C'est l'été, flânez, mais faites-moi plaisir, flânez avec du papier, lisez ! Ne soyez pas le Belge sur deux qui (paraît-il) n'ouvre jamais un bouquin. Les livres demeurent nos amis malgré leur concurrents ! Y'en a ci-dessous pour tous les goûts footeux : le premier, même s'il n'est pas mon favori, vous intéressera si vous vous intéressez au coaching. Le deuxième est un roman délassant, bien imbibé de ballon rond. Le troisième est un must historique, truffé de poésie. Le quatrième prépare aux inévitables polémiques siffleuses qui jalonneront 2019/20.
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C'est l'été, flânez, mais faites-moi plaisir, flânez avec du papier, lisez ! Ne soyez pas le Belge sur deux qui (paraît-il) n'ouvre jamais un bouquin. Les livres demeurent nos amis malgré leur concurrents ! Y'en a ci-dessous pour tous les goûts footeux : le premier, même s'il n'est pas mon favori, vous intéressera si vous vous intéressez au coaching. Le deuxième est un roman délassant, bien imbibé de ballon rond. Le troisième est un must historique, truffé de poésie. Le quatrième prépare aux inévitables polémiques siffleuses qui jalonneront 2019/20. - Philippe Rodier, L'entraîneur idéal, Hugo Sport 2017. Sur base de la conviction effective que " les émotions orientent la performance ", l'auteur se centre ici sur l'apport psychologique de l'entraîneur. C'est bourré de suggestions, de citations et d'anecdotes intéressantes : par exemple sur tout ce que peut être le contenu d'une causerie, d'un briefing, d'un debriefing... Dommage que Rodier, fan de Bielsa et Guardiola, s'évertue à comparer le boulot d'un coach à celui de célébrités issues de tous les azimuts : ainsi cite-t-il notamment Machiavel, James Bond, Karpov et Kasparov, Brel, De Gaulle, Cicéron, Camus, Daudet, Nietzsche, Jim Morrison, Mozart ...et sans cesse Steve Jobs visiblement son idole ! Ce qui est lassant, et un peu pédant. - Patrick Besson, Le milieu de terrain, Grasset 2018. Le roman d' Elvis Sorge par lui-même : 61 ans, ex-pro puis coach bourlingueur atterri en Ligue 2 française, mais peu à peu " fatigué d'être aimé et haï en alternance pour si peu de choses. " Surtout qu'il y a un championnat à réussir et une jeune épouse de joueur qui le drague. Pas facile à concilier : " le foot, c'est 90% de désir et 10% de possession, comme la vie amoureuse " ! L'intrigue est plaisante, le bouquin se dévore. Besson persifle gentiment sur les à-côtés d'un sport qu'il connaît bien, et les images sont souvent cadrées : " Les footballeurs, éternels enfants d'une école religieuse. Le coach est leur Saint-Père, le président leur Dieu. Ils ont catéchisme tous les jours de la semaine et messe le week-end. Leur missel, c'est le ballon. " - Eduardo Galeano, Le football, ombre et lumière, Lux (édition augmentée), 2014. Livre-culte pour tout qui aime le foot et les mots, et je n'en ai jamais parlé ! Uruguayen, Galeano est mort en 2015, un an après la dernière mise à jour de ce livre écrit dès 1995. C'est une histoire du foot par succession de petits textes poétiques et engagés, hommage d'un mendiant de bon football à cette grand-messe païenne : célébration de ses lumières, dénonciation de ses ombres. Avec notamment les anecdotes d'une enfance sud-américaine, 3 pages magnifiques sur Diego Maradona et cette jolie pensée pour vous donner envie d'en lire des dizaines d'autres : " Quand Pelé tirait un coup franc, les joueurs qui formaient le mur adverse voulaient se retourner, pour ne pas manquer le but ! " - Anonyme, Je suis l'arbitre masqué, Hugo Sport, 2018. Sorti un an plus tôt, le bouquin de ce mystérieux siffleur, qui a opéré dix ans en France, ressemble à celui de Tony Chapron dont je vous ai parlé. Ça éclaire et dégomme tout autant le milieu du foot, mais sans rouler des mécaniques : en confessant les cuites ou les filles, avec davantage de bon sens et d'autocritique, et aussi de dérision joliment formulée. Exemple via les supporters, qui ne sont pas épargnés : " Pour eux, nous appartenons tous à la même confrérie d'enculés, sans préjugé d'âge, de couleur, de religion. On ne peut que saluer leur universalisme. " Ou aussi, ayant frissonné au Celtic lors d'un You'll never walk alone : " On peine à croire que le refrain soit entonné par quelques dizaines de milliers de mecs gorgés de houblon : un genre de miracle artistique qui ne peut que donner la chair de poule. " Et pas de pitié pour la presse, au sein de laquelle L'avanie est la norme ( sic) ! Enfin ce constat terrible de la docilité obligée des arbitres vis-à-vis de leur hiérarchie, elle-même inféodée à celle qui paie les arbitres : à savoir la Ligue Pro riche de ses droits télé. Droits qu'on doit aux clubs riches via les stars qu'ils présentent ! Faut plus vous faire un dessin, mais faut lire !