K halilou Fadiga avait débuté sa carrière professionnelle avec le FC Liégeois durant la saison 1994-1995. Il venait du Red Star de Paris où il n'avait joué aucun match en D2 française. Mais en Belgique, son talent fut vite éclatant. Rapide, percutant, gourmand, le Parisien sénégalais se retrouva champion de Belgique avec Bruges en 1998 après un passage à Lommel.
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K halilou Fadiga avait débuté sa carrière professionnelle avec le FC Liégeois durant la saison 1994-1995. Il venait du Red Star de Paris où il n'avait joué aucun match en D2 française. Mais en Belgique, son talent fut vite éclatant. Rapide, percutant, gourmand, le Parisien sénégalais se retrouva champion de Belgique avec Bruges en 1998 après un passage à Lommel. En septembre 2000, il rejoignait l'Auxerre de Guy Roux et remportait la Coupe de France avec ce club cette année. L'an dernier, il fut l'un des nombreux Sénégalais à inonder de leur classe le Mondial asiatique. Il avait fallu une bonne Turquie pour les sortir en quarts de finale. Avec le numéro 10 sur le dos, Fadiga avait passé un cap de plus dans la reconnaissance internationale de ses qualités. Un an plus tard, il signait donc un contrat de rêve avec l'Inter Milan. Mais la semaine dernière, la décision du staff médical milanais éclatait : inapte pour des raisons d'arythmie cardiaque. L'Inter Milan est coutumier du fait : il a déjà stoppé les deux Nigérians Nwanku Kanu et Taribo West pour des problèmes cardiaques. Il envoya même le premier se faire opérer aux Etats-Unis et l'ex-joueur de l'Ajax rebondit ensuite parfaitement à Arsenal. Il ne faut donc pas penser que c'est le décès du Camerounais Marc-Vivien Foé en plein match de la Coupe des Confédérations en juin en France qui a poussé l'Inter à faire de l'excès de zèle. Même si l'opinion publique mondiale fut encore plus choquée en apprenant le verdict post-mortem : anomalie cardiaque. Face à son renvoi de Milan, Fadiga ne resta pas effondré et la semaine dernière, il courut tous les spécialistes cardiaques dont le Dr Pedro Brugada, du réputé hôpital alostois Onze Lieve Vrouw, qui l'envoya passer des tests à la clinique parisienne Lariboisière. Pour moi, c'est clair, Fadiga n'a rien ", nous a dit le Dr Brugada. " Il a des extra systoles, c'est-à-dire des troubles du rythme cardiaque. Ce n'est pas dangereux du tout. Il y a des tas de gens qui présentent ces symptômes mais qui mènent une vie tout à fait normale... même des sportifs de haut niveau ". Le cardiologue alostois sait de quoi il parle puisque le cycliste Nico Mattan et le tennisman Xavier Malisse sont ses patients... " pour des raisons un peu différentes " précise le cardiologue. " Mais en ce qui concerne Fadiga, je suis formel. Il ne court aucun danger ". Brugada a fait les tests quatre fois pour être certain de son coup, mais dimanche dernier, la cellule médicale de l'Inter n'avait toujours pas changé d'avis. Khalilou n'avait pas encore été effacé du site Internet du club (www.inter.it ) mais c'était sans doute une question d'heures. Comment toute cette histoire va-t-elle évoluer ? Sans doute vers des démarches légales. L'avocat de Fadiga serait bien inspiré en saisissant pour l'occasion la FIFA de l'affaire (comme Me Jean-Louis Dupont l'a fait habilement pour Cédric Roussel). Dans cette hypothèse, l'affaire Fadiga échouerait sur le bureau du Dr Michel D'hooghe, président de la commission médicale de la fédération internationale. Fadiga a toujours le chic pour se mettre dans des situations difficiles. Avec Bruges, il avait un jour salement blessé un back israélien d'un coup de coude dans la gorge en coupe d'Europe. L'été dernier, à Daegu, au début de la Coupe du Monde, il volait un collier en or. Dans un cas comme dans l'autre, il avait une excuse toute prête : " Il m'a lancé des insultes racistes " et " Désolé, c'était pour gagner un pari stupide ". Cette fois, Khalilou n'a pas besoin d'excuses, il n'y est pour rien. Guy Roux est comme tout le monde, il est abasourdi : " Comment Khalilou pourrait-il souffrir d'un problème cardiaque ? A Auxerre, il a été testé de façon approfondie à plusieurs reprises depuis trois ans ".. Mais il ne peut rien faire... " par Pierre BilicCette fois, Khalilou n'a pas besoin d'excuses : il n'y est pour rien