Lance Armstrong n'a pas compris qu'on le suspende à vie pour s'être dopé. Même quand il s'est trouvé dos au mur, qu'il a été démasqué et qu'il a concédé quelques aveux, il a estimé exagérée la sanction qu'on lui avait infligée.
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Lance Armstrong n'a pas compris qu'on le suspende à vie pour s'être dopé. Même quand il s'est trouvé dos au mur, qu'il a été démasqué et qu'il a concédé quelques aveux, il a estimé exagérée la sanction qu'on lui avait infligée. Au même moment, Johan Bruyneel, le directeur d'équipe de l'Américain, qui avait tout orchestré avec lui, s'est coupé du monde extérieur. Jadis, Bruyneel s'en prenait virulemment à tous ceux qui osaient insinuer qu'Armstrong avait recours au dopage. Convoqué par l'Union vélocipédique pour un interrogatoire, il ne s'est pas présenté. Il paraît qu'il est occupé à la rédaction d'un livre. On peut être sûr d'une chose : il n'y effectuera pas d'aveux. Il va plutôt tout minimiser et rejeter la faute sur d'autres, pour mieux se blanchir. Le sport ne connaît plus de normes ni de valeurs, comme on a encore pu le constater avec tristesse ces derniers jours. Après avoir atteint la finale de la Coupe d'Afrique des Nations avec le Burkina Faso et être devenu un héros dans ce pays, Paul Put a demandé sa réhabilitation lors d'une conférence de presse internationale. Il estime avoir été puni trop lourdement et veut recevoir une nouvelle chance en Belgique. C'est à en être malade. Paul Put a été un entraîneur très prometteur, un homme très courtois, qui croquait la vie à pleines dents, raffolait des bolides et des belles femmes, avait l'art d'emballer son monde. Il conférait surtout un bon sentiment aux joueurs et leur permettait ainsi de se surpasser, par son approche positive et un mélange savamment dosé de camaraderie et de distance. Néanmoins, Put s'est exposé au chantage. Il a été pris dans les rets de la mafia chinoise du pari et est devenu une des figures majeures du scandale de corruption orchestré par le Chinois Zheyun Ye. Reconnaître avoir commis une erreur aurait été à son honneur. Mais non, il ne cesse de se plaindre et de conter ses malheurs, expliquant notamment que sa fille a été menacée. C'est sans doute exact. Mais Put, que son avocat dépeint comme un homme convenable, n'aurait-il pas dû en tenir compte auparavant ? Quel est le niveau moral d'un homme qui a trompé son employeur et les supporters ? Comment un tel personnage peut-il demander à être respecté ? Paul Put n'a pas à se plaindre. Pour le moment, on pourrait presque croire que le tricheur est la dupe. Les joueurs impliqués dans l'affaire Ye n'ont jamais plaidé coupables non plus. Ce n'est pas neuf. En 1982, les dénégations ont plu après le fameux match entre le Standard et Waterschei. Les Diables Rouges impliqués dans cette affaire de corruption n'ont jamais rien avoué. Quant à Raymond Goethals, qui était à l'origine de toute l'affaire, il appelait ça " beaucoup de bazar pour rien ". Par la suite, il a entraîné Anderlecht à deux reprises et il a été élu Entraîneur de l'Année. Paul Put veut retravailler en Belgique. Il espère profiter de son succès avec le Burkina Faso. Qu'il y parvienne dans ces circonstances, sans avoir même témoigné une once de regret, serait extrêmement pénible. Mais dans un pays dont un club, l'Antwerp, veut s'associer à un ancien maquereau, responsable de traite d'êtres humains, tout est possible. La semaine dernière, le milieu a été secoué par l'annonce selon laquelle un syndicat criminel du pari aurait manipulé plus de 680 matches. Actuellement, le rapport d'Europol n'apporte pas de preuves concrètes mais il révèle que le problème prend de plus en plus d'ampleur et que ce milieu, d'abord actif en Europe de l'Est, a infiltré l'ensemble du football. Le sport éclate sous toutes ses coutures. Il constitue un terrain de plus en plus intéressant pour l'industrie du pari. Le match-fixing ne se limite pas au seul football, pas plus que le dopage n'est le seul problème du cyclisme. Les excès sont trop complexes, trop vastes pour être maîtrisés par les fédérations sportives. Il faut réfléchir de toute urgence à une loi qui protège le sport et à la manière d'agir plus vite et plus efficacement contre ces excès. La lenteur de la justice dans notre pays est déconcertante. On n'a pas encore la moindre idée d'une date pour le procès contre le plus grand scandale de corruption du football belge. Le dossier se trouve sur une quelconque étagère, recouvert par une bonne couche de poussière. JACQUES SYSOn finirait par croire que le tricheur est la dupe.