et, heureusement pour le Standard, ses joueurs ont encore loupé quelques occasions. Ce qui arrive aux Liégeois est affreux. C'est une gifle pour la direction qui a pris un peu vite le parti des joueurs alors que des gens issus du monde du football comme le conseiller sportif Axel Lawarée et le nouvel administrateur Daniel Van Buyten devraient savoir que, lorsqu'il s'agit de chercher des excuses et de se mettre à l'abri, les footballeurs sont champions du monde. Le limogeage de Slavoljub Muslin met définitivement un terme à l'ère Roland Duchâtelet. L'ex-président avait certes consulté le reste de la direction mais, comme d'habitude, c'est lui qui avait pris la décision finale d'engager le Serbe. Muslin était son huitième entraîneur en quatre ans de présence à Sclessin mais le Standard n'avait pas attendu Duchâtelet pour devenir un cimetière d'entraîneurs puisque Muslin était le 24e en 20 ans. Au cours de cette période, seul Dominique D'Onofrio avait tenu plus de deux ans. L'agitation a toujours régné en bord de Meuse. On pensait pourtant qu'avec le départ de Duchâtelet, l'ordre et le calme allaient revenir. On a donc été étonné, après l'élimination face à Molde, d'entendre le président Bruno Venanzi annoncer qu'il avait découvert que les fondations du Standard étaient touchées. Etrange car Venanzi est présent au club depuis huit mois et qu'il a donc eu le temps de s'intéresser à son fonctionnement ainsi qu'à sa situation financière. Il ne doit pas chercher d'excuses, les joueurs sont là pour ça. Ceux-ci doivent prendre leurs responsabilités. Il est facile de tout mettre sur le dos de l'entraîneur et de se plaindre qu'on travaille trop dur en début de saison. Même si les méthodes de Muslin sont complètement dépassées, il a eu le mérite de tenter de sortir les joueurs de leur zone de confort. Le choix du nouvel entraîneur constituera un examen pour les dirigeants actuels. Ils n'ont pas droit à l'erreur. Le Standard a remis le Club Bruges en confiance après la correction infligée par Manchester United en Coupe d'Europe. Quelques heures après le 7-1, les Brugeois surprenaient tout le monde en annonçant l'arrivée de Jelle Vossen qui, après un échec en Angleterre, se voit offrir une belle opportunité de réorienter sa carrière. Le football anglais ne lui convenait pas. A Burnley aussi, il s'est retrouvé sur le banc. La meilleure place de Vossen, c'est derrière l'attaquant de pointe. Retrouvera-t-il ses sensations à Bruges ? Son engagement démontre en tout cas combien Bruges est obsédé par la reconquête du titre. Bart Verhaeghe est prêt à tout pour cela. A Michel Preud'homme, désormais, d'imbriquer les nouvelles pièces du puzzle. Lorsque les blessés seront de retour, il aura l'embarras du choix. PAR JACQUES SYSL'arrivée de Vossen démontre combien Bruges est obsédé par la reconquête du titre.