Paul Van Himst : " Au cours d'une carrière de près de 20 ans, j'ai échangé mon maillot avec celui de bon nombre de joueurs prestigieux : Johan Cruijff, Eusebio, Franz Beckenbauer, etc. Mais si je ne dois en retenir qu'un seul, mon choix se portera sur un certain Edson Arantes do Nascimento, mieux connu sous le nom de Pelé. Pour moi, malgré la concurrence d'un Diego Maradona ou d'un Alfredo Di Stefano, le Brésilien est le plus grand footballeur que le monde ait jamais produit. ...

Paul Van Himst : " Au cours d'une carrière de près de 20 ans, j'ai échangé mon maillot avec celui de bon nombre de joueurs prestigieux : Johan Cruijff, Eusebio, Franz Beckenbauer, etc. Mais si je ne dois en retenir qu'un seul, mon choix se portera sur un certain Edson Arantes do Nascimento, mieux connu sous le nom de Pelé. Pour moi, malgré la concurrence d'un Diego Maradona ou d'un Alfredo Di Stefano, le Brésilien est le plus grand footballeur que le monde ait jamais produit. Révélation de la Coupe du Monde 1958, un an avant mes propres débuts en Première à Anderlecht, il m'a fallu patienter jusqu'au début des sixties pour faire plus ample connaissance avec lui. C'était au Tournoi international de Paris, en 1961. Cette année-là, le plateau réunissait, outre le Sporting, le Racing local, Benfica ainsi que Santos, le club auquel Pelé aura longtemps juré fidélité avant de jouer à New York en fin de carrière. Grâce à sa jeune vedette, Santos l'emporta 6-3 face à une équipe où un autre attaquant avait fait fureur contre nous lors du match d'ouverture de la compétition : le Benfiquiste Eusebio. Réunis tous trois sur la photo souvenir de l'événement, en tant qu'avant-centres les plus prometteurs, nous avions échangé nos vareuses respectives à cette occasion. Aussi, mon premier maillot de Pelé est celui aux bandes noires et blanches rayées de son club d'origine. A choisir, je préfère toutefois la tunique auriverde que celui qui fut baptisé o Rey me remit lors de mon match jubilé face à une sélection mondiale, le 26 mars 1975. Ce soir-là, tous les joueurs invités me firent d'ailleurs don d'une de leurs tenues. Et il y avait là pas mal de beau monde : Johan Neeskens, Amancio, Hugo Sotil, Gianni Rivera, Sandro Mazzola, Paulo Cesar, Wim Van Hanegem... Sans oublier quelques Diables Rouges fameux comme Wilfried Van Moer, Christian Piot ou Raoul Lambert. Cinq ans plus tard, l'opportunité me fut donnée de mieux connaître encore le roi Pelé puisque, pour les besoins d'un film de John Huston, A nous la Victoire, Escape to Victory, j'ai joué à ses côtés, au même titre que quelques autres joueurs, dont Bobby Moore. Pendant toute la durée du tournage, on s'était franchement bien amusés, tout en sympathisant avec la vedette principale du film, Sylvester Stallone. Par la suite, je suis encore resté en contact avec Pelé, fût-ce de manière beaucoup plus épisodique. Mais chaque fois qu'on se revoit, on égrène quelques chouettes souvenirs. Mon seul regret, avec le recul, est de n'avoir conservé en tout et pour tout qu'un seul maillot de mes 15 années chez les Mauves. Chaque fois que j'étais sollicité en la matière, je remettais toujours une livrée pour une bonne £uvre, voire à l'un ou l'autre féru du Sporting. En fin de compte, je me suis aperçu un jour qu'il me restait très exactement un exemplaire. Celui-là, il est réservé à mon petit-fils Youri, qui joue au foot à présent. Il est évidemment beaucoup trop tôt pour dire s'il fera carrière. Mais, comme moi jadis, il frappe déjà la balle de l'extérieur du pied. C'est quand même bon signe (il rit). " par Bruno Govers